Maroc : les réserves en eau ont atteint des niveaux exceptionnels
Les pluies abondantes qui se sont abattues ces dernières semaines sur le Royaume ont profondément changé la donne hydrique au Maroc. Après plusieurs années marquées par une sécheresse persistante et une pression croissante sur les ressources en eau, les barrages du pays enregistrent une remontée spectaculaire de leurs réserves, au point que plusieurs d’entre eux ont atteint un niveau de remplissage total, du jamais-vu depuis longtemps.
🌧️ Un retour salvateur des précipitations qui redessine la carte hydrique du Maroc
Les fortes précipitations au Maroc observées depuis le début de l’hiver ont eu un impact immédiat et massif sur les infrastructures hydrauliques nationales. Selon les chiffres officiels communiqués par le ministère de l’Équipement et de l’Eau, au moins dix barrages répartis sur plusieurs bassins hydrauliques affichent désormais un taux de remplissage de 100 %, illustrant un net redressement de la situation hydrique du pays.
Ces données, arrêtées au dimanche 11 janvier 2026, confirment une tendance lourde : les réserves en eau des barrages marocains atteignent des niveaux exceptionnels, contrastant fortement avec les mêmes périodes des années précédentes, dominées par le stress hydrique, les restrictions d’eau et les inquiétudes liées à la sécurité hydrique nationale.
💧 Le bassin du Loukkos en première ligne de cette embellie hydrique
Dans le nord du Royaume, le bassin du Loukkos se distingue par une situation particulièrement favorable. Quatre barrages majeurs y ont atteint leur capacité maximale, témoignant de l’intensité des apports hydriques enregistrés cette saison. Le barrage Oued El Makhazine, l’un des plus importants du pays avec une capacité dépassant 672 millions de mètres cubes, affiche un remplissage intégral, contre un peu plus de 73 % à la même période l’an dernier.
Cette progression spectaculaire est également observable au niveau du barrage Nakhla, infrastructure stratégique dédiée au transfert des eaux. Son taux de remplissage est passé de 46 % à 100 % en l’espace d’un an. Les barrages de Chefchaouen et Chérif Al Idrissi, respectivement dotés de capacités de 12,2 et 121,6 millions de mètres cubes, ont eux aussi atteint leur seuil maximal, consolidant la sécurité hydrique de toute la région.
🌊 De la Moulouya au Sebou, des chiffres qui confirment un redressement national
À l’est du pays, le bassin de la Moulouya n’est pas en reste. Le barrage situé sur l’oued Za, capable de stocker plus de 94 millions de mètres cubes d’eau, affiche désormais un remplissage total, une situation rare dans cette zone souvent confrontée à des déficits pluviométriques.
Le bassin du Sebou, pilier de l’agriculture marocaine, enregistre également des niveaux remarquables. Les barrages Bab Louta et Allal Al Fassi frôlent la saturation, avec des taux supérieurs à 99 %, tandis que le barrage Bouhouda a atteint les 100 %. Ces niveaux renforcent les perspectives agricoles et sécurisent l’approvisionnement en eau potable de plusieurs grandes agglomérations.
🏞️ Le Bouregreg et le Tensift au cœur des enjeux stratégiques
Dans le bassin du Bouregreg, le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, véritable poumon hydrique de l’axe Rabat-Casablanca, a atteint sa capacité maximale de plus de 974 millions de mètres cubes. Cette situation exceptionnelle a nécessité le déclenchement de transferts d’eau vers d’autres barrages du bassin afin d’optimiser la gestion des excédents et prévenir tout risque structurel.
Plus au sud, le barrage Moulay Abderrahmane, relevant du bassin du Tensift, affiche une progression tout aussi impressionnante. Son taux de remplissage est passé de 48 % l’an dernier à près de 100 % aujourd’hui, traduisant l’effet direct des précipitations soutenues sur une région longtemps affectée par la rareté de l’eau.
🌱 Souss-Massa : une bouffée d’oxygène pour une région longtemps assoiffée
Le bassin de Souss-Massa, emblématique des défis hydriques du Maroc, bénéficie également de cette dynamique positive. Le barrage Aoulouz, avec une capacité de 89 millions de mètres cubes, est désormais plein à 100 %, alors qu’il peinait à dépasser 35 % un an plus tôt. Le barrage Moulay Abdellah affiche lui aussi une progression notable, passant de 39 % à plus de 91 %.
Même les infrastructures de plus petite taille enregistrent des avancées spectaculaires. Le barrage de transfert Ahl Souss, malgré une capacité limitée à 5 millions de mètres cubes, est passé d’un taux de remplissage inférieur à 10 % à un remplissage total, confirmant l’ampleur et la généralisation de cette amélioration hydrique.
🌍 Un signal fort pour la sécurité hydrique et le développement durable
Cette remontée historique des réserves en eau constitue un tournant majeur pour la gestion des ressources hydriques au Maroc. Elle offre un répit bienvenu aux secteurs agricole, industriel et urbain, tout en renforçant la résilience du pays face aux effets du changement climatique. Si la prudence reste de mise et la gestion rationnelle de l’eau demeure une priorité stratégique, ces chiffres redonnent espoir et illustrent l’importance des investissements consentis dans les infrastructures hydrauliques nationales.
