mardi, juin 18, 2024
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(Vidéos) Emmanuel Macron minimise la crise avec le Maroc

(VIDÉOS) EMMANUEL MACRON MINIMISE LA CRISE AVEC LE MAROC

Lors d’une conférence de presse sur sa stratégie africaine tenue à Paris le lundi 27 février 2023, le président français Emmanuel Macron a exprimé son souhait de poursuivre une coopération avec le Maroc, minimisant la crise créée avec le Royaume en la qualifiant de « polémique ». Il a consciemment évité d’aborder le point central de cette crise, à savoir la question du Sahara marocain.




Malgré la crise persistante entre le Maroc et la France, Emmanuel Macron minimise la situation en la considérant comme un simple obstacle temporaire qui se dissipera avec le temps, sans même s’attaquer à la source du problème.

C’est du moins ce qui transparaît de la conférence de presse que le président français a tenue le lundi 27 février 2023 à l’Élysée, centrée sur sa stratégie pour l’Afrique.

Emmanuel Macron continue d’affirmer que le désaccord profond entre la France et le Maroc est en réalité mineur et se résume simplement à une polémique.

«Alors ensuite, moi, ma volonté est vraiment d’avancer avec le Maroc. Sa Majesté le roi le sait. Nous avons eu plusieurs discussions, les relations personnelles sont amicales ; elles le demeureront. Il y a, après, toujours des gens qui essaient de monter en épingle des péripéties, les scandales au Parlement européen, les sujets d’écoutes qui ont été révélés par la presse. Est-ce que c’est le fait du gouvernement de la France? Non! Est-ce que la France a jeté de l’huile sur le feu? Non! Voilà, donc il faut avancer malgré ces polémiques mais, enfin, sans en rajouter. Parce que je pense que nos jeunesses elles ont besoin qu’on bâtisse des projets et qu’on avance» a déclaré le chef d’État français.

De cette façon, il exclut toute responsabilité du gouvernement français dans le vote de la résolution du Parlement européen le 19 janvier dernier, bien que Stéphane Séjourné, un membre du parti présidentiel très proche d’Emmanuel Macron, ait activement travaillé à son adoption.




Il est surprenant de qualifier la crise actuelle entre Paris et Rabat de «polémique».

Les divergences profondes entre les deux pays ne relèvent pas de simples divergences d’opinions ou de débats passionnés, mais sont plutôt liées à une question existentielle pour les Marocains, que le président français a délibérément choisi d’ignorer.

Réduire une crise de cette ampleur à une simple polémique reflète une attitude condescendante de la part du président français et une tentative d’éviter de faire face au problème.

«Nous allons avancer, même si la période n’est pas la meilleure, cela ne m’arrêtera pas», a affirmé Emmanuel Macron, concluant ainsi sa conférence de presse.

Si la démarche du président français envers l’Afrique veut donner un air de bienveillance, c’est parce qu’il y a des enjeux en jeu.

Le chef de l’État français entreprend une tournée de quatre pays d’Afrique centrale – le Gabon, l’Angola, le Congo et la République démocratique du Congo (RDC) – à partir de mercredi.

Cette visite survient après la fin de l’opération Barkhane au Sahel et le retrait des troupes françaises du Mali et du Burkina Faso.

L’objectif est donc de rattraper le temps perdu et de rétablir l’image de la France d’Emmanuel Macron sur un continent où la réputation de la France est au plus bas.

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en France, les sentiments anti-français n’ont jamais été aussi forts en Afrique.




Ce sentiment s’est même propagé à des pays comme le Maroc, qui figure parmi les plus francophiles du monde, ce qui est sans précédent.

Lors de sa visite à Rabat les 15 et 16 décembre derniers, la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna s’est contentée de réaffirmer le soutien de la France au plan d’autonomie proposé en 2007, sans prendre de position claire et définitive sur le dossier du Sahara marocain (occidental et oriental).

Cette position s’explique en partie par le tropisme algérien de la Macronie, le président français ne voulant pas mécontenter la junte militaire.

Cependant, selon Zakaria Abouddahab, professeur de relations internationales à l’Université Mohammed V de Rabat, cette stratégie est une erreur, et la diplomatie française devrait cesser de lier les relations entre la France et le Maroc aux relations avec l’Algérie pour sortir de l’impasse diplomatique actuelle.

Les positions ont évolué depuis 2007 et de nouvelles approches sont nécessaires.

En outre, lors de sa conférence, le président Macron a fait une analogie entre le Maroc et l’Algérie qui témoigne d’une erreur de jugement due à son tropisme algérien.

Pour le Maroc, il a affirmé qu’il entretient des relations personnelles et amicales avec le roi Mohammed VI, mais que «certains essaient de dramatiser les événements».

Pour l’Algérie, Macron a déclaré : «Je sais que je peux compter sur l’amitié et l’engagement du président (algérien Abdelmadjid) Tebboune. Nous avancerons également là-bas».




Il a ajouté : «Je pense que beaucoup de gens ont intérêt à ce que ce que nous faisons depuis des années maintenant avec l’Algérie n’aboutisse pas». Il est indéniable que le pouvoir en Algérie est partagé entre plusieurs personnes, incluant le président Tebboune, le chef d’État-major Saïd Chengriha et le clan des généraux représenté par Mohamed Mediène et Khaled Nezzar, avec Djebbar M’henna nommé à la tête des services de renseignements.

En revanche, cette situation ne s’applique pas au Royaume du Maroc où les décisions du chef de l’État ne sont pas contestées.

Il est important de rappeler que lors de son discours pour le 69ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple le 20 août dernier, le roi Mohammed VI a été très clair en affirmant que « Le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international.

C’est aussi clairement et simplement l’aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats qu’il établit ».

Il serait préférable que les discours bienveillants du président Macron se traduisent par des actions concrètes.

La France est responsable de manière significative du conflit entre Rabat et Alger, car elle a étendu les frontières de l’Algérie française en prenant des territoires considérables du Maroc.

Par conséquent, la France a une grande responsabilité dans ce différend.

Si le président français appelle à la vérité sur la période coloniale, cela doit également inclure la réparation des dommages causés par la France au Maroc.