mercredi, mai 29, 2024
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Dessalement d’eau de mer : le Maroc a de grandes ambitions

DESSALEMENT D’EAU DE MER : LE MAROC A DE GRANDES AMBITIONS

D’ici à 2030, le Maroc envisage d’atteindre un niveau significatif, soit 50%, de son approvisionnement en eau potable par le biais du dessalement de l’eau de mer. Cette stratégie ambitieuse s’inscrit dans un plan gouvernemental élaboré pour la mise en place de plusieurs stations de dessalement, avec un objectif de production global de 1,4 milliard de m³ à l’horizon fixé.

Le problème du stress hydrique au Maroc

Le « stress hydrique » désigne une situation dans laquelle la demande en eau dépasse la disponibilité de la ressource en eau dans une région donnée, entraînant des difficultés d’approvisionnement et de gestion de l’eau. Ce problème peut être exacerbé par des facteurs tels que la croissance démographique, l’urbanisation rapide, les changements climatiques, la surexploitation des ressources en eau, et des pratiques agricoles non durables.

Au Maroc, le stress hydrique constitue un défi majeur en raison de la rareté des ressources en eau, de la variabilité climatique et de la demande croissante due à la croissance démographique et au développement économique. Les régions côtières du pays, essentiellement concentrées autour des villes, sont souvent confrontées à une pression accrue sur leurs ressources en eau.

Pour remédier à cette situation, le gouvernement marocain a adopté une approche intégrée qui combine le dessalement de l’eau de mer, la gestion efficace des ressources en eau, et la promotion de pratiques agricoles durables. Le dessalement de l’eau de mer, tel que prévu dans le plan gouvernemental, vise à diversifier les sources d’approvisionnement en eau, réduisant ainsi la dépendance aux ressources traditionnelles, comme les barrages, et contribuant à atténuer le stress hydrique.

En parallèle, des mesures telles que l’extension des canaux d’approvisionnement en eau potable et la répartition équilibrée entre les zones côtières et intérieures visent à promouvoir la solidarité et à atténuer la pression exercée sur les ressources en eau existantes. L’utilisation d’énergies renouvelables dans les stations de dessalement contribue également à rendre le processus plus durable sur le plan environnemental.

Ainsi, le problème du stress hydrique au Maroc est abordé de manière holistique, impliquant des solutions variées et complémentaires pour assurer un approvisionnement en eau adéquat dans un contexte de demande croissante et de contraintes sur les ressources disponibles.




Le contexte de cette initiative trouve ses racines dans le stress hydrique auquel le Maroc est confronté. Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a souligné l’importance du dessalement de l’eau de mer en tant que « priorité » dans ce contexte. Lors d’une intervention à la Chambre des Conseillers, il a affirmé que, d’ici à 2030, la moitié de l’approvisionnement en eau potable du pays serait assurée par cette méthode. Baraka a rappelé les contours du plan gouvernemental visant à établir plusieurs stations de dessalement afin de garantir la production prévue de 1,4 milliard de m³ d’eau à cette échéance.

Dans le détail, le ministre a indiqué que l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) serait chargé du dessalement de 560 millions de m³ d’eau. Sur cette quantité, 500 millions de m³ seront alloués au secteur agricole, tandis que le reste sera dédié à l’approvisionnement direct des citoyens en eau potable.

Ce programme ambitieux, selon les affirmations de Nizar Baraka, vise non seulement à garantir l’approvisionnement en eau potable des zones côtières d’ici à 2027, mais également à libérer une superficie de 100 000 hectares pour la production d’aliments de base. Cette mesure contribuera significativement à la diversification des sources de devises du pays. Par ailleurs, pour optimiser les coûts de production, les stations de dessalement d’eau de mer prévoient l’utilisation d’énergies renouvelables. Cette approche a valu au Maroc d’être classé parmi les pays les moins coûteux au monde en matière de dessalement d’eau.

Dans le cadre de partenariats entre les secteurs public et privé, les villes côtières seront équipées de stations de dessalement, laissant ainsi les eaux des barrages disponibles pour répondre aux besoins des villes intérieures, des zones rurales et de l’irrigation. Le gouvernement a adopté une approche axée sur la solidarité entre les différentes régions, facilitée par l’extension des canaux d’approvisionnement en eau potable et la réduction de la pression sur les barrages pour faire face au problème du stress hydrique.




Les avantages des stations de dessalement d’eau de mer pour lutter contre le stress hydrique

Les stations de dessalement d’eau de mer offrent plusieurs avantages significatifs dans la lutte contre le stress hydrique, en particulier dans les régions confrontées à des défis d’approvisionnement en eau. Voici quelques-uns de ces avantages :

Diversification des sources d’approvisionnement
Les stations de dessalement permettent de diversifier les sources d’approvisionnement en eau. En exploitant l’eau de mer, elles réduisent la dépendance aux ressources traditionnelles, comme les rivières, les lacs et les barrages, ce qui est crucial dans les zones où ces ressources sont limitées ou soumises à des pressions croissantes.

Réduction de la pression sur les ressources d’eau douce
En dessalant l’eau de mer, ces stations contribuent à soulager la pression sur les ressources en eau douce existantes, préservant ainsi les sources d’eau intérieures pour d’autres usages tels que l’agriculture, l’approvisionnement en eau potable des zones intérieures, et l’irrigation.

Réponse aux besoins urgents
Les stations de dessalement sont capables de produire de l’eau potable rapidement et de manière continue, ce qui en fait une solution adaptable aux besoins urgents, notamment en cas de sécheresse prolongée ou de situations d’urgence.

Atteinte des zones côtières
Ces stations sont particulièrement adaptées pour fournir de l’eau potable aux zones côtières où l’accès à l’eau douce peut être limité. Cela permet de répondre à la demande croissante d’eau dans les régions densément peuplées et urbanisées près des côtes.

Utilisation d’énergies renouvelables
L’intégration d’énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien, dans le processus de dessalement contribue à rendre l’opération plus durable et réduit l’empreinte environnementale associée à la production d’eau douce par dessalement.

Sécurité d’approvisionnement en période de sécheresse
Les stations de dessalement peuvent garantir un approvisionnement en eau stable même pendant les périodes de sécheresse, assurant ainsi la sécurité hydrique dans les régions vulnérables aux variations climatiques.

Potentiel de développement agricole
En fournissant une source d’eau fiable, les stations de dessalement peuvent soutenir le développement agricole, permettant l’irrigation de terres arides et contribuant ainsi à la sécurité alimentaire.

En somme, les stations de dessalement d’eau de mer jouent un rôle essentiel dans la gestion de l’eau, offrant des solutions pratiques pour répondre aux besoins croissants en eau dans les zones touchées par le stress hydrique, tout en introduisant des pratiques durables pour atténuer les pressions sur les ressources en eau existantes.