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CAN 2025 : le pari sécuritaire réussi du Maroc selon le JDD

Pendant près d’un mois, le Maroc a vécu au rythme de la Coupe d’Afrique des nations 2025, accueillant des centaines de milliers de supporters venus d’Afrique et d’ailleurs. Derrière la ferveur populaire et l’intensité sportive, un autre match s’est joué, plus discret mais tout aussi décisif : celui de la sécurité, de l’organisation et de la maîtrise des flux humains à l’échelle d’un pays entier. Un défi relevé sans heurts majeurs, salué par de nombreux observateurs internationaux, dont Le Journal du Dimanche, qui y voit l’illustration d’un modèle marocain désormais assumé.

🏟️ CAN 2025 : quand le Maroc transforme la sécurité en vitrine stratégique

🔐 Un mois sous haute vigilance, sans fracture ni chaos

Un mois de compétition, 51 matchs, six villes hôtes, des stades pleins à craquer et des déplacements massifs de supporters : sur le papier, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de la CAN 2025 un défi sécuritaire de premier ordre. Pourtant, à l’issue du tournoi, un constat s’impose : aucun incident majeur, aucune rupture de la chaîne sécuritaire, aucune scène de désordre généralisé. Une performance que les autorités marocaines revendiquent comme le résultat d’une stratégie pensée sur le long terme, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, et non comme une simple réussite circonstancielle.

Dans ses colonnes, Le Journal du Dimanche souligne ce paradoxe apparent : une ferveur populaire constante, des foules compactes, des enjeux sportifs élevés… et pourtant une stabilité quasi totale. Pour les responsables de la sécurité publique, cette équation n’a rien d’un miracle. Elle est le fruit d’un travail entamé bien avant le coup d’envoi du premier match.

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🧠 Une organisation anticipée dès l’attribution de la CAN

Dès que la Confédération africaine de football a attribué l’organisation de la CAN au Maroc, une mobilisation transversale s’est enclenchée. Ministères, autorités locales, services de sécurité, transports, tourisme : tous les acteurs ont été réunis autour d’une même table. L’objectif était clair : penser la compétition comme un projet étatique global, où chaque détail compte, des accès aux stades jusqu’à la dispersion des foules en fin de rencontre.

Comme l’explique au JDD Zachary Hajjaj, commissaire divisionnaire à la direction générale de la sécurité publique, cette réussite n’est ni improvisée ni ponctuelle. Elle s’inscrit dans une culture de la planification et de la coordination institutionnelle affinée au fil des années. La CAN n’a fait que mettre à l’épreuve un système déjà rodé.

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🚓 Sur le terrain, un dispositif massif mais maîtrisé

Concrètement, cette stratégie s’est traduite par un déploiement humain impressionnant, ajusté selon l’importance des rencontres. Lors des matchs de l’équipe nationale marocaine, jusqu’à 4.000 policiers, épaulés par près de 2.000 agents supplémentaires, étaient mobilisés. Un dispositif visible, mais volontairement non intrusif.

L’enjeu, selon les responsables, n’était pas de saturer l’espace de forces de l’ordre, mais de garantir une expérience fluide : permettre aux supporters d’entrer dans les stades, de vivre le spectacle, puis de repartir sans jamais avoir le sentiment d’être sous surveillance permanente. Une approche qui privilégie la prévention discrète à la démonstration de force.

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🚦 La gestion des foules, cœur invisible de la réussite

Un stade de 70.000 places ne se limite pas aux 90 minutes de jeu. Il génère des flux continus avant et après les matchs, impliquant trains, TGV, tramways, bus et axes autoroutiers. À Rabat, Marrakech ou Fès, ces réseaux ont été pensés comme un système interconnecté, capable d’absorber des dizaines de milliers de personnes sans rupture urbaine.

Cette fluidité a favorisé une cohabitation souvent inédite : supporters marocains et étrangers partageant les tribunes, échangeant chants et sourires. Pour les autorités, cet esprit de vivre-ensemble fait partie intégrante de la réussite sécuritaire. Une compétition maîtrisée n’est pas seulement une compétition sans incidents, mais un événement où la diversité s’exprime sans tension.

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📡 Technologie et anticipation : la sécurité augmentée

Pour atteindre ce niveau de maîtrise, le Maroc s’est appuyé sur un arsenal technologique de pointe. Vidéoprotection urbaine, caméras haute définition dans les stades, drones de surveillance et centres de commandement interconnectés ont constitué l’épine dorsale du dispositif. À Rabat, près de 4.000 caméras sont reliées à deux centres de commandement, tandis que le stade Moulay Abdellah dispose à lui seul d’environ 800 caméras capables d’identifier des individus en temps réel.

L’objectif n’était pas seulement de surveiller, mais surtout d’anticiper. La finale, marquée par une fin de match tendue et un envahissement de pelouse, a servi de test grandeur nature. Là encore, la réactivité des équipes a permis d’éviter toute escalade.

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🚁 La question des drones et les standards internationaux

Dans un contexte mondial où la menace des drones est prise très au sérieux, le Maroc a intégré des systèmes anti-drones comparables à ceux déployés lors de la Coupe du monde 2022 ou de grands événements européens. Détection, identification, brouillage et neutralisation faisaient partie d’un protocole aligné sur les standards internationaux, sans qu’aucune menace spécifique ne soit signalée.

La visite d’inspection d’Abdellatif Hammouchi, directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, au Stade Moulay Abdellah à la veille de la finale, a illustré l’importance accordée à ce volet stratégique.

⚖️ Une réponse judiciaire rapide et pragmatique

Sur le plan judiciaire, la CAN 2025 s’est distinguée par une gestion de proximité. Les infractions sont restées marginales, avec en moyenne trois à quatre interpellations par match, principalement liées à l’usage de fumigènes ou à des problèmes de billets. Des bureaux judiciaires installés directement dans les stades ont permis de traiter ces cas sur place, évitant toute judiciarisation lourde ou médiatisation excessive.

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🌍 Un laboratoire de coopération internationale

Au-delà du cadre national, la CAN 2025 a servi de laboratoire de coopération policière internationale. À Salé, un centre de coopération africaine a réuni des officiers de liaison de 49 pays, en présence d’Interpol. Des forces européennes et nord-américaines ont également été associées au dispositif, favorisant échanges d’expertise et formations croisées.

Les États-Unis ont suivi l’expérience de près : une délégation du FBI s’est rendue au Maroc pour étudier le comportement des supporters et les dispositifs mis en place. Les Britanniques, quant à eux, se sont intéressés de près au système de Fan ID, liant billet et identité numérique, dans la perspective de l’Euro 2028.

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🌐 CAN 2025, répétition générale avant 2030

Derrière cette CAN maîtrisée, un horizon se dessine déjà : la Coupe du monde 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Les coopérations sont en place, les échanges réguliers, et les centres de coordination déjà partagés. Sécurité, transports, aéroports, hôtellerie : pour les autorités marocaines, tout doit fonctionner comme un pack global, cohérent et fiable.

Comme le résume Le Journal du Dimanche, le Maroc n’a pas seulement organisé un tournoi continental. Il a exposé un modèle de sécurité fondé sur l’anticipation, la coordination et la confiance, loin des logiques purement répressives. Une démonstration grandeur nature, avant le rendez-vous planétaire de 2030.

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