mercredi, janvier 7, 2026
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Ramadan : des propriétaires de cafés et restos se plaignent

Traditionnellement synonyme d’animation nocturne et de forte affluence, le mois de Ramadan prend cette année des allures bien plus moroses pour les cafés et restaurants marocains. Dans plusieurs villes du Royaume, les terrasses restent désespérément vides, révélant une crise silencieuse qui fragilise tout un pan de l’économie de proximité.

☕🍽️ Ramadan sous tension : cafés et restaurants face à une chute historique de fréquentation

🌙 Un mois sacré devenu synonyme d’inquiétude économique

Au Maroc, le mois de Ramadan a longtemps représenté une période charnière pour les cafés et restaurants, marquée par une effervescence particulière après la rupture du jeûne. Cette année pourtant, le constat est sans appel : la clientèle se fait rare, parfois totalement absente. De Casablanca à Fès, de Rabat à Marrakech, les professionnels du secteur décrivent une situation inédite, marquée par une baisse significative de la fréquentation par rapport aux années précédentes.

Alors que Ramadan était historiquement considéré comme le mois le plus rentable de l’année, permettant à de nombreux établissements de compenser les périodes creuses, l’édition actuelle s’apparente à un véritable choc économique pour les exploitants.

📉 Une affluence en chute libre dès les premiers jours

Selon Noureddine Harrak, président de l’Association nationale des propriétaires de cafés et restaurants du Maroc (ANPCRM), le recul de l’activité est particulièrement frappant dès les premiers jours du mois sacré. Les soirées, autrefois rythmées par les discussions animées autour d’un thé ou d’un repas tardif, laissent place à un silence pesant.

Dans de nombreuses villes, les gérants évoquent une affluence quasi nulle, même durant les heures traditionnellement les plus fréquentées. Une situation d’autant plus préoccupante que ces premiers jours donnent souvent le ton pour le reste du mois.

💸 Inflation et pouvoir d’achat en berne

Au cœur de cette crise, un facteur revient avec insistance : la hausse continue des prix. L’augmentation du coût des produits de base, de l’énergie et des matières premières a fortement entamé le pouvoir d’achat des ménages marocains. Face à cette pression financière, de nombreux citoyens revoient leurs priorités et réduisent leurs dépenses dites « non essentielles », parmi lesquelles figurent les sorties dans les cafés et restaurants.

Résultat : une préférence marquée pour les soirées à domicile, perçues comme plus économiques, mais aussi plus en phase avec un Ramadan placé sous le signe de la sobriété.

🏙️ Une crise qui touche tout le Royaume

Contrairement à certaines années où seules les petites villes étaient affectées, la baisse de fréquentation touche aujourd’hui l’ensemble du territoire national, y compris les grandes métropoles habituellement plus résilientes. Les professionnels parlent d’un phénomène généralisé, qui ne se limite ni à un type d’établissement ni à une zone géographique précise.

Pour beaucoup de restaurateurs et cafetiers, cette situation représente une véritable catastrophe économique. Le Ramadan constitue souvent une période cruciale pour équilibrer les comptes annuels, payer les charges, honorer les loyers et maintenir les emplois.

🚨 Des établissements menacés de fermeture

L’inquiétude est d’autant plus grande que nombre d’établissements sortent à peine de plusieurs années difficiles, marquées par la pandémie de COVID-19. Si la crise sanitaire n’est plus le facteur central aujourd’hui, ses séquelles restent bien présentes, aggravées par un contexte inflationniste persistant.

Privés de leur pic d’activité habituel, certains cafés et restaurants se retrouvent au bord de la cessation d’activité. Sans amélioration rapide de la fréquentation, plusieurs professionnels redoutent de devoir mettre la clé sous la porte, avec des conséquences sociales non négligeables, notamment en termes d’emplois.

🔍 Une crise structurelle au-delà du conjoncturel

Les acteurs du secteur insistent sur un point : la situation actuelle ne peut être réduite à un simple effet post-pandémie. Elle révèle des déséquilibres structurels, liés à la flambée des prix, à l’évolution des habitudes de consommation et à la fragilisation durable du pouvoir d’achat.

Pour beaucoup, le Ramadan 2025 agit comme un révélateur des difficultés profondes auxquelles fait face l’économie de proximité, en particulier dans les métiers de la restauration et des cafés.

🌱 Entre espoir et incertitude pour la suite du mois

Malgré ce tableau sombre, certains professionnels gardent l’espoir d’un léger sursaut dans les jours à venir, misant sur la deuxième moitié du mois et sur les soirées précédant l’Aïd. Mais l’incertitude demeure forte.

Une chose est sûre : sans mesures d’accompagnement et sans amélioration du climat économique, le Ramadan, autrefois moteur de croissance pour les cafés et restaurants, risque de devenir un moment critique pour la survie de nombreuses entreprises locales.