samedi, avril 13, 2024
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Algérie : du chantage pour restituer le corps d’Abdelali Mchiouer

ALGÉRIE : DU CHANTAGE POUR RESTITUER LE CORPS D’ABDELALI MCHIOUER ET POUR LIBÉRER SMAIL NABI, EMPRISONNÉ POUR S’ÊTRE PERDU EN MER

Près de deux mois et demi après le drame de Saïdia, le corps du vacancier marocain Abdelali Mchiouer, commerçant en France et père d’un enfant de 5 ans, retenu en otage à la morgue de Tlemcen, en Algérie, n’a toujours pas été restitué à sa famille. Smail Nabi est toujours en prison, il a écopé d’une peine de 18 mois de prison en Algérie… pour s’être perdu en mer.

Tentative de chantage pour la récupération du corps d’Abdelali Mchiouer : une situation révoltante
La tragédie qui a frappé Bilal Kissi et Abdelali Mchiouer dans les eaux territoriales algériennes a pris une tournure encore plus sombre et révoltante. Outre le meurtre injustifiable de ces deux jeunes hommes, les autorités algériennes semblent désormais impliquées dans une tentative de chantage pour la restitution du corps d’Abdelali Mchiouer, toujours otage de la junte militaire. 

UNE DEMANDE FINANCIÈRE EXORBITANTE ET L’EXIGENCE D’UNE SIGNATURE PUR SE DÉGAGER DE TOUTE RESPONSABILITÉ
La famille Mchiouer, déjà plongée dans la douleur de la perte de leur être cher, est confrontée à une demande financière exorbitante. Les autorités algériennes exigent la somme de 400 000 dirhams en échange de la libération du corps d’Abdelali Mchiouer. De plus, elles imposent la signature d’un document de décharge, stipulant que la mort d’Abdelali Mchiouer est due à une noyade et non aux tirs de la marine algérienne, en dépit de preuves accablantes du contraire. Le document stipule également de ne pas poursuivre des actions judiciaires et de ne pas faire de déclarations médiatiques.

Tentative de chantage pour libérer Smail Nabi : une situation révoltante
Smail Nabi qui a écopé d’une peine de 18 mois de prison en Algérie est aussi une occasion pour l’Algérie de faire du chantage. Si sa famille accepte les conditions de l’armée algérienne, il pourra être rapatrié au Maroc.

LES FAITS TRAGIQUES
Le drame a eu lieu le 29 août dernier lorsque Bilal Kissi et Abdelali Mchiouer, accompagnés de deux autres proches, se sont retrouvés en mer en territoire algérien, près de Saïdia. Les garde-côtes algériens ont ouvert le feu sur les jet-skieurs, entraînant la mort de Bilal Kissi et d’Abdelali Mchiouer. Le corps de Bilal Kissi a été retrouvé par un pêcheur dans les eaux territoriales marocaines et il a été inhumé la semaine dernière à Bni Drar, près d’Oujda. Cependant, la dépouille d’Abdelali Mchiouer reste aux mains de l’Algérie, malgré les appels désespérés de sa famille pour obtenir la restitution du corps de leur fils. Cette situation insupportable a suscité une vive émotion et un élan de solidarité internationale envers les familles endeuillées.

RÉACTION DES AUTORITÉS ALGÉRIENNES
Le 3 septembre, dans une première déclaration officielle reconnaissant le meurtre, le ministère algérien de la Défense a admis qu’un cadavre masculin non identifié portant une blessure par balle avait été repêché lors d’une patrouille des garde-côtes. Ce cadavre, qui est bien celui d’Abdelali Mchiouer, a été transféré à la morgue de la polyclinique de Marsa Ben M’hidi à Tlemcen.

UNE TENTATIVE D’EXTORSION DÉNONCÉE
Face à cette situation inacceptable, les familles Mchiouer et Kissi ont lancé un appel pressant pour la récupération du corps d’Abdelali Mchiouer, considérant cela comme une étape cruciale dans leur processus de deuil. Cependant, les autorités algériennes semblent dépassées par l’ampleur internationale de ce crime. Elles ont choisi de recourir à des tactiques de tergiversation et, de manière choquante, à une tentative de chantage financier sur la famille Mchiouer.

RÉACTION DU CLUB DES AVOCATS AU MAROC
Le Président du Club des avocats au Maroc, Me Mourad Elajouti, a publiquement dénoncé cette situation. Il a affirmé que les autorités algériennes tentent d’extorquer de l’argent à la famille du défunt Abdelali Mchiouer en demandant une somme considérable pour les frais de rapatriement, tout en exigeant la signature d’un document destiné à les empêcher de poursuivre des actions judiciaires ou de faire des déclarations médiatiques. Cette tentative de chantage a provoqué une vague d’indignation et de condamnations internationales, mettant en lumière la nécessité d’une résolution équitable et transparente de cette tragédie.






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