dimanche, juin 23, 2024
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L’interview du coach de l’équipe du Maroc de futsal à la FIFA

L’INTERVIEW DU SÉLECTIONNEUR DE L’ÉQUIPE DU MAROC DE FUTSAL À LA FIFA

Alors que l’équipe du Maroc de futsal vient d’être sacrée championne d’Afrique pour la troisième fois successive, le sélectionneur de l’équipe du Maroc de futsal, Hicham Dguig s’est confié au micro de la FIFA sur plusieurs sujets dont le prochaine Coupe du Monde de Futsal en Ouzbékistan et les aspirations du Maroc qui va disputer sa quatrième Coupe du Monde de Futsal. Quarts de finaliste lors du mondial de futsal Lituanie 2021, les Marocains veulent aller le plus loin possible pour la Mondial de futsal qui aura lieu du 14 septembre au 6 octobre en Ouzbékistan

Hicham Dguig est une figure emblématique du futsal marocain. Ayant été le meneur de jeu de l’équipe nationale dans les années 2000, il occupe désormais le poste de sélectionneur, jouant un rôle central dans le développement de cette discipline qu’il affectionne particulièrement.

Dans une récente entrevue avec la FIFA, Hicham Dguig souligne l’importance tactique du poste de meneur, qui est crucial non seulement dans le futsal, mais également dans d’autres sports en salle tels que le basket-ball, le volley-ball ou le handball. En tant que tel, il est le pivot entre le terrain de jeu et l’entraîneur, ce qui l’oblige à avoir une compréhension dynamique du jeu et un amour profond pour la discipline.

Sous sa direction, le Maroc a réalisé un exploit historique en se qualifiant pour la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA pour la première fois en 2012. Cette réussite a marqué le début de ce qui est désormais connu comme la « Dguig touch ». Quatre ans plus tard, Dguig a conduit son équipe à la victoire lors de sa première participation à la Coupe d’Afrique des Nations de Futsal de la CAF, établissant ainsi la suprématie marocaine sur le continent africain.

Malgré des débuts difficiles en tant que jeune sélectionneur, le sélectionneur de l’équipe du Maroc de futsal attribue son succès à sa détermination et à sa persévérance inébranlables. Son parcours a été jalonné de défis, mais il a su tirer des leçons de chaque expérience pour devenir un entraîneur de renom et il continue de viser l’excellence.

À l’approche de la prochaine Coupe du Monde de Futsal de la FIFA en Ouzbékistan en 2024, il se prépare avec son équipe.

Dans son entretien avec la FIFA, Dguig met en lumière l’importance de la Coupe du Monde de Futsal, tout en revenant sur le récent succès de son équipe lors du championnat d’Afrique et sur les progrès du futsal au Maroc.




FIFA : Cela fait 14 ans que vous êtes à la tête de la sélection du Maroc. Quel regard portez-vous sur le développement du futsal dans votre pays ?

Hicham Dguig : « Je n’ai pas été pleinement sélectionneur durant ces 14 années. Les cinq premières années, avant la prise en charge de notre section par la Fédération Royale Marocaine, on effectuait quelques stages occasionnels en vue d’un match amical ou d’une compétition. Je dirais que la bascule a eu lieu après notre premier titre de champion d’Afrique en 2016. Nous sommes devenus plus professionnels. Nous avons enchaîné les matches internationaux pour maintenir notre niveau. On ne s’est pas reposés sur nos lauriers, c’est le plus important. On a abattu un travail colossal afin de construire une structure solide. »

FIFA : Pour la troisième fois consécutive, vous avez remporté la Coupe d’Afrique des Nations de Futsal. Quel est votre secret ?

Hicham Dguig : « Le travail, tout simplement. À l’époque où j’étais international marocain, c’était l’Égypte qui dominait le continent. J’ai toujours su qu’en tant que Marocain, on pouvait faire mieux, car nous avons un talent inné pour cette discipline. Lorsque j’ai rangé mes baskets, je suis devenu instructeur FIFA, une mission qui m’a beaucoup aidé. À travers mes tournées en Afrique, j’ai pu réunir des ingrédients qui ont construit le tacticien que je suis aujourd’hui, et cela m’a aidé à établir une vision bien claire pour développer l’équipe nationale. »

FIFA : À quel moment du tournoi vous êtes-vous dit que le trophée serait une nouvelle fois pour vous ?

