La Fédération sénégalaise se plaint des gens… qu’elle a « convié » ?
À la veille d’une finale continentale très attendue entre le Maroc et le Sénégal, l’attention s’est momentanément détournée du rectangle vert pour se concentrer sur une polémique inattendue, venue troubler l’atmosphère déjà électrique de la Coupe d’Afrique des Nations. En quelques heures, un communiqué de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a fait irruption dans l’espace public, pointant du doigt des manquements supposés en matière de sécurité lors de l’arrivée des Lions de la Teranga à Rabat, alors même qu’aucun incident majeur n’a été signalé.
⚽ CAN Maroc-Sénégal : quand la tension monte hors du terrain
À l’approche de la finale de la CAN, chaque détail est scruté, amplifié, parfois instrumentalisé. C’est dans ce contexte ultrasensible que la Fédération sénégalaise de football a dénoncé les conditions d’accueil de sa délégation à la gare Rabat-Agdal, après un déplacement en TGV depuis Tanger. Selon la fédération sénégalaise, la sécurité n’aurait pas été à la hauteur de l’événement, exposant joueurs et encadrement à une situation jugée « anormale ».
Pourtant, les images largement relayées sur les réseaux sociaux racontent une réalité plus nuancée. On y voit une foule dense de supporters sénégalais, enthousiastes et bruyants, mais aussi un dispositif policier bien présent, tentant d’organiser les flux et de sécuriser le passage de la délégation. L’ambiance, loin d’être hostile, se voulait festive, marquée par des chants, des drapeaux et même la présence d’une troupe marocaine chargée d’animer l’accueil dans un esprit de convivialité africaine.
🚉 Gare Rabat-Agdal : une affluence annoncée… et provoquée
Un élément central semble toutefois absent du récit officiel de la Fédération sénégalaise de football. Quelques heures avant l’arrivée du train, la fédération avait publié sur ses canaux officiels l’heure exacte et le lieu précis de l’arrivée de la sélection sénégalaise à Rabat-Agdal. Une information logistique sensible qui, sans surprise, a attiré plusieurs centaines de supporters à l’intérieur et aux abords de la gare.
Ce message, depuis supprimé du compte X (ex-Twitter) de la Fédération sénégalaise de football mais toujours consultable sur son site officiel, a mécaniquement provoqué l’attroupement aujourd’hui dénoncé. Cette omission fragilise la cohérence de la plainte sénégalaise, d’autant plus que la délégation avait, quelques heures plus tôt à Tanger, participé à la prière du vendredi avant de s’offrir un bain de foule spontané, sans dispositif sécuritaire exceptionnel ni inquiétude exprimée publiquement.
🎙️ Colère du sélectionneur et discours sur l’image de la CAN
Interrogé en conférence de presse, le sélectionneur sénégalais n’a pas caché son agacement. Évoquant une situation « dangereuse », il a estimé que « tout aurait pu arriver », inscrivant l’épisode dans une réflexion plus large sur l’image de l’Afrique et la crédibilité internationale de la CAN. Un discours solennel, presque institutionnel, qui tranche avec l’absence de tout incident avéré sur le terrain des faits.
Selon les vidéos disponibles, le dispositif sécuritaire comprenait plusieurs véhicules de police et des agents chargés de créer un corridor humain pour faciliter le passage de la délégation. Si la foule a parfois débordé, aucun trouble à l’ordre public, aucune agression, ni aucune atteinte à l’intégrité physique des joueurs n’a été signalée par les autorités.
🏨 Logistique, hôtels et entraînements : des griefs discutables
Au-delà de la gare, la Fédération sénégalaise de football a également évoqué des difficultés logistiques. Là encore, les faits invitent à relativiser. Comme pour toutes les sélections engagées dans la compétition, deux options d’hébergement avaient été proposées à Rabat. Le Sénégal a librement opté pour l’Amphitrite Palace de Skhirat, situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale, plutôt que pour l’hôtel Rihab, un établissement quatre étoiles en plein centre-ville.
Concernant les séances d’entraînement, le Complexe Mohammed VI était initialement prévu, comme pour de nombreuses équipes durant la CAN. La Fédération sénégalaise de football a toutefois souhaité s’en éloigner afin de préserver la confidentialité de ses séances, préférant un terrain annexe du Complexe Moulay Abdellah, qui lui a été attribué sans opposition.
🎟️ Billetterie : une frustration partagée
La polémique autour des billets a également été évoquée, bien qu’elle touche l’ensemble des supporters depuis le début du tournoi. La Fédération sénégalaise de football reconnaît avoir obtenu environ 3.000 tickets, toutes catégories confondues, y compris VIP et VVIP. Selon la CAF, le quota réglementaire de 5 % a été respecté. Le reste des billets, mis en vente en ligne il y a près de deux mois, a été écoulé en quelques minutes, conséquence directe d’une demande largement supérieure à l’offre.
🤔 Une controverse aux allures de paradoxe
Au final, cette polémique laisse une impression paradoxale. Une fédération se plaint de voir ses joueurs encerclés par… ses propres supporters, mobilisés à la suite d’un communiqué qu’elle a… elle-même diffusé. Plus troublant encore, le choix de médiatiser un sujet sécuritaire aussi sensible sans concertation préalable avec les autorités marocaines ni recours aux canaux diplomatiques habituels interroge sur les motivations profondes de cette sortie.
Simple précipitation ? Tentative de détourner la pression sportive et médiatique à la veille d’une finale historique ? Ou volonté d’apaiser la frustration de supporters privés de billets ? Autant de questions qui resteront en suspens, alors que l’essentiel se joue désormais sur la pelouse.
Communiqué FSF : Préoccupations relatives à l’organisation de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 👇 pic.twitter.com/dLvIUgUPqY
— Equipe du Sénégal (@GaindeYi) January 16, 2026
