dimanche, février 1, 2026
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Inondations au Maroc : vers une indemnisation des victimes ?

Les récentes inondations dans le nord du Maroc, notamment à Ksar El Kébir, ont relancé le débat sur la prise en charge des sinistrés et la responsabilité publique face aux catastrophes naturelles. En marge des travaux politiques du Parti authenticité et modernité, la ministre Fatima-Ezzahra El Mansouri a ouvert la porte à une indemnisation des victimes, tout en insistant sur la priorité absolue accordée à la protection des vies humaines.

Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville
Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville

🌧️ Inondations au Nord : l’État face à l’urgence humaine

S’exprimant lors de la conférence de presse ayant clôturé la 31ᵉ session du Conseil national du PAM, Fatima-Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, a évoqué la possibilité d’un soutien financier de l’Exécutif en faveur des populations touchées par les intempéries. Les pluies exceptionnelles qui se sont abattues sur plusieurs provinces du Nord ont provoqué des crues soudaines, entraînant des dégâts matériels importants et l’évacuation préventive de nombreux habitants, en particulier dans la région du Loukkos.

Dans un contexte marqué par l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, la ministre a tenu à rappeler que son département n’est pas à l’origine de ces événements météorologiques. Elle a souligné que des inondations similaires frappent régulièrement d’autres pays, citant notamment l’Espagne et la Turquie, confrontées elles aussi à des épisodes climatiques violents, parfois qualifiés de tempêtes méditerranéennes ou de dépressions exceptionnelles.

🏛️ Coordination gouvernementale et recensement des sinistrés

La responsable gouvernementale a précisé que son ministère entamera une concertation étroite avec le ministère de l’Intérieur afin de procéder à un recensement précis des populations sinistrées. Cette étape est jugée essentielle pour évaluer l’ampleur des dégâts et déterminer les mécanismes d’accompagnement les plus adaptés. L’objectif affiché est de disposer d’une cartographie claire des besoins, tant humains que matériels, afin d’apporter une réponse cohérente et rapide.

Selon Fatima-Ezzahra El Mansouri, le gouvernement envisage des solutions inspirées des précédentes expériences nationales de gestion de crise. Elle a ainsi rappelé l’intervention de l’État après le séisme d’Al Haouz, ainsi que lors des incendies de forêts dans le Nord, où des mesures d’aide et d’indemnisation avaient été déployées sous les hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. « Nous agirons comme nous l’avons fait lors de ces catastrophes, en assumant pleinement nos responsabilités », a-t-elle affirmé.

🚑 La vie humaine comme priorité absolue

Au-delà des considérations matérielles, la ministre a insisté sur une approche fondée avant tout sur la protection des vies humaines. Pour elle, la gestion des catastrophes naturelles doit d’abord s’inscrire dans une logique d’urgence et de prévention. « L’important aujourd’hui est d’épargner des vies. Une fois l’urgence passée, nous traiterons les conséquences matérielles », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de maintenir la mobilisation des autorités locales et des services de secours tant que les risques persistent.

Cette déclaration intervient alors que plusieurs quartiers de Ksar El Kébir ont connu des situations critiques, nécessitant des évacuations et une vigilance accrue. Elle reflète une volonté de replacer l’action publique dans une perspective humaine, tout en reconnaissant la complexité croissante des défis liés au changement climatique et à l’urbanisation rapide de certaines zones exposées.

🏛️ Un contexte politique marqué par la planification interne du PAM

Ces annonces ont été faites à l’issue de la 31ᵉ session du Conseil national du PAM, tenue ce samedi et consacrée à la planification des activités du parti pour les mois à venir. La participation de Fatima-Ezzahra El Mansouri, également membre de la direction collégiale du parti, a permis de lier les enjeux politiques internes aux préoccupations immédiates des citoyens, notamment celles liées à la sécurité climatique et à la solidarité nationale face aux catastrophes naturelles.

🌍 Vers une nouvelle approche des risques climatiques ?

Alors que les épisodes d’inondations tendent à se multiplier, la question de l’adaptation des politiques publiques et de la résilience des territoires reste posée. L’éventuelle indemnisation des victimes du Nord pourrait constituer un signal fort, mais elle s’inscrit dans un débat plus large sur l’anticipation des risques, l’aménagement urbain et la protection des populations vulnérables. Les prochaines décisions gouvernementales seront scrutées de près, tant par les sinistrés que par l’opinion publique, dans un contexte où les aléas climatiques redéfinissent progressivement les priorités de l’action publique.