samedi, avril 13, 2024
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Maroc : un débat sur la pertinence du recours au nucléaire civil

MAROC : UN DÉBAT SUR LA PERTINENCE DU RECOURS AU NUCLÉAIRE CIVIL

Le débat concernant l’utilisation de l’énergie nucléaire civile pour renforcer, au moins en partie, la souveraineté énergétique du Maroc est de nouveau d’actualité. Les experts mettent en avant ses avantages tandis que les préoccupations liées à la sécurité suscitent des interrogations.

La question de savoir s’il faut ou non recourir à l’énergie nucléaire civile est un sujet récurrent au Maroc, mais lors d’un récent séminaire à Rabat, l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Fouad Douiri, a remis cette question sur le devant de la scène.

Pour les autorités, la décision semble déjà prise. Il y a plus d’un an, la ministre de la Transition énergétique et du Développement rural, Leïla Benali, a annoncé que « le Maroc envisage la construction de réacteurs nucléaires pour la production d’énergie dans le cadre d’une stratégie visant à accroître la dépendance aux sources d’énergie renouvelables », comme le rappelle la presse.

En octobre 2022, la Russie a annoncé son accord pour coopérer dans le domaine du nucléaire civil avec le Maroc. Cela impliquerait le développement de gisements d’uranium, la construction de réacteurs, le développement d’installations de dessalement et d’infrastructures, ainsi que la formation du personnel, entre autres.

Lors de la World Nuclear Exhibition à Paris en 2023, Rafael Mariano Grossi, Directeur général de l’Association internationale de l’énergie atomique (AIEA), a déclaré que « le Maroc fait partie des futurs pays qui produiront de l’énergie atomique dans quelques années« .

Selon un rapport du Centre marocain de conjoncture, le développement de l’énergie nucléaire apparaît comme une option prometteuse face à la croissance continue du déficit énergétique. Le Centre marocain de conjoncture préconise l’utilisation de petits réacteurs en raison de leur taille, de leur flexibilité, de la simplicité de leur gestion et de leur compétitivité.

Cependant, l’option nucléaire soulève de nombreuses questions en termes de politique publique, notamment en ce qui concerne la sécurité, l’analyse des risques et le coût des investissements. Anas Abdoun, expert marocain en énergie, estime que « si le Maroc décide de s’engager dans cette voie, il serait d’autant plus intéressant que même la matière première du nucléaire, l’uranium, pourrait être produite au Maroc et au Niger ». Il ajoute que « le nucléaire doit faire l’objet d’un débat public afin de parvenir à un consensus national sur la décision d’opter ou non pour cette transition ».




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