vendredi, avril 12, 2024
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Hymne national: l’Algérie remet un couplet anti-français

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE ABDELMADJID TEBBOUNE RÉTABLIT UN COUPLET HOSTILE À LA FRANCE DANS L’HYMNE NATIONAL DE L’ALGÉRIE

Le président Abdelmadjid Tebboune a récemment signé le décret n°23-195 du 21 mai 2023, rétablissant un couplet anti-français dans l’hymne national de l’Algérie, connu sous le nom de « Qassaman ». Cela fait de cet hymne le seul au monde à inclure, de manière provocatrice et empreinte de ressentiment, le nom d’un autre pays dans ses paroles.

«Ô France! Le temps des palabres est révolu.

Nous l’avons clos comme on ferme un livre.

Ô France! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi!

Voici notre réponse. Le verdict, notre révolution le rendra.

Car nous avons décidé que l’Algérie vivra.

Soyez-en témoin! Soyez-en témoin! Soyez-en témoin!»




En dépit des efforts d’Emmanuel Macron pour favoriser l’apaisement dans les relations franco-algériennes et de la mise en place d’une commission mixte d’historiens en janvier 2023, chargée de mener un dialogue mémoriel sur la base des archives de la colonisation et de la guerre d’indépendance, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a récemment pris un pas en arrière significatif.

En effet, il a signé un décret rétablissant un couplet qui avait été retiré de l’hymne national algérien depuis 1986.

Ce geste d’Abdelmadjid Tebboune est perçu comme une réaffirmation de la position de défiance envers la France, exprimée à travers les paroles du couplet réintégré dans l’hymne national algérien.

Alors que le discours d’Emmanuel Macron met l’accent sur le besoin de réconciliation et de compréhension mutuelle entre les deux pays, cette décision d’inclure un couplet anti-français dans l’hymne national algérien va à l’encontre de cet esprit de dialogue.

Cette initiative soulève des questions quant à la direction que prendront les relations bilatérales entre la France et l’Algérie.

À noter que la politique étrangère française envers le Maroc est très critiquée, considérée comme étant en dérive et au profit de l’Algérie.




Alors que certains estiment que cette action risque de compromettre les efforts de réconciliation entre la France et l’Algérie, d’autres y voient une expression de l’identité et de la fierté nationale algériennes.

Dans tous les cas, cela représente un défi supplémentaire dans la recherche d’une compréhension mutuelle et d’une résolution des différends historiques entre les deux pays.

Le couplet controversé avait été provisoirement suspendu par un décret présidentiel signé par Chadli Bendjedid le 11 mars 1986.

Cette mesure avait été prise dans le but d’apaiser les tensions et de favoriser un climat de réconciliation entre l’Algérie et la France, après des décennies marquées par la guerre d’indépendance.

Par la suite, en 2007, ce même couplet a été définitivement retiré des manuels scolaires algériens.

Cette décision a été prise sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika, après des consultations avec des politiciens et des intellectuels aussi bien algériens que français.

Ces acteurs clés ont jugé que maintenir ce couplet dans l’hymne national alimentait une hostilité persistante envers la France, et qu’il était préférable de promouvoir un dialogue constructif basé sur la compréhension mutuelle et le respect.

Ainsi, l’hymne national algérien est passé de cinq à quatre couplets, dans le but de promouvoir l’idée d’une nation unie et de favoriser des relations apaisées avec la France.




Mais voilà qu’un nouveau décret du président algérien réintègre le couplet anti-français, et l’hymne algérien sera à nouveau entonné dans sa version originale dans certaines situations car ce couplet sera chanté à la carte.

Selon le nouveau décret de Tebboune, lors des commémorations officielles en présence du président de la République, l’hymne national de l’Algérie sera interprété dans son intégralité, comprenant les paroles, la musique et les cinq couplets.

Cette directive s’appliquera également aux cérémonies militaires organisées par le ministère algérien de la Défense.

Cependant, lors de la visite de chefs d’État étrangers en Algérie ou de personnalités militaires au ministère de la Défense, l’hymne algérien sera chanté dans une version dite « abrégée », c’est-à-dire sans le couplet qui défie la France et exacerbe un sentiment anti-français.

Cette décision vise à maintenir un protocole diplomatique et à éviter toute controverse potentielle lors des visites officielles.

Ainsi, le décret à la carte, enfoncions du temps et de la situation, établit une distinction entre les occasions où l’hymne national sera chanté dans sa forme complète, mettant en avant les cinq couplets, et les situations spécifiques où une version abrégée sera utilisée pour des raisons protocolaires et diplomatiques.

De l’hypocrisie ?




France Algérie : une relation basée sur la rente mémorielle

Le terme « rente mémorielle » fait référence à la dimension économique et politique liée à la mémoire collective et aux événements historiques entre la France et l’Algérie.

Il évoque la manière dont la mémoire de la période coloniale et de la guerre d’indépendance est utilisée comme un enjeu politique, social et économique.

La notion de « rente » renvoie à un bénéfice ou un avantage perçu de manière régulière.

Dans ce contexte, la « rente mémorielle » souligne l’exploitation, consciente ou inconsciente, des événements historiques par les différents acteurs politiques, économiques et médiatiques, dans le but de consolider leur position ou de tirer des avantages économiques ou politiques.

En ce qui concerne la relation entre la France et l’Algérie, la « rente mémorielle » peut se référer à l’utilisation de la mémoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance par certains acteurs pour obtenir des compensations financières, des réparations, des avantages économiques ou des concessions politiques.

Cela peut également inclure l’exploitation de la mémoire collective dans le domaine du tourisme, de la culture ou de la production de films et de livres.

Cependant, il convient de noter que la notion de « rente mémorielle » peut susciter des débats et des controverses, car elle peut être perçue comme une instrumentalisation des événements historiques à des fins politiques ou économiques, ou comme une volonté de tirer profit des souffrances passées.

C’est exactement ce que fait l’Algérie avec la France.