mercredi, juillet 24, 2024
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(Vidéos) France: des députés boycottent l’audition d’une étudiante voilée à l’Assemblée

(Vidéos) France: des députés boycottent l’audition d’une étudiante voilée à l’Assemblée




L’audition de Maryam Pougetoux, vice-présidente de l’UNEF arrivée à l’Assemblée nationale voilée, jeudi, n’a pas été du goût des députés LR et d’une élue LREM. Ceux-ci ont préféré boycotter la séance de travail.




Cette audition s’inscrit dans le cadre de la nouvelle commission d’enquête chargée de « mesurer et de prévenir les effets de la crise de la Covid-19 sur les enfants et la jeunesse ». La députée Marie-George Buffet en est l’initiatrice et la rapporteure. Alors que les travaux se déroulaient normalement jeudi dernier, la présence de la syndicaliste étudiante voilée a provoqué des tensions au sein de l’Assemblée nationale.
Prenant la parole, le député du Pas-de-Calais (LR) Pierre-Henri Dumonta a exprimé son indignation. Il a fait « un rappel au règlement ». Selon lui, le fait que la vice-présidente de l’UNEF ait porté un voile est un « choix d’enfreindre le principe de laïcité auquel doit s’astreindre » l’Assemblée.




Pour l’élu, la présence de l’étudiante voilée est une « démonstration communautariste », une « attaque préméditée ». La présidente de la commission, l’élue de Haute-Garonne, Sandrine Mörch, n’est pas de cet avis. Pour elle, c’est ni plus ni moins un « mauvais procès » car « aucune règle n’interdi(sait) le port de signe religieux pour les personnes auditionnées ».
Pour manifester leur désaccord, les députés ont préféré quitter la séance de travail. La députée Anne-Christine Lang (LREM) leur emboîte le pas. « Je ne peux accepter qu’au sein de l’Assemblée nationale, le cœur battant de la démocratie (…), nous acceptions qu’une personne se présente en hijab devant une commission d’enquête », a-t-elle fulminé de colère.




Elle a martelé que le « port du hijab » est « incompatible » avec ses « valeurs ». « En tant que députée et féministe, attachée aux valeurs républicaines, à la #laïcité et aux #droitsdesfemmes, je ne peux accepter qu’une personne vienne participer à nos travaux à l’#AN en hijab, qui reste pour moi une marque de soumission », a-t-elle tweeté.


Sandrine Mörch désapprouve la prise de position de sa collègue. Elle dit ne pas tolérer « ce faux débat autour du voile rentrer dans cette commission censée travailler sur l’avenir et le présent de la jeunesse dans une situation très compliquée ».