vendredi, février 6, 2026
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Frontière Maroc-Algérie : une incursion de l’armée algérienne

Frontière Maroc-Algérie : une nouvelle incursion de l’armée algérienne à Ksar Ich ravive les tensions à Figuig et rappelle le précédent d’El Arja en 2021

À l’approche du mois sacré de Ramadan, la frontière orientale du Maroc connaît une tension inédite, ravivant des traumatismes anciens et plaçant la province de Figuig au cœur d’une nouvelle crise frontalière. Dans la localité stratégique de Ksar Ich, réputée pour ses oasis et ses terres agricoles vitales, une incursion de l’armée algérienne a été signalée, rappelant douloureusement le précédent de la zone d’El Arja en 2021, où des agriculteurs marocains avaient été expulsés de leurs terres après des affrontements territoriaux.

🛡️ Une provocation frontalière qui ravive les inquiétudes à Figuig

Selon des sources locales et sécuritaires, les éléments de l’armée algérienne se sont introduits sur le territoire marocain ce mercredi, dans ce qui semble être une tentative de redéfinir unilatéralement la frontière. Les soldats auraient arraché les fils barbelés érigés par les agriculteurs marocains pour protéger leurs vergers et ont installé à la place un bornage de fortune constitué de pierres et de sacs en plastique, empiétant ainsi sur des terres cultivées depuis des générations. Cette intrusion, qualifiée de violation flagrante du territoire national, a immédiatement été perçue comme un acte d’intimidation et une tentative d’annexion de facto.

Face à cette situation, la réaction marocaine a été rapide et déterminée. L’armée et les forces de sécurité ont été mobilisées pour stopper l’incursion et ont sommé les éléments algériens de quitter le sol marocain sans délai. Parallèlement, des réunions d’urgence se sont tenues au niveau provincial, rassemblant les autorités locales, les commandants militaires et les services de sécurité afin d’évaluer la situation, sécuriser la zone et organiser un dispositif de surveillance renforcé autour des vergers et des terres menacées.

🌍 Une responsabilité algérienne et la retenue marocaine

Des sources sécuritaires ayant requis l’anonymat ont indiqué à Hespress que l’Algérie porte l’entière responsabilité de cet incident. Toutefois, ces mêmes sources soulignent la retenue et le sang-froid du Maroc, qui privilégie la voie diplomatique et sécuritaire plutôt que l’escalade militaire. Le Royaume, tout en réaffirmant son rejet catégorique de ces harcèlements territoriaux, fait valoir l’importance des liens de voisinage et de fraternité qui unissent les peuples marocain et algérien, refusant de tomber dans le piège de la confrontation directe.

Cette nouvelle provocation ne survient pas dans un vide diplomatique. Elle s’inscrit dans un contexte de violations répétées des accords bilatéraux, en particulier le traité de 1972 qui définit le tracé des frontières et prévoit l’exploitation conjointe de certaines ressources naturelles, comme le gisement de fer de Gara Djebilet (un accord d’exploitation rompu par l’Algérie). Pour de nombreux analystes, ces agissements ont également pour objectif de détourner l’attention de l’opinion publique algérienne des crises internes et d’exporter les tensions vers le Maroc, renforçant ainsi un climat de méfiance durable entre les deux pays.

⚠️ Une escalade récente marquée par la violence et la fermeture diplomatique

Le contexte régional est d’autant plus tendu que cette incursion survient à peine une semaine après un tragique incident à la frontière près de Béchar, où trois ressortissants marocains ont été exécutées et un quatrième a été arrêté par les forces algériennes. Ces événements, cumulés à la rupture unilatérale des relations diplomatiques et à la fermeture de l’espace aérien depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune, reflètent une stratégie d’escalade continue de la part d’Alger.

Malgré cette pression, le Maroc maintient une posture claire : une défense ferme du territoire national, combinée à la retenue et à la prudence diplomatique. Les autorités marocaines insistent sur la nécessité de résoudre les différends frontaliers dans le cadre du droit international et à travers les voies diplomatiques, tout en continuant à protéger les populations et les terres exposées.

🔎 Entre vigilance militaire et diplomatie préventive

La situation à Ksar Ich illustre parfaitement la complexité de la gestion frontalière maroco-algérienne : un équilibre délicat entre surveillance militaire, protection des communautés locales et recours aux instruments diplomatiques. Les incidents récents rappellent que la sécurité des oasis et des terres agricoles dans l’Oriental marocain dépend autant de la vigilance des forces de l’ordre que de la stabilité politique régionale.

À quelques semaines du Ramadan, cet épisode met en lumière les risques permanents liés aux tensions frontalières, tout en posant la question de l’avenir des relations entre le Maroc et l’Algérie, et de la capacité des deux pays à prévenir des escalades qui pourraient affecter durablement la sécurité et le bien-être des populations frontalières.