mardi, janvier 20, 2026
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Afrique : la CAN Maroc 2025 a fait tomber les masques

Elle aura laissé bien plus que des statistiques, des buts et un trophée. La Coupe d’Afrique des Nations disputée au Maroc a agi comme un miroir brutal, reflétant des tensions latentes, des non-dits persistants et une gêne profonde face à une réussite assumée. Derrière le vernis des discours convenus sur l’unité africaine, cette CAN a révélé une vérité inconfortable : le Maroc ne dérange pas par ce qu’il fait de travers, mais par ce qu’il fait mieux.

🌍⚽ CAN 2025 : quand la réussite du Maroc dérange plus que la défaite

🔍 Un procès instruit avant même le coup d’envoi

Bien avant que le ballon ne roule, le verdict semblait déjà écrit dans certains esprits. Une compétition qualifiée de « CAN sur mesure », des soupçons d’arbitrage biaisé, une organisation accusée d’être orientée au profit du pays hôte. Le Maroc, avant même de jouer, se retrouvait au banc des accusés. Peu importait la réalité du terrain ou la qualité des rencontres : l’idée d’un Maroc organisateur, structuré et ambitieux suffisait à alimenter une rhétorique de défiance.

La défaite en finale n’a en rien inversé cette dynamique. Elle l’a paradoxalement amplifiée. Car le cœur du problème n’a jamais résidé dans le résultat sportif. Il se situe ailleurs, dans ce que le Maroc représente désormais sur l’échiquier africain : un pays qui avance, qui planifie et qui assume une vision à long terme.

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🏟️ Une CAN au-delà du football

Ce qui s’est joué lors de cette édition dépasse largement les quatre lignes du terrain. Stades ultramodernes, infrastructures de transport repensées, logistique saluée par les observateurs internationaux, sécurité maîtrisée : le Maroc a livré une CAN conforme aux standards mondiaux. Là où certains attendaient l’improvisation habituelle, ils ont découvert une organisation millimétrée.

Au lieu d’être vécue comme une réussite collective pour le continent, cette performance a été perçue par une frange d’acteurs et de supporters comme une provocation. L’élévation des standards n’a pas suscité l’émulation espérée, mais une forme de crispation. Comme si montrer ce que l’Afrique peut accomplir revenait à exposer les retards de ceux qui refusent de se remettre en question.

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🎙️ La finale, théâtre des tensions accumulées

La finale a cristallisé toutes ces frustrations. Dès les conférences de presse d’avant-match, le ton était donné : insinuations, déclarations ambiguës, pression médiatique savamment orchestrée. Sur le banc comme sur la pelouse, chaque geste était scruté, interprété, instrumentalisé. Le Maroc n’était plus seulement une équipe : il devenait un symbole, celui d’un pays hôte accusé d’incarner un pouvoir jugé excessif.

Ce climat délétère n’est pas né du hasard. Il a été construit, nourri et amplifié, transformant un rendez-vous sportif majeur en tribune politique et émotionnelle. L’objectif n’était pas tant de gagner que de désigner un responsable, un coupable idéal : le Maroc.

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📱 Réseaux sociaux : la fracture à ciel ouvert

Dans les tribunes numériques, le masque est définitivement tombé. Derrière les slogans de panafricanisme et les appels à la fraternité, les rancœurs ont éclaté au grand jour. Les réseaux sociaux se sont mués en tribunaux populaires, où l’on jugeait moins le jeu que la trajectoire d’un pays. Cette CAN a exposé une Afrique parfois divisée, travaillée par des complexes de leadership, où la réussite de l’un est perçue comme l’humiliation des autres.

La réussite marocaine, au lieu d’être saluée, a souvent été accueillie par la suspicion, voire l’hostilité. La jalousie, ce sentiment rarement avoué, s’est imposée comme un fil rouge de cette édition.

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🌟 Le Maroc face à un choix stratégique

Il faut pourtant le reconnaître sans détour : le Maroc a offert au continent l’une des CAN les plus abouties de son histoire. En relevant le niveau d’exigence, il a démontré que l’Afrique peut rivaliser avec les plus grandes compétitions internationales lorsqu’elle s’en donne les moyens. Mais cette ambition a un prix : celui de déranger.

Cette CAN marque peut-être un tournant. Le Maroc doit-il continuer à porter, à justifier, à expliquer sa trajectoire à ceux qui refusent d’évoluer ? Ou assumer pleinement son chemin, sans chercher l’approbation de ceux que sa progression met mal à l’aise ?

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🧭 Une certitude gagnée, au-delà du trophée

Le message de cette Coupe d’Afrique des Nations est limpide : on ne grandit jamais sans créer des résistances. Le Maroc n’a peut-être pas soulevé le trophée, mais il a gagné une certitude précieuse : celle de savoir distinguer les soutiens sincères des tolérances contraintes, et les sourires de façade des hostilités dissimulées.

En quittant cette CAN, le Royaume repart avec une leçon stratégique : continuer d’avancer, avec constance et lucidité, sans renoncer à son ambition, mais sans se bercer d’illusions sur une fraternité africaine qui, trop souvent, se fissure à l’épreuve de la réussite.

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