mercredi, juin 19, 2024
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Caftan de Fès « volé » par l’Algérie: le Maroc porte l’affaire à l’Unesco

Un caftan de Fès usurpé par l’Algérie: le Maroc porte l’affaire devant l’Unesco

Le ministère de la Culture marocain a formellement exprimé sa désapprobation de l’utilisation par l’Algérie d’une image et de clips vidéo d’un modèle spécifique de caftan marocain, le célèbre Ntaâ de Fès (avec le signe distinctif du paon), dans une proposition algérienne présentée à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Il a exhorté l’Unesco à simplement retirer les dites représentations visuelles, car elles ne correspondent pas du tout à l’élément introduit pour inscription, et à rester vigilants quant aux tentatives d’appropriation culturelle, qui deviennent souvent récurrentes.

Cette fois-ci, la tentative d’appropriation culturelle, qui prétendait faire passer ce produit typique du patrimoine ancestral marocain pour un élément culturel algérien, était particulièrement évidente. Par conséquent, le Maroc a réagi, par l’intermédiaire du ministère de la Culture, pour mettre en lumière cette véritable tentative d’usurpation culturelle, en l’occurrence d’un type de caftan marocain.

L’utilisation par l’Algérie d’une image et de vidéos du caftan Ntaâ de Fès dans le cadre de leur demande d’inscription de certains costumes auprès de l’Unesco a été la source de cette controverse.

La proposition de l’Algérie pour l’inscription du « Costume féminin de cérémonies dans le Grand Est de l’Algérie: savoirs et savoir-faire associés à la confection et à la parure de la gandoura et de la melehfa » semblait concerner les tenues typiques de la région orientale de l’Algérie. Cependant, l’introduction d’un caftan marocain dans cette présentation indique une tentative d’appropriation de ce patrimoine par l’Algérie.

Dans une lettre adressée à Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, le ministre marocain de la Culture Mohammed Mehdi Bensaïd a exprimé son inquiétude quant à la gravité de cette tentative d’appropriation culturelle et a appelé à une réaction de l’Unesco. Il insiste sur la nécessité pour l’Unesco et ses membres d’être vigilants en ce qui concerne les tentatives d’appropriation du patrimoine culturel immatériel marocain.

Le ministre Marocain cite explicitement l’introduction de l’image et des séquences vidéo du caftan Ntaâ marocain dans la proposition algérienne. Il souligne que cette appropriation culturelle est particulièrement répréhensible dans la mesure où elle cherche à utiliser la convention de l’Unesco à ses propres fins et à discréditer une organisation aussi pertinente et prestigieuse que l’Unesco.

Enfin, le Maroc demande le retrait complet de ces illustrations qui portent à confusion et insiste sur le malaise créé par ce genre de représentation par rapport à l’héritage marocain. Le discours du ministère met en évidence l’incohérence flagrante dans la proposition algérienne, qui utilise à tort un style de caftan ancré dans l’identité marocaine.

Le ministère conclut en soulignant que le Royaume du Maroc appelle à la préservation de la neutralité de la convention qui ne devrait pas être exploitée à des fins politiques et en alertant sur les dangers des tentatives d’appropriation récurrentes du patrimoine culturel immatériel marocain. La vigilance nécessaire pour s’assurer que les candidatures reflètent correctement, de manière respectueuse, l’histoire, les particularités et la richesse du patrimoine culturel de chaque pays, est soulignée.




L’appropriation culturelle est considérée comme très grave par le Maroc pour plusieurs raisons importantes, notamment les suivantes :

Protection du patrimoine culturel unique : Le caftan Ntaâ de Fès est un produit distinct du patrimoine marocain. La tentative d’autres pays de le revendiquer comme leur propre culture est vue comme une usurpation injuste de leur héritage unique.

Préservation de l’identité culturelle : Le Maroc considère son patrimoine comme une partie précieuse et déterminante de son identité culturelle et de sa richesse historique. Toute tentative d’appropriation culturelle est donc perçue comme une menace à l’identité et à l’unicité du pays.

Manœuvres trompeuses : C’est le fait que l’Algérie ait inclus une image et des séquences vidéo du caftan marocain en le faisant passer pour algérien dans un classement de costumes traditionnels auprès de l’UNESCO. Ce geste est vu par le Maroc comme trompeur et comme une utilisation abusive de la plate-forme internationale pour saisir le patrimoine culturel immatériel d’une autre nation.

Question de respect : Le Maroc estime que cette action ne respecte pas les principes de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qui vise à protéger et à préserver le patrimoine culturel de chaque pays.

C’est pourquoi la tentative d’appropriation culturelle est prise très au sérieux par le Maroc et est considérée comme une affaire grave qui nécessite une intervention et un éclaircissement appropriés pour maintenir l’intégrité du patrimoine culturel immatériel de chaque pays.




Comment l’UNESCO protège-t-elle le patrimoine culturel immatériel ?

La protection du patrimoine culturel immatériel par l’UNESCO peut se faire de plusieurs façons.

Identification et enregistrement: L’UNESCO encourage les États membres à identifier, documenter et enregistrer le patrimoine culturel immatériel existant dans leurs régions. Ceci est généralement accompli en créant des inventaires nationaux, qui sont constamment mis à jour et revus pour assurer l’inclusivité et l’exactitude.

La Convention de 2003
L’UNESCO a adopté la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en 2003. Cette convention sert de cadre juridique international pour la protection du patrimoine culturel immatériel. Elle encourage les pays à prendre les mesures nécessaires pour protéger et promouvoir leur patrimoine culturel immatériel au niveau national.

Listes de l’UNESCO
L’UNESCO maintient deux listes, la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente et la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Ces listes servent à reconnaître et à mettre en évidence le patrimoine culturel immatériel de chaque pays.

Coopération internationale
La Convention encourage la coopération internationale en matière de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Cela peut inclure le partage d’informations et d’expériences, l’assistance technique, l’éducation, la formation et d’autres activités.

Promouvoir la sensibilisation
L’UNESCO s’efforce également de sensibiliser à l’importance du patrimoine culturel immatériel et de son besoin de protection. Cela implique de travailler à différents niveaux, de la communauté locale à la scène mondiale, pour renforcer la reconnaissance du patrimoine culturel immatériel.

Il est important de noter que l’UNESCO considère les communautés et les groupes comme les détenteurs principaux de la custodieté du patrimoine culturel immatériel. Par conséquent, toute mesure de sauvegarde doit être basée sur le respect des praticiens et des détenteurs de ce patrimoine, ainsi que de leurs coutumes et traditions.