Négociations Sahara : réaction officielle de l’administration Trump
Les États-Unis officialisent à Madrid la reprise des négociations sur le Sahara marocain, sous l’égide de l’ONU, après des années de blocage
Madrid relance le dossier du Sahara
Après plusieurs années d’impasse diplomatique, le dossier du Sahara dit occidental connaît un tournant notable. L’administration américaine a, pour la première fois, communiqué officiellement sur la reprise de négociations impliquant l’ensemble des parties concernées. Ces discussions, qui se tiennent depuis hier au siège de l’ambassade des États-Unis à Madrid, marquent une tentative assumée de Washington de remettre ce dossier sensible au cœur de l’agenda international, sous l’égide conjointe des États-Unis et des Nations unies.
Dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes et une fatigue diplomatique évidente, cette initiative américaine est perçue comme un signal fort. Elle vise à sortir le conflit de son enlisement et à réactiver un processus politique gelé depuis plusieurs années, tout en s’appuyant sur un cadre onusien renouvelé.
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🌍 Une annonce officielle américaine très attendue
La communication a été faite via un message publié sur la plateforme X par la mission des États-Unis auprès des Nations unies. Dans ce message, Washington précise que « des délégations de haut niveau des États-Unis et des Nations unies ont facilité des discussions à Madrid, en Espagne, avec le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, concernant la mise en œuvre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara occidental ». Cette formulation, soigneusement calibrée, confirme l’implication directe de l’administration américaine dans un processus qu’elle souhaite désormais structuré, multilatéral et orienté vers des résultats concrets.
Il s’agit d’un changement notable de posture, les États-Unis rompant avec une relative discrétion observée ces dernières années sur le volet opérationnel des négociations. En officialisant ces pourparlers, Washington envoie un message clair aux parties prenantes comme à la communauté internationale : le statu quo n’est plus considéré comme une option viable.
🏛️ Madrid, nouveau centre de gravité diplomatique
Le choix de Madrid comme lieu de ces discussions n’est pas anodin. Capitale européenne historiquement liée au dossier saharien, l’Espagne offre un cadre diplomatique jugé à la fois neutre et symboliquement pertinent. Accueillir ces négociations au sein même de l’ambassade américaine renforce par ailleurs le rôle central de Washington dans la relance du processus politique.
Les discussions réunissent les quatre parties directement impliquées dans le conflit, à savoir le Maroc, le groupe séparatiste armé qui se fait appeler polisario, l’Algérie et la Mauritanie, conformément au format préconisé par les Nations unies. Cette configuration vise à garantir une approche inclusive, condition jugée indispensable pour toute avancée durable sur un dossier aussi complexe et ancien.
👤 Un pilotage politique de haut niveau
Ces pourparlers se déroulent sous la supervision de Massad Boulos, conseiller spécial du président Donald Trump pour les affaires africaines et arabes, figure centrale de cette nouvelle séquence diplomatique. Il est épaulé par Mike Waltz, chef de la mission américaine auprès des Nations unies, ce qui souligne l’articulation étroite entre l’initiative américaine et le cadre onusien.
La présence de responsables de ce niveau traduit la volonté de l’administration Trump d’accélérer le rythme et de donner une impulsion politique forte aux discussions. L’objectif affiché est de passer d’échanges de principe à un travail plus opérationnel autour de la mise en œuvre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité, qui constitue désormais la référence juridique et politique du processus.
📜 Une reprise