vendredi, mars 13, 2026
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Jeffrey Epstein a essayé d’acheter un palais de luxe à Marrakech

Jeffrey Epstein a tenté durant des années d’acheter un palais de luxe à Marrakech, selon des documents judiciaires américains récemment dévoilés.

Pendant plusieurs années, Jeffrey Epstein, figure sulfureuse aujourd’hui associée à l’un des plus vastes scandales judiciaires contemporains, a nourri un projet discret mais ambitieux : acquérir un palais ultra-luxueux au cœur de la Palmeraie de Marrakech. Des documents récemment rendus publics par le ministère de la Justice des États-Unislèvent le voile sur ces négociations prolongées, restées confidentielles jusqu’à aujourd’hui, et qui se sont interrompues quelques mois seulement avant son arrestation en 2019. Cette révélation éclaire sous un jour nouveau les derniers mouvements internationaux du financier déchu et ses tentatives d’ancrage dans des destinations perçues comme exclusives et stratégiques.

🌍 Une divulgation judiciaire d’ampleur mondiale
Ces informations émergent dans le cadre de la plus vaste publication de documents jamais réalisée concernant Jeffrey Epstein. En application d’une loi adoptée l’an dernier aux États-Unis, les autorités judiciaires ont procédé à la diffusion de plus de trois millions de pages, accompagnées de 180 000 images et de 2 000 vidéos, retraçant les activités, réseaux et projets du délinquant sexuel condamné. Parmi cette masse documentaire colossale, des dizaines de courriels révèlent avec précision l’intérêt soutenu d’Epstein pour le marché immobilier de luxe à Marrakech, et plus particulièrement pour la Palmeraie, symbole d’opulence et de prestige international.




🏛️ La Palmeraie de Marrakech, un marché ultra-exclusif
Les échanges électroniques décrivent un marché jugé extrêmement restreint. Dans un courriel daté de 2013, Epstein évoque lui-même un « marché très limité des propriétés ultra-luxueuses » à Marrakech, soulignant la rareté des biens correspondant à ses exigences. Après avoir étudié plusieurs options, son attention s’est progressivement concentrée sur une propriété emblématique : Bin Ennakhil, un palais situé dans la Palmeraie, achevé en 1995 et présenté comme une référence absolue en matière d’architecture et de savoir-faire.

Dans les correspondances, la résidence est décrite comme ayant été construite avec « la meilleure technologie européenne » disponible à l’époque, combinant des volumes monumentaux, une conception artistique singulière et un niveau de finition qualifié d’exceptionnel. « C’est le meilleur endroit », peut-on lire dans l’un des messages, traduisant l’enthousiasme d’Epstein pour un bien qu’il considérait comme pratiquement impossible à reproduire ailleurs.

📸 Une fascination pour le détail et l’exception
L’intérêt de Jeffrey Epstein pour Bin Ennakhil ne se limitait pas à une simple intention spéculative. Les documents montrent qu’il a exigé une documentation extrêmement détaillée avant toute décision. Il a notamment sollicité des photographies exhaustives ainsi qu’une vidéo complète de visite du palais, incluant le jardin, les espaces de réception et, de manière plus technique, les salles de bain, la cuisine et les systèmes mécaniques.

Les échanges insistent sur le caractère presque muséal de la propriété, fréquemment décrite comme une véritable œuvre d’art immobilière, destinée à des acheteurs sensibles à la valeur culturelle et patrimoniale du lieu plus qu’à un simple rendement financier. Cette dimension artistique semble avoir profondément séduit Epstein, en quête de résidences emblématiques à travers le monde.




💰 Des négociations longues et un prix jugé excessif
Malgré son admiration pour le palais, Jeffrey Epstein s’est montré réticent face au montant exigé par le propriétaire. Dans plusieurs courriels, il reconnaît le caractère unique du bien, tout en exprimant son incapacité à justifier un prix avoisinant les 50 millions d’euros. Il évoque avoir étudié les ventes comparables, les coûts d’assurance contre le risque politique au Maroc et le risque financier pays, sans parvenir à aligner ces éléments avec le prix demandé.

« Je comprends que la propriété est unique, mais je ne peux pas m’approcher de ce chiffre », écrit-il, réclamant des références concrètes de transactions similaires dans la Palmeraie, qu’il s’agisse de biens encore sur le marché ou déjà vendus. Ces échanges témoignent d’un bras de fer prolongé entre acheteurs potentiels et vendeurs, dans un segment où la transparence reste limitée.

🤝 Un processus étalé sur plusieurs années
Les documents révèlent que les négociations autour de Bin Ennakhil se sont étendues sur plusieurs années, ponctuées de comparaisons avec d’autres domaines de prestige et de tentatives répétées pour obtenir une révision du prix. Karyna Shuliak, souvent présentée par la presse internationale comme la compagne d’Epstein, a joué un rôle actif dans ce processus. Elle a organisé des visites sur place, coordonné les discussions techniques, mobilisé des experts et assuré les échanges avec des intermédiaires locaux marocains.

Dans un courriel daté de mars 2019, Epstein est informé que, malgré l’existence d’autres offres, la sienne restait considérée comme « la plus sérieuse ». Pourtant, quelques semaines plus tard, les discussions s’interrompent brutalement. En avril 2019, les négociations concernant le palais de Marrakech cessent définitivement, sans qu’un accord n’ait été conclu.




✈️ Un dernier passage par Marrakech avant la chute
Un élément particulièrement troublant apparaît dans une correspondance officielle marocaine. Une lettre de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a confirmé par la suite que Jeffrey Epstein a transité par l’aéroport Marrakech-Ménara le 25 avril 2019. Ce déplacement figure parmi ses derniers voyages à l’étranger avant son arrestation, intervenue en juillet 2019 aux États-Unis.

Ce passage par Marrakech nourrit aujourd’hui de nombreuses interrogations. Certains observateurs s’interrogent sur la possibilité qu’Epstein ait envisagé le Maroc comme un lieu de repli discret, à un moment où son empire financier et relationnel commençait à s’effondrer sous le poids des accusations judiciaires.

🔍 Entre immobilier de prestige et zones d’ombre
Ces révélations illustrent une facette méconnue des stratégies d’Epstein, mêlant immobilier de luxe international, recherche de discrétion et fascination pour des lieux à forte charge symbolique. Elles rappellent également à quel point la Palmeraie de Marrakech, au-delà de son image touristique, demeure un espace convoité par des fortunes mondiales en quête d’exclusivité absolue.

À mesure que de nouveaux documents continuent d’être analysés, ces éléments pourraient contribuer à éclairer les derniers mois de liberté de Jeffrey Epstein et les logiques qui ont guidé ses choix, laissant planer une question persistante sur ce que représentait réellement Marrakech dans son échiquier personnel.