mardi, mai 21, 2024
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Bande de Gaza : le Maroc étudie une demande des États-Unis

BANDE DE GAZA : LE MAROC ÉTUDIE UNE DEMANDE DES ÉTATS-UNIS

Financial Times : Le Maroc étudie une demande des États-Unis de participer au maintien de la paix dans la bande de Gaza

L’administration de Joe Biden a engagé des pourparlers avec le Maroc, l’Égypte et les Émirats arabes unis en vue de leur participation à une force arabe chargée de maintenir la paix dans la bande de Gaza. Cette initiative devrait être mise en œuvre à la fin du conflit initié par Israël le 7 octobre 2023.

Selon le Financial Times, l’administration Biden encourage ces pays arabes à s’engager dans les opérations de maintien de la paix, programmées pour être déployées une fois le conflit terminé. L’objectif est d’assurer une présence dans la région jusqu’à ce qu’un appareil de sécurité palestinien soit établi.

Les discussions sur ce projet impliquent l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Maroc, en collaboration avec les États-Unis, qui envisage de ne pas déployer de forces américaines à Gaza. Bien que des négociations préliminaires aient eu lieu entre ces trois pays, ils souhaitent que la reconnaissance de l’État palestinien par les États-Unis soit une priorité.

D’autres pays de la région, dont l’Arabie saoudite, craignent d’être perçus comme complices d’Israël et ont donc rejeté l’idée de déployer leurs forces, de peur que la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement nationaliste palestinien Hamas depuis 2007, ne plonge dans le chaos. Les États-Unis tentent de promouvoir une force stabilisatrice, mais ne souhaitent en aucun cas déployer leurs propres forces sur le terrain.

Le positionnement d’Israël sur cette proposition demeure incertain, tout comme les intentions du Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant la durée du maintien des forces occupantes israéliennes dans la bande de Gaza. Des questions subsistent également quant à la personne acceptée comme interlocuteur par l’exécutif israélien d’extrême droite, ainsi que sur la prolongation des opérations d’occupation dans la région.

Dans l’émission « Face the Nation » sur CBS, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a annoncé que les États-Unis travaillaient depuis plusieurs semaines sur des plans crédibles pour la sécurité, la gouvernance et la reconstruction, en collaboration avec des États arabes et d’autres alliés. Il a souligné l’absence de contribution d’Israël à ces efforts.

Un porte-parole du Département d’État a indiqué que des discussions avaient eu lieu avec les partenaires régionaux concernant la bande de Gaza après le conflit, et que beaucoup étaient prêts à jouer un rôle constructif lorsque les conditions le permettraient. Il a également souligné la nécessité pour les pays de renforcer leurs efforts pour soutenir la gouvernance, la sécurité et les actions humanitaires à Gaza.

De son côté, Benjamin Netanyahu a insisté sur le maintien par Israël de la sécurité générale dans la bande de Gaza, rejetant toute implication de l’Autorité palestinienne, soutenue par l’Occident et les États arabes. De plus, le Premier ministre israélien s’est fermement opposé à toute initiative visant à établir un État palestinien. Bien que certains responsables israéliens, comme le ministre de la Défense Yoav Galant, aient exprimé leur soutien à une présence internationale dans la bande de Gaza après la guerre, l’opacité de la position israélienne a alimenté l’incertitude quant aux perspectives post-conflit.

Selon un responsable occidental cité par le Financial Times, Israël refuse catégoriquement de discuter de cette question avec quiconque, ce qui complique les efforts de résolution. Les pays arabes insistent sur la reconnaissance de l’État palestinien par l’Occident, bien que peu de grands pays occidentaux soient disposés à le faire. Un responsable arabe a évoqué l’idée discutée entre les États-Unis et leurs partenaires régionaux de créer une force de maintien de la paix, mais il a également souligné les divergences entre les pays arabes sur les plans post-conflit, ajoutant que l’incertitude quant à l’avenir demeure un défi majeur.

Le responsable occidental a souligné que les Nations unies avaient recommandé de maintenir les forces de police actuelles dans la bande de Gaza afin d’assurer une certaine stabilité, avec la possibilité d’intégrer les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Cependant, il a noté que cette proposition était confrontée à des défis considérables en raison des capacités limitées et de la nécessité d’obtenir l’approbation du Hamas.

Benjamin Netanyahu a suscité la désapprobation des capitales arabes en déclarant son refus de soutenir un gouvernement dans la bande de Gaza.

En réponse, le ministre émirati des Affaires étrangères, Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyan, a souligné l’absence de base légale pour cette initiative prise par le Premier ministre israélien. Il a affirmé que Abu Dhabi était disposée à soutenir un gouvernement palestinien qui répondrait aux aspirations du peuple palestinien, notamment en matière d’indépendance. Le chef de la diplomatie émiratie a également insisté sur le refus de son pays de s’impliquer dans tout plan visant à légitimer la présence israélienne dans la bande de Gaza.

Après le début de la guerre, l’ex Premier ministre israélien Ehud Barak a proposé que la bande de Gaza soit confiée à une force arabe de maintien de la paix, impliquant notamment le Maroc et d’autres États arabes qui ont des relations diplomatiques avec Israël.