lundi, juillet 15, 2024
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Hydrogène vert : un partenariat entre le Maroc et la France

Hydrogène vert décarboné : un partenariat franco-marocain

Hydrogène décarboné : signature d’une convention de partenariat entre le Maroc et la France dans le domaine de la recherche

Le Maroc et la France renforcent leur partenariat sur l’hydrogène décarboné

Le Maroc et la France ont officialisé leur collaboration dans le domaine de l’hydrogène décarboné (hydrogène vert). L’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), la Société d’accélération du transfert de technologies de Paris-Saclay (SATT Paris-Saclay) et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, à Rabat, une convention visant à soutenir des projets de recherche appliquée franco-marocains dans ce domaine.

Détails de la convention

Cette convention tripartite, financée par un don de 800.000 euros de l’Agence française de développement et du Trésor français, prévoit le lancement, au quatrième trimestre 2024, d’un appel à projets innovants dédiés à la filière de l’hydrogène décarboné. Selon un communiqué commun des partenaires, du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, et de l’ambassade de France au Maroc, ce financement vise à développer une économie décarbonée et durable au Maroc, positionné comme un futur acteur clé dans cette filière.

Contexte et importance du partenariat

Ce partenariat a été initialement annoncé en avril lors de la visite de Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il souligne l’importance du Maroc en tant que partenaire privilégié de la France, de l’Europe et de l’Afrique pour la transition énergétique et la décarbonation des économies.

Sélection et accompagnement des projets

L’appel à projets permettra de sélectionner et d’accompagner pendant trois ans des initiatives innovantes, menées par des équipes franco-marocaines. Ce partenariat vise à encourager de nouveaux partenariats entre centres de recherche, universités et acteurs industriels des deux pays dans le domaine de l’hydrogène décarboné.

Déclarations

Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, a déclaré : « Cette coopération favorisera l’émergence de nouveaux partenariats franco-marocains entre centres de recherche, milieux universitaires ou acteurs industriels dans cette filière stratégique de l’hydrogène décarboné. »

Quiterie Pincent, directrice de l’Agence française de développement au Maroc, a déclaré : « Le changement climatique nous impose de favoriser une économie à faible émission de carbone. Le développement de la recherche sur la chaîne de valeur de l’hydrogène vert contribue à cette transition et constitue une opportunité supplémentaire de soutenir les ambitions du Royaume. »

Rôle de l’IRESEN et de la SATT Paris-Saclay

L’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles sera chargé de la gestion administrative et technique de l’appel à projets, offrant un soutien financier et technologique aux projets sélectionnés, et donnant accès aux expertises et infrastructures, notamment la plateforme R&D (Recherche et développement) en hydrogène décarboné « GREEN H2A ».

Samir Rachidi, directeur général de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles, a affirmé : « En mettant en œuvre cet appel à projets de recherche appliquée orientée marché, nous souhaitons faire émerger des technologies de l’hydrogène décarboné et les transformer en produits industriels commercialisables, renforçant ainsi notre participation au développement de la filière. »

Xavier Apolinarski, président de la SATT Paris-Saclay, a déclaré : « La SATT Paris-Saclay, en partenariat avec les équipes de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles, assurera l’analyse du potentiel de valorisation des projets de recherche appliquée, la valorisation des résultats et le transfert réussi des technologies vers le marché. »

En bref…

Ce partenariat maroco-français marque une étape importante dans le développement de l’hydrogène décarboné, renforçant les efforts de recherche et d’innovation pour une économie plus verte et durable.



