lundi, janvier 26, 2026
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Les dérives qui ont terni l’esprit sportif de la CAN Maroc 2025

🇲🇦 CAN 2025 au Maroc : entre organisation exemplaire et polémiques qui ébranlent le tournoi

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc restera gravée dans les mémoires comme un événement sportif d’envergure, capable de rivaliser avec les standards mondiaux en matière d’organisation et d’accueil. Pourtant, derrière les stades flambant neufs et la sécurité sans faille, une série de polémiques a progressivement terni l’image du tournoi. Des fédérations et des équipes ont choisi de déplacer le débat hors du terrain, amplifiant des tensions qui auraient pu rester marginales. De l’élimination de l’Algérie aux critiques égyptiennes, jusqu’à la finale très disputée contre le Sénégal, ce tournoi exemplaire sur le papier révèle les limites de la communication sportive et la fragilité de l’esprit du jeu.

🏟️ Une organisation marocaine exemplaire qui fait rayonner l’Afrique

Le Maroc a déployé des moyens logistiques, humains et techniques rarement vus sur le continent pour accueillir la CAN 2025. Les infrastructures sportives, modernisées et entretenues pour résister à des intempéries exceptionnelles, ont offert aux équipes et aux supporters des conditions optimales. Chaque stade était équipé pour accueillir des foules importantes, avec des pelouses de qualité internationale et des installations multimédias performantes pour les diffuseurs internationaux.

Les moyens de transport mis à disposition, tels que le train à grande vitesse reliant Tanger, Casablanca et Rabat, ainsi que des navettes sécurisées pour les équipes et les délégations, ont renforcé la fluidité des déplacements. Les hôtels et centres d’hébergement, choisis avec soin, garantissaient un confort maximal pour les joueurs, staff et journalistes, contribuant à un climat de travail serein. Les médias internationaux ont largement salué cette organisation, soulignant la capacité du Maroc à allier logistique, sécurité et accueil festif.

Cette réussite organisationnelle n’a cependant pas empêché certains cercles médiatiques et politiques, en particulier en Algérie, de diffuser des messages de désinformation, alimentant un climat de confrontation et de victimisation.

🇩🇿 L’élimination algérienne : entre frustration et théories de complot

Le match éliminatoire entre le Nigeria et l’Algérie a déclenché une série de réactions disproportionnées. Sur le terrain, le Nigeria a clairement dominé, affichant une meilleure organisation et une supériorité collective indéniable. Néanmoins, certains joueurs algériens ont affiché des signes de frustration et de colère, donnant une image regrettable d’un football incapable d’accepter la défaite.

Dans les tribunes, les supporters algériens, influencés par des messages de certains médias et relais politiques, ont tenté d’envahir la pelouse. L’intervention rapide et professionnelle des forces de sécurité a permis d’éviter un incident majeur, mais la tension persistante a nourri une rhétorique conspirationniste sur l’arbitrage et l’organisation du tournoi. Des propos xénophobes et racistes ont même été relevés à l’encontre du Maroc et de certaines équipes africaines, fragilisant l’image de la CAN 2025 malgré son succès logistique.

🇪🇬 L’épisode égyptien : quand l’excellence logistique devient prétexte

Après sa défaite contre le Sénégal, l’Égypte a choisi de focaliser ses critiques non sur la performance sportive, mais sur les conditions de séjour et de transport. Le sélectionneur Hossam Hassan a dénoncé l’hôtel cinq étoiles à Tanger et le trajet en train à grande vitesse, transformant un avantage logistique en motif de mécontentement.

Cette démarche, largement relayée par certains médias locaux, a été perçue comme un mécanisme d’auto-justification pour masquer l’échec sportif. Plutôt que d’assumer les faiblesses de l’équipe sur le terrain, le discours s’est orienté vers des éléments tangibles de confort et d’organisation, pourtant standards dans tout tournoi international. Pour une nation footballistique majeure comme l’Égypte, cette posture a été jugée peu digne et symptomatique d’une incapacité à accepter la défaite avec fair-play.

Quelques heures après la demi-finale, Hassan avait déjà pointé du doigt « certaines parties bien connues » comme responsables d’un complot visant à éliminer l’Égypte. Dans son récit, tout semblait se retourner contre l’environnement : l’hôtel jugé inadapté, le trajet en train, l’horaire tardif du voyage, jusqu’aux moustiques — pourtant inexistants à cette période de l’année — et même le public marocain. Mais jamais, à aucun moment, le sélectionneur ne s’est arrêté sur l’essentiel : l’inexistence de son équipe sur le terrain.

🇸🇳 Sénégal : une stratégie de pression institutionnelle

La finale entre le Maroc et le Sénégal a illustré un cas où la communication et la stratégie ont parfois pris le pas sur le jeu. La Fédération sénégalaise de football a dénoncé un prétendu manque de sécurité lors de l’arrivée de son équipe à Rabat, alors que des dispositifs de protection complets avaient été déployés. La diffusion de l’itinéraire et de l’horaire exact de l’équipe a provoqué un rassemblement massif de supporters à la gare de Rabat-Agdal, un scénario prévisible mais amplifié par la communication officielle.

Les incidents présumés liés au site d’entraînement ont été résolus rapidement : le Centre de Maâmora, refusé par la FSF, a été remplacé par une alternative immédiatement validée par la CAF. Malgré ces solutions, les représentants sénégalais ont continué à dénoncer des dysfonctionnements, créant une mise en scène médiatique et institutionnelle qui a contribué à polariser l’opinion publique.

Le Sénégal s’est même tiré une balle dans le pied. La fédération sénégalaise de football avait déjà préparé, pendant la finale, une lettre (préméditée) de protestation et de récusation.

⚽ La finale : quand la contestation dépasse le sport

Le penalty accordé au Maroc pour la faute sur Brahim Diaz a été parfaitement légitime. La réaction de l’équipe sénégalaise, qui a quitté le terrain pendant plus de 20 minutes, constitue une violation claire des règlements de la CAF et de la FIFA. Cet incident a provoqué des débordements dans les tribunes, avec jets d’objets et affrontements, blessant au passage un agent de sécurité.

Si la victoire sportive du Sénégal est incontestable, la manière dont elle a été obtenue entache l’image du football africain. La discipline, le respect des règles et l’exemplarité comportementale restent des critères essentiels pour valoriser le continent et préserver la crédibilité des compétitions.

🌍 Bilan : entre succès organisationnel et défi de crédibilité

La CAN 2025 démontre que le Maroc et l’Afrique peuvent organiser des compétitions d’excellence, combinant infrastructures, sécurité et accueil international. Mais les polémiques algériennes, égyptiennes et sénégalaises rappellent que la perception et la communication sont tout aussi importantes que la logistique.

Pour la CAF et la FIFA, ainsi que pour les fédérations nationales, le respect des règlements et la gestion responsable des tensions sont cruciaux. Une victoire sur le terrain ne suffit pas à asseoir la réputation du football africain : l’intégrité, le fair-play et la transparence doivent être les piliers de tout succès durable. Le football africain doit continuer à être un vecteur d’unité et de rayonnement, en équilibrant performances sportives et exemplarité institutionnelle.