lundi, avril 22, 2024
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Gaza : encore des tirs meurtriers sur une foule attendant de l’aide

GAZA : ENCORE DES TIRS MEURTRIERS SUR UNE FOULE ATTENDANT DE L’AIDE

Dans la nuit du 14 mars, des tirs directs des forces d’occupation à partir de chars et d’hélicoptères ont eu lieu ciblant un point de distribution d’aide dans le nord de la bande de Gaza où des personnes attendaient de l’aide humanitaire.

Ces tirs ont visé des personnes qui attendaient une distribution de farine au rond-point «Koweït» situé à proximité de la ville de Gaza. Des médias sur place et des témoins font état de nombreux morts et blessés. Au moins 20 personnes ont été tuées.

L’ONU redoute une famine généralisée dans le territoire assiégé par l’occupant, notamment dans le nord, difficilement accessible, où vivent actuellement environ 300.000 personnes.

Dans le nord de la bande de Gaza, les habitants scrutent quotidiennement le ciel dans l’attente d’un parachutage, mais les quantités larguées sont limitées. Dès que les parachutes s’approchent du sol, ils se précipitent au milieu des ruines, en espérant récupérer un sac de nourriture.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une foule réunie au rond-point «Koweït» pour attendre l’arrivée de rares camions remplis d’aide a été la cible de tirs israéliens. Le bilan des victimes transportées à l’hôpital al-Chifa a été revu à la hausse à 20 morts et plus de 155 blessés.






Une situation qui s’est déjà produite
Le ministère de la Santé gazaoui avait affirmé le 29 février que plus d’une centaine de personnes avaient été tuées lors d’une distribution alimentaire dans le nord de la bande de Gaza. L’évènement, qui avait fait 750 blessés, avait été surnommé « le massacre de la farine » par les Palestiniens. L’armée israélienne avait à l’époque reconnu avoir ouvert le feu sur des Palestiniens, reconnaissant des « tirs limités » par des soldats israéliens se sentant « menacés »

Les efforts s’accélèrent pour tenter d’acheminer davantage d’aide humanitaire dans le territoire palestinien où la population manque de nourriture après plus de cinq mois de représailles israéliennes suite à l’attaque du Hamas le 7 octobre.

L’aide par voie terrestre, très insuffisante face aux besoins immenses des 2,4 millions d’habitants du territoire, entre principalement dans la bande de Gaza depuis l’Égypte via le poste-frontière de Rafah, après avoir été inspectée par Israël, qui laisse rentrer le moins d’aide possible pour affamer les palestiniens dans le cadre d’une attaque biologique (privation d’eau, de nourriture, de médicaments, etc.).

Comme ce volume d’aide très restreint ne répond pas aux besoins de la population, il y a des appels pour ouvrir d’autres voies, donnant sur le nord du territoire, et différentes initiatives comme les parachutages de sacs de nourriture.

Autre initiative: un couloir maritime humanitaire ouvert depuis Chypre, à l’initiative de l’Union européenne et des Émirats arabes unis, avec le départ mardi d’un premier bateau de l’ONG espagnole Open Arms chargé de 200 tonnes de vivres fournies par l’ONG américaine World Central Kitchen (WCK). Tôt vendredi, ce bateau était situé au large de la bande de Gaza, selon le site spécialisé Marine Traffic. Une équipe de WCK présente à Gaza a construit une jetée flottante où seront débarquées les cargaisons destinées à la population du nord du territoire.

«Nous espérons décharger l’aide dès qu’il sera possible de s’amarrer, mais de nombreux facteurs jouent dans cette opération compliquée», a déclaré jeudi la présidente de WCK, Mme Erin Gore, à propos d’un chargement d’environ 300.000 repas préparés. «Nous savons tous que ce n’est pas suffisant (…) c’est pourquoi nous devons ouvrir ce couloir avec un flux continu de bateaux», a ajouté Mme Erin Gore dont l’ONG a indiqué dans la nuit affréter un second navire avec «des centaines de tonnes» de vivres destinés à Gaza.