L’Hydrogène vert : un pilier de la transition énergétique décarbonée

L’hydrogène vert, produit à partir de sources d’énergie renouvelables, est en train de devenir un élément central dans la transition vers une économie décarbonée. Contrairement à l’hydrogène « gris », produit à partir de combustibles fossiles, l’hydrogène vert est généré par électrolyse de l’eau utilisant de l’électricité issue de sources renouvelables comme l’éolien ou le solaire, éliminant ainsi les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Production de l’hydrogène vert

La production de l’hydrogène vert repose sur un procédé appelé électrolyse. Ce procédé consiste à décomposer l’eau (H2O) en oxygène (O2) et en hydrogène (H2) à l’aide d’un courant électrique. Lorsque ce courant est produit à partir de sources renouvelables, l’hydrogène ainsi généré est qualifié de « vert ». Les électrolyseurs sont les dispositifs clés dans ce processus, et leur efficacité ainsi que leur coût de production sont des éléments cruciaux pour rendre l’hydrogène vert compétitif.

Avantages de l’hydrogène vert

Réduction des émissions de GES (7 gaz à effet de serre) : L’hydrogène vert ne produit pas de CO2 lors de sa production, contrairement aux méthodes traditionnelles basées sur les hydrocarbures.
Stockage d’énergie : Il offre une solution efficace pour le stockage de l’énergie renouvelable intermittente (éolienne, solaire), permettant de stabiliser le réseau électrique.
Diversification Énergétique : En diversifiant les sources d’énergie, il contribue à la sécurité énergétique et à la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles.
Applications Multiples : L’hydrogène vert peut être utilisé dans divers secteurs, notamment les transports, l’industrie, et le chauffage, augmentant ainsi sa polyvalence.

Défis à relever

Malgré ses avantages, l’hydrogène vert doit surmonter plusieurs obstacles avant de pouvoir être largement adopté :
Coût de Production : Actuellement, l’hydrogène vert est plus coûteux à produire que l’hydrogène gris. La baisse des coûts de production des électrolyseurs et l’augmentation de la capacité de production des énergies renouvelables sont essentielles pour rendre l’hydrogène vert économiquement viable.
Infrastructure : Le transport, le stockage et la distribution de l’hydrogène nécessitent des infrastructures spécifiques, qui sont encore peu développées dans de nombreuses régions.
Technologie : Améliorer l’efficacité et la durabilité des électrolyseurs est crucial pour réduire les coûts et augmenter la production.

Quelques initiatives et projets mondiaux

Divers pays et organisations investissent massivement dans l’hydrogène vert pour soutenir leurs objectifs climatiques et énergétiques.
Union européenne : L’Union européenne a lancé une stratégie de l’hydrogène qui prévoit la production de 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable d’ici 2030.
Japon : Le Japon vise à devenir un leader dans l’hydrogène vert, avec des projets de grande envergure pour développer une économie de l’hydrogène, y compris l’utilisation de l’hydrogène pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 (reportés à 2021).
Maroc et France : Les deux pays ont signé une convention pour soutenir des projets de recherche appliquée dans l’hydrogène vert, avec un financement de 800.000 euros et un appel à projets prévu pour 2024.

Perspectives futures

L’hydrogène vert est promis à un avenir brillant grâce aux efforts conjugués des gouvernements, des entreprises et des institutions de recherche. Les avancées technologiques, les économies d’échelle et les politiques incitatives sont des éléments clés pour accélérer l’adoption de l’hydrogène vert.

Technologique : L’amélioration continue des électrolyseurs et des technologies de stockage et de transport de l’hydrogène.
Économique : La réduction des coûts de production grâce à l’augmentation des capacités de production des énergies renouvelables et à l’optimisation des processus.
Politique : Des réglementations favorables, des subventions et des incitations fiscales pour stimuler les investissements et l’adoption de l’hydrogène vert.

En bref…

L’hydrogène vert représente une opportunité exceptionnelle pour décarboner l’économie mondiale et lutter contre le changement climatique. En relevant les défis actuels et en tirant parti des initiatives internationales, il est possible de transformer cette vision en réalité. Le partenariat entre le Maroc et la France est un exemple concret de la coopération nécessaire pour promouvoir cette technologie prometteuse et contribuer à un avenir énergétique durable.