samedi, janvier 17, 2026
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(Vidéo) Les supporters interdits aux Champs-Élysées ce dimanche

La préfecture de police de Paris a pris une décision qui risque de faire grand bruit parmi les amateurs de football et les habitants de la capitale. Dans un contexte où la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2026 mobilise l’attention de millions de supporters, tout rassemblement sur l’avenue des Champs-Élysées a été interdit ce dimanche 18 janvier. Cette mesure préventive intervient à la veille de la finale opposant le Maroc au Sénégal, deux équipes phares de ce tournoi qui suscite une passion sans précédent en Île-de-France. Si les autorités invoquent la sécurité publique et la prévention des débordements, cette décision soulève une vive contestation parmi les élus locaux, qui dénoncent une inégalité de traitement par rapport aux autres événements sportifs internationaux.

⚖️ Une interdiction qui divise les élus parisiens

Pour Frédéric Hocquard, adjoint au tourisme et à la vie nocturne de la Ville de Paris, cette interdiction apparaît comme une mesure excessive. Dans une interview accordée au Parisien, il rappelle que les célébrations sur les Champs-Élysées représentent une véritable tradition pour les supporters, un moment de communion populaire et festive. L’élu insiste sur le fait que 45 joueurs de cette édition de la CAN sont originaires d’Île-de-France, constituant le contingent le plus important au monde pour un tournoi de cette ampleur. Selon lui, les supporters marocains et sénégalais ne devraient pas être considérés différemment des habitants de la région et devraient pouvoir célébrer leur équipe sans restrictions disproportionnées.

Hocquard nuance cependant son propos en reconnaissant les enjeux de sécurité, mais il défend l’idée que la prévention ne doit pas se traduire par une interdiction totale, surtout lorsque les rassemblements précédents ont été gérés de manière efficace.

📣 Les voix de Seine-Saint-Denis montent au créneau

L’opposition à l’arrêté ne se limite pas à la capitale. Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a pris la parole publiquement pour dénoncer ce qu’il considère comme un traitement discriminatoire. Via son compte sur le réseau social X, l’élu socialiste a interpellé le préfet de police, demandant la levée de l’arrêté. Pour Troussel, la CAN est une compétition populaire qui mérite d’être célébrée par tous, et les règles de sécurité ne devraient pas différer de celles appliquées pour d’autres événements sportifs. Selon lui, l’avenue des Champs-Élysées doit rester ouverte à tous les habitants, sans distinction de nationalité ou d’origine des supporters.

Cette position met en lumière une problématique plus large, celle de la gestion des événements sportifs dans les grandes métropoles, où l’équilibre entre sécurité publique et droit à la célébration collective devient un véritable défi pour les autorités.

⚽ Retour sur les précédents rassemblements

L’histoire récente démontre l’intensité de la ferveur autour des Lions de l’Atlas. Malgré les restrictions mises en place lors des tours précédents, des milliers de supporters marocains avaient bravé l’interdiction pour célébrer la qualification du Maroc. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’avenue des Champs-Élysées s’était transformée en un véritable lieu de fête improvisé, montrant la détermination des fans à exprimer leur passion pour le football.

Pour les élus franciliens qui contestent la mesure, la maintien de cet arrêté provoque une incompréhension croissante au sein de la communauté, déjà très mobilisée autour de cette finale historique. La tension entre sécurité et liberté de célébration illustre parfaitement la complexité de la gestion de ces événements dans une capitale mondiale, où chaque décision administrative est scrutée et commentée.

🌍 Un enjeu culturel et social au cœur de la capitale

Au-delà de l’aspect sportif, cette controverse met en évidence l’importance culturelle et sociale de la CAN pour la diaspora nord-africaine et africaine en Île-de-France. Les rassemblements ne sont pas seulement des moments de soutien à une équipe de football, mais également des occasions de renforcer les liens communautaires, de partager une fierté collective et de vivre un événement populaire d’envergure internationale.

Alors que le match entre le Maroc et le Sénégal s’annonce comme un moment historique, la décision de la préfecture de police soulève une question centrale : comment concilier sécurité publique et expression festive dans un contexte urbain dense et symbolique comme celui des Champs-Élysées ? Les prochains jours seront sans doute déterminants pour mesurer l’impact de cette décision sur les relations entre pouvoirs publics et habitants de la capitale.