mercredi, juin 12, 2024
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Mohammed VI-Pedro Sanchez: les discussions sur Ceuta et Melilla classées secret d’État

Les discussions entre Mohammed VI et Pedro Sanchez sur Ceuta et Melilla classées secret d’État




Les négociations entre le Royaume du Maroc et le Royaume d’Espagne sur Ceuta, Melilla et les frontières maritimes aux Îles Canaries, survenues lors de la visite au Maroc du Président du gouvernement espagnol, sont classifiées, en faisant appel à la loi sur les secrets officiels.

Alors que son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara a déjà suscité une vive polémique au sein de la classe politique, le chef du gouvernement espagnol persiste et signe.

Selon des médias ibériques, le Président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez compte faire appel à «la loi franquiste de secrets officiels», pour classifier les négociations entre le Royaume du Maroc et l’Espagne sur Ceuta, Melilla et les Îles Canaries.




«De cette façon, comme il a changé sa position sur le Sahara, le chef du gouvernement préfère garder dans le plus grand secret tout ce qui est en lien avec ses conversations avec Mohammed VI, bien qu’il s’agisse de questions qui touchent à la politique étrangère de l’Espagne et sur lesquelles le Congrès a exprimé son rejet le plus absolu», écrit Es Diario.

Ainsi, dans une réponse parlementaire au parti d’extrême droite Vox, le gouvernement espagnol a indiqué clairement qu’il n’a pas l’intention de rendre public le plan global pour Ceuta et Melilla, qui comprend la nouvelle stratégie de sécurité nationale adoptée en décembre.

L’exécutif a expliqué que le texte sur lequel il travaille sera confidentiel en vertu de la loi sur les secrets d’État.




La délimitation des frontières maritimes également concernée ?

La presse espagnole rappelle que le plan intégral pour Ceuta et Melilla a déjà été annoncé au Congrès par Iván Redondo, ancien chef de cabinet de Pedro Sánchez, en mai de l’année dernière, coïncidant avec la crise avec le Maroc provoquée par l’avalanche migratoire sur la clôture de Ceuta.

«Il s’agit d’une prévision incluse dans la Stratégie de Sécurité Nationale, qui ne développe pas ce point mais souligne que les deux villes autonomes, en raison de leur situation géographique et de la spécificité de leur frontière, nécessitent une « attention particulière » de la part de l’Administration « pour assurer la sécurité et le bien-être de ses citoyens »».

Les discussions entre Rabat et Madrid sur leurs frontières maritimes dans l’Atlantique seront également classées.

«Après la rencontre entre Mohammed VI et Sanchez, le seul accord clair à ce sujet a été l’annonce de réactiver la Commission d’études des espaces maritimes», explique la même source.




Celle-ci note que «tous les partis ont déjà demandé à Sanchez de ne pas céder un millimètre, en avertissant, en outre, du désir expansionniste du Maroc», rappelant que le Maroc a adopté au début de 2020 deux lois délimitant ses frontières maritimes en Atlantique.

Le premier texte n°37.17 modifie et complète, en effet, le Dahir portant loi n°1.73.211 du 2 mars 1973 fixant la limite des eaux territoriales, alors que le deuxième n°38.17 modifie et complète la loi n°1.81 instituant une zone économique exclusive de 200 miles marins au large des côtes marocaines.

La nouvelle zone économique donnera lieu à un chevauchement éventuel des zones maritimes entre le Maroc et les Îles Canaries.

Toutefois, Rabat et Madrid comptent parvenir à un accord, dans le cadre de la Commission d’études des espaces maritimes.