jeudi, février 29, 2024
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Le boycott des ports marocains se retourne contre l’Algérie

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LE BOYCOTT DES PORTS MAROCAINS SE RETOURNE CONTRE L’ALGÉRIE

Le site américain spécialisé dans les questions maritimes, The Maritime Executive, a récemment consacré une analyse approfondie aux conséquences désastreuses du boycott par l’Algérie des ports marocains pour le transbordement de ses marchandises. Cette décision a entraîné une série de répercussions négatives, notamment des coûts de transport prohibitifs et des délais de livraison considérablement rallongés.

Le boycott des ports marocains, en particulier Tanger Med, s’est avéré être une démarche contre-productive pour l’Algérie. À savoir que Tanger Med est désormais dans le Top 5 des ports les plus performants au monde. Situé dans le nord du Maroc, Tanger Med a connu une trajectoire très impressionnante ces dernières années, consolidant son statut de leader dans le paysage portuaire africain et mondial et a réussi à se hisser à la 4ème place sur les 348 ports à containers du monde.

Malgré les avertissements préalables de nombreux experts du commerce international maritime, les autorités algériennes ont maintenu cette position.

The Maritime Executive a procédé à une évaluation détaillée des dommages causés par cette mesure. Dans un article publié le 4 février, le site rappelle que plusieurs analystes avaient mis en garde contre les répercussions négatives sur l’économie algérienne, anticipant une augmentation des coûts de transport et des retards de livraison qui auraient un impact direct sur les prix des matières premières sur les marchés algériens.

Malheureusement, ces prédictions se sont concrétisées. Le boycott a plongé l’économie algérienne dans une crise sévère, marquée par des pénuries de denrées alimentaires essentielles. La viande et les céréales, entre autres produits de base, commencent déjà à manquer sur les étals algériens. Cette situation préoccupante est aggravée par une insuffisance criante de produits tels que le lait, l’huile végétale, le sucre, etc. La crise alimentaire semble s’installer durablement, menaçant la sécurité alimentaire et le bien-être des citoyens algériens.

L’interdiction en Algérie à ses opérateurs économiques de toute opération de transbordement ou de transit via les ports marocains est une démarche absurde, car elle pénalise les ports algériens, à cause de l’allongement des temps logistiques à l’import et à cause des surcoûts généralisés de positionnement: les armateurs facturant le moindre déroutement.

Le seul impact significatif de cette mesure est le surcoût pour les importateurs algériens. Cette nouvelle décision algérienne ne fait qu’augmenter significativement le coût du fret maritime à destination de l’Algérie, qui est déjà parmi les plus élevés dans la Méditerranée.

Fidèle à ses prises de décisions épidermiques qui se retournent systématiquement contre elle (comme l’arrêt du gazoduc Magreb Europe qui est devenu la propriété du Maroc), l’Algérie n’hésite jamais à se tirer une balle dans le pied, si un peu de sang peut tacher un peu le Maroc…