Hicham Dguig : « Dès le début ! J’avais entièrement confiance dans les capacités de mon groupe. Le seul doute que j’ai pu avoir était sur le plan psychologique, car on évoluait à domicile, devant notre public. Je me suis posé la question : comment les garçons allaient gérer cette charge émotionnelle ? J’avais prévenu mes joueurs avant le tournoi, je leur avais dit que nous étions notre premier adversaire. On peut voir les erreurs qu’on a commises lors de la première mi-temps de notre entrée en lice en compétition face à l’Angola où nous avons gagné 5-2. Des erreurs dues à des sautes de concentration, finalement on s’en sort bien. On a été une équipe à réaction, car tout au long de la CAN de futsal, nous n’avons pas encaissé le moindre but lors de nos deuxièmes mi-temps. Au niveau technico-tactique, nous étions les meilleurs car on était mieux préparés que les autres sélections. »

FIFA : Le Maroc a d’ailleurs raflé tous les trophées individuels de la CAN. Le prix du meilleur joueur est revenu à Bilal Bakkali, celui de meilleur buteur à Soufian Charraoui et celui du meilleur gardien à Abdelkrim Anbia. Comment expliquez-vous cette réussite ?

Hicham Dguig : « Notre méthode, notre système de jeu repose sur le collectif. Nous n’avons pas de poste dédié à tel ou tel joueur, d’ailleurs nous évoluons sans pivot de formation. Par contre, tous les membres de l’équipe peuvent jouer en pivot. Notre jeu se base sur la rotation et la décentralisation : tout le monde attaque, tout le monde défend. C’est pour cela que les joueurs sont toujours récompensés par un prix. »

FIFA : Lors du dernier Mondial de futsal, le Maroc a été battu de justesse en quart de finale par le Brésil 1-0. Quelles leçons avez-vous tiré de cette élimination ?

Hicham Dguig : « Le Brésil est l’une des plus grandes nations de futsal de la planète, avec cinq titres de champion de monde. Il y avait cet obstacle psychologique, ils étaient plus expérimentés que nous, car c’était notre premier quart de finale. Désormais, nous sommes plus aguerris psychologiquement et on veut aller le plus loin possible. »

FIFA : Que peut-on espérer des Lions de l’Atlas pour cette Coupe du Monde de Futsal 2024 ?

Hicham Dguig : « Vu le plateau des sélections qui sera présenté à cette Coupe du Monde, on peut s’attendre à une grande opposition. On n’aura pas le temps de tergiverser, on va vite entrer dans le vif du sujet. Du point de vue du marketing, des structures, du niveau de jeu, la Coupe du Monde de Futsal n’a rien à envier à sa consœur du gazon. Je suis sûr que l’Ouzbékistan nous prépare une belle fête et nous avons hâte d’y participer. Ça va être un Mondial exceptionnel. »

FIFA : Cette édition 2024 va marquer votre quatrième participation à une Coupe du Monde. Cela vous inspire quoi ?

Hicham Dguig : « C’est mon record. Je suis fier d’être le premier tacticien à avoir qualifié sur le terrain la même sélection quatre fois de suite à un Mondial. C’est une grande satisfaction. Mon parcours à la tête du Maroc n’aurait pas pu se faire sans la confiance de la Fédération, du groupe qui m’entoure, sans oublier la politique sportive impulsée par Mohammed VI, le Roi du Maroc, grâce à laquelle nous pouvons jouir de bonnes installations et mener à bien notre mission. »

FIFA : Vous êtes l’un des grands artisans du développement du futsal au Maroc. Comment avez-vous accueilli la nouvelle de la « naissance » de la petite dernière des compétitions FIFA : la Coupe du Monde Féminine de Futsal qui aura lieu en 2025 ?

Hicham Dguig : « Je ne peux expliquer ma joie lorsque j’ai appris cette nouvelle. Il y a quelques années, j’étais à l’initiative de la création du pôle futsal au Maroc. Nous avons créé toutes les catégories d’âge chez les garçons pour cette section. Puis, nous avons mis en place la même chose pour les filles. Il était très important de suivre l’évolution de nos joueuses de près. Je me languis déjà de voir les prestations des footballeuses lors de cette Coupe du Monde Féminine qui écrira les plus belles pages de l’histoire de la FIFA. J’en suis sûr. »




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