samedi, janvier 24, 2026
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L’année 2025 parmi les 3 années les plus chaudes pour l’océan

Alors même que la planète est entrée dans une phase La Niña, habituellement synonyme d’un léger refroidissement global, l’année 2025 se classe parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées pour l’océan mondial, selon une estimation rendue publique jeudi par Mercator Ocean International.

Dans la continuité des rapports climatiques récents confirmant que 2025 figure parmi les années les plus chaudes à l’échelle planétaire, l’organisme chargé de l’exploitation du service européen Copernicus Marine, installé à Toulouse, souligne la persistance de températures océaniques exceptionnellement élevées tout au long de l’année. Une situation d’autant plus remarquable qu’elle s’inscrit dans un contexte climatique censé, en théorie, modérer la hausse des températures.

D’après les données analysées, 2025 devient ainsi « l’année la plus chaude jamais observée pour l’océan dans un contexte La Niña depuis le début des mesures en 1993 ». Cette conclusion repose sur les systèmes opérationnels de prévision océanique de Mercator Ocean, qui permettent un suivi précis et continu de l’état thermique des océans à l’échelle mondiale.

Dans le détail, la température moyenne de surface de l’océan global a atteint 20,80 °C, avec une marge d’incertitude de plus ou moins 0,12 °C, faisant de 2025 la troisième année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des observations instrumentales. L’étude indique par ailleurs que 81 % de la surface océanique mondiale a présenté des températures supérieures aux normales de référence, confirmant l’ampleur et la généralisation du réchauffement marin.

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Mercator Ocean souligne également qu’il s’agit de l’année La Niña la plus chaude jamais mesurée, un constat qui remet en question l’idée selon laquelle ce phénomène climatique pourrait, à lui seul, freiner durablement la dynamique du réchauffement des océans.

Pour l’Atlantique Nord, la température moyenne de surface a été évaluée à 22,42 °C, avec une incertitude de plus ou moins 0,18 °C. Cela place 2025 au sixième rang des années les plus chaudes sur une série de 33 ans d’observations, avec 69 % de ce bassin océanique figurant parmi les dix années les plus chaudes jamais enregistrées.

La situation est encore plus marquée en Méditerranée. Avec une température moyenne de surface de 21,21 °C, assortie d’une marge de plus ou moins 0,07 °C, l’année 2025 y devient la deuxième plus chaude jamais observée. L’étude précise que 98 % du bassin méditerranéen a affiché des températures supérieures à la moyenne, dont un quart présentant des anomalies d’au moins +1 °C, illustrant l’intensité du réchauffement dans cette région particulièrement sensible.

Concernant les canicules marines, Mercator Ocean rapporte une extension quasi généralisée du phénomène. En 2025, 89 % de l’océan mondial a été touché par ces épisodes de chaleur extrême. Cette proportion atteint 97 % pour l’Atlantique Nord et un niveau exceptionnel de 99,6 % pour la Méditerranée. L’étude souligne qu’en juin 2025, 64 % du bassin méditerranéen était simultanément affecté par une canicule marine, un record absolu pour ce mois depuis le début des observations.

Enfin, l’analyse met en évidence une situation préoccupante concernant la banquise. L’étendue de la glace de mer est restée en dessous de la moyenne de long terme aussi bien en Arctique qu’en Antarctique. Un minimum historique a même été atteint en Arctique au mois de décembre, tandis que la banquise hivernale en Antarctique figure parmi les plus faibles jamais observées, confirmant la fragilisation accélérée des systèmes polaires dans un contexte de réchauffement global persistant.