lundi, juillet 15, 2024
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(Vidéo) Le Maroc doit-il rejoindre les BRICS ?

(VIDÉO) LE MAROC DOIT-IL REJOINDRE LES BRICS ?

Le Maroc et les BRICS : analyse d’une possible adhésion économique

L’annonce récente de l’Afrique du Sud concernant les candidats potentiels à l’adhésion aux BRICS a pris tout le monde par surprise. Parmi les 23 pays ayant manifesté leur intérêt pour cette association économique, le Maroc se distingue. Alors que l’Algérie a publiquement dévoilé en grandes pompes son intention d’adhérer aux BRICS à travers tous ses médias nationaux, le Maroc a opté pour une approche plus discrète, mais non moins stratégique, dans le domaine diplomatique. Les actions diplomatiques inexpérimentées (pour ne pas dire amatrices) de l’Algérie, en clamant haut et fort qu’elle allait intégrer les BRICS, ont abouti à son rejet par ces mêmes pays (mis à part l’Afrique du Sud), une humiliation diplomatique. En ce qui concerne le Maroc, il a peut-être exprimé implicitement un intérêt d’intégrer les BRICS, en recourant à des canaux diplomatiques alternatifs?

Le Maroc et les BRICS : un choix prometteur ?
L’annonce de l’intention du Maroc de rejoindre les BRICS émane de l’Afrique du Sud, qui se prépare à accueillir le prochain Sommet du groupe. Cette démarche révèlerait une orientation économique nouvelle pour le Maroc en intégrant ce cercle économique mondial aux côtés du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, membres fondateurs, ainsi que de l’Afrique du Sud, adhérente depuis 2011. Cependant, les autorités marocaines restent étonnamment silencieuses face à cette annonce. Malgré l’ampleur de la nouvelle relayée par les médias internationaux, aucun signe officiel ne confirme ni n’infirme actuellement l’engagement du Maroc dans cette voie. La discrétion de la diplomatie marocaine souligne probablement une approche stratégique prudente et calculée. Soit elle tâte le terrain, soit il s’agit d’une manipulation de l’Algérie et de son allié sud-africain, avec une fausse demande qui induirait un faux rejet des BRICS pour que le Maroc soit « humilié » comme l’a été l’Algérie qui a annoncé en grandes pompes qu’elle allait intégrer les BRICS, ce qui a été très vite démenti par la suite par ce même BRICS.

Une perspective depuis l’Afrique du Sud : les paroles de la chef de la diplomatie sud-africaine
Les détails de cette démarche ont été mis en avant par la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Naledi Pandor, lors d’une conférence de presse à Johannesburg en préparation du quinzième Sommet des BRICS, prévu du 22 au 24 août. Elle a indiqué que le Maroc est parmi les 23 pays ayant exprimé un intérêt officiel pour rejoindre les BRICS. Ces déclarations officielles ont fait ressortir les intentions du Maroc d’intégrer cette organisation économique d’envergure internationale.

Un monde multipolaire en ébullition : le contexte géopolitique
L’évolution géopolitique mondiale a suscité l’intérêt de plusieurs pays, notamment ceux d’Afrique et du Sud, pour les BRICS, au sein desquels ils voient une opportunité de participer à la construction d’un monde multipolaire. Le nombre de pays ayant exprimé leur désir de rejoindre ce bloc dépasse largement les 23 qui ont officiellement fait part de leur demande, comme l’a souligné la ministre sud-africaine.

Démenti catégorique du Maroc
Face à cette affirmation surprise, une source au ministère des affaires étrangères marocain a rapidement réfuté l’existence de toute demande d’adhésion du Maroc aux Brics. Le Maroc n’a à aucun moment formulé une telle demande et n’a pas envisagé de le faire. Cette affirmation a ainsi été clairement démentie.




Les défis de l’adhésion aux BRICS
Il convient de noter que l’adhésion aux BRICS n’est pas une entreprise aisée. Fondé en 2006 et rejoint uniquement par l’Afrique du Sud en 2011, ce groupe économique intercontinental fonctionne sur des critères stricts. Les discussions autour de son élargissement sont animées par des divergences, et bien que les ministres des Affaires étrangères puissent recommander ou non l’adhésion, la décision ultime appartient aux chefs d’État.

Un futur économique prometteur
Les 5 membres des BRICS représentent une part significative du monde, tant en termes de superficie que de population. Les cinq pays des BRICS représentent 40% de la superficie du globe et abritent également 40% de la population mondiale. Leur alliance économique, qui exclut les liens politiques, se concentre sur l’influence dans les domaines du commerce international, des traités et des accords commerciaux. Ces pays peuvent potentiellement former un bloc économique puissant, rivalisant avec les économies industrialisées du G7. Le groupe des Sept (G7) n’est pas une organisation internationale mais une association informelle de 7 pays industrialisés démocratiques : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni (auxquels s’ajoute l’Union européenne en tant qu’invitée permanente). Les membres représentent environ 10% de la population mondiale et 45% du revenu brut mondial.

En bref…
Une potentielle adhésion du Maroc aux BRICS serait une participation plus active à l’évolution économique mondiale. Bien que les détails et les démarches soient encore à clarifier, cette démarche stratégique soulèverait des questions passionnantes quant aux implications pour l’économie et la diplomatie marocaines, ainsi que sur le rôle potentiellement accru du Maroc dans l’arène économique internationale. On ne connaissait pas, à ce moment là, la position officielle du Maroc qui ne s’était pas exprimé à ce sujet. Il pourrait aussi s’agir d’un « piège diplomatique » organisé par Alger et son allié sud-africain qui a invité le chef du groupe de miliciens séparatistes armés qui se fait appeler « polisario », Brahim Ghali, à prendre part aux travaux du sommet du groupe. À noter que Brahim Ghali est arrivé à Johannesburg à bord d’un avion de la présidence algérienne.