Le procès en appel du tiktokeur algérien Raouf Belkacemi reporté
À l’ombre des projecteurs sportifs de la CAN 2025 organisée au Maroc, certaines affaires judiciaires rappellent que l’événement continental s’inscrit aussi dans un cadre strict de respect des lois et de l’ordre public. Le dossier du tiktokeur algérien Raouf Belkacemi, condamné en première instance pour des actes jugés contraires aux bonnes mœurs et à la dignité de l’espace public, s’impose aujourd’hui comme un symbole des dérives individuelles pouvant entacher l’esprit sportif. Son procès en appel, initialement programmé à Rabat, a été reporté, prolongeant une affaire suivie de près par l’opinion publique.
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⚖️ Un procès en appel ajourné sur fond de mouvement de protestation
Le procès en appel de Raouf Belkacemi devait se tenir lundi devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Rabat. Toutefois, en raison de la grève nationale observée par les avocats, l’audience n’a pas pu se dérouler dans des conditions régulières, notamment en l’absence de son conseil. La juridiction a donc décidé de reporter l’examen de l’affaire à une date ultérieure, laissant le prévenu dans l’attente d’une nouvelle convocation judiciaire.
Cette suspension de l’audience n’a aucune incidence sur la décision rendue en première instance, qui reste pleinement applicable jusqu’à ce qu’un nouveau jugement soit prononcé en appel. En conséquence, Raouf Belkacemi demeure en détention provisoire à la prison d’El Arjat 1 à Salé, où il est incarcéré depuis le 12 janvier.
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🎥 Un influenceur au cœur d’une polémique judiciaire
Raouf Belkacemi, connu sur la plateforme TikTok, s’était rendu à Rabat à la veille du match des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 opposant l’Algérie à la République démocratique du Congo. Sa présence au stade, initialement liée à l’événement sportif, a rapidement basculé dans une affaire judiciaire après la diffusion de contenus jugés offensants et contraires aux normes sociales et juridiques marocaines.
Selon les éléments rapportés par le quotidien Al Akhbar, le tiktokeur aurait adopté un comportement provocateur en pleine enceinte sportive, prenant à partie plusieurs spectateurs et tenant des propos considérés comme injurieux et contraires à l’ordre public. Ces agissements ont été diffusés en direct sur les réseaux sociaux, conférant à l’affaire une dimension publique immédiate et amplifiant l’indignation suscitée par les images.
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🚨 Des faits qualifiés d’atteinte à la pudeur et à l’ordre public
La condamnation prononcée en première instance, le 19 janvier, repose sur des chefs d’accusation graves au regard de la législation marocaine. Raouf Belkacemi a été reconnu coupable d’atteinte publique à la pudeur, ainsi que d’insultes et de propos contraires aux bonnes mœurs et à l’ordre public. Il a écopé d’une peine de trois mois de prison ferme, assortie d’une amende de 500 dirhams.
Parmi les faits les plus marquants figurent des images le montrant en train d’uriner dans les gradins du stade, un acte qui a immédiatement provoqué son interpellation. Cette séquence, largement relayée en ligne, a été perçue comme une violation flagrante du respect dû à un lieu public et à un événement sportif d’envergure internationale.
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📱 La diffusion numérique comme élément aggravant
La particularité de cette affaire réside dans le rôle central joué par les réseaux sociaux. Le prévenu n’a pas seulement commis des actes jugés répréhensibles, il les a lui-même documentés et diffusés en temps réel, leur donnant une visibilité massive. Cette exposition volontaire a contribué à aggraver la portée de ses actes, en transformant une infraction individuelle en un contenu accessible à un large public.
Les autorités judiciaires ont ainsi considéré que la diffusion de ces images accentuait le caractère provocateur et offensant des faits reprochés, renforçant l’atteinte portée à l’ordre public et à l’image des manifestations sportives organisées au Maroc.
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🔁 Une arrestation après une première remise en liberté
Après son interpellation initiale au stade, Raouf Belkacemi avait été relâché une première fois. Cependant, la publication ultérieure de nouvelles vidéos, jugées obscènes et empreintes de propos haineux, a conduit à son arrestation définitive et à son placement en détention. Cette séquence judiciaire souligne l’importance accordée par les autorités à la responsabilité numérique des influenceurs et à l’usage qu’ils font de leur notoriété.
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⚠️ Un contexte plus large de fermeté judiciaire
Cette affaire s’inscrit dans un cadre plus global de fermeté des juridictions marocaines face aux comportements portant atteinte aux symboles nationaux, à l’ordre public ou aux valeurs de respect collectif. Un autre supporter algérien a ainsi été condamné récemment à Marrakech à huit mois de prison ferme et à une amende de 500 dirhams pour avoir publiquement déchiré un billet de banque marocain, un acte perçu comme une offense grave aux symboles monétaires nationaux.
Selon plusieurs sources judiciaires, cette peine pourrait être alourdie en appel, jusqu’à atteindre deux ans d’emprisonnement, en raison de la gravité symbolique et juridique de l’infraction commise.
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🏛️ Entre sport, droit et responsabilité individuelle
Le dossier Raouf Belkacemi met en lumière la frontière délicate entre liberté d’expression, comportement individuel et respect de l’ordre public, particulièrement dans le contexte d’un événement sportif continental comme la CAN 2025. Il rappelle que les stades, au-delà de leur dimension festive, restent des espaces soumis à la loi et à des règles strictes de conduite.
Pour les autorités marocaines, l’enjeu est double. Il s’agit à la fois de préserver l’image du pays en tant qu’hôte d’une compétition majeure et de rappeler que nul, quelle que soit sa notoriété numérique, n’est au-dessus des lois. La décision finale de la Cour d’appel sera ainsi scrutée comme un signal fort sur la manière dont la justice entend encadrer les dérives liées à l’usage des réseaux sociaux dans l’espace public.
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🔎 Une attente sous tension avant la prochaine audience
En attendant la fixation d’une nouvelle date pour son procès en appel, Raouf Belkacemi reste détenu, dans l’attente d’un éventuel réexamen de sa peine. Cette période d’incertitude judiciaire prolonge une affaire qui a largement dépassé le cadre d’un simple fait divers pour devenir un sujet de débat sur la responsabilité des influenceurs, la protection de l’ordre public et la place du respect dans les grandes manifestations sportives internationales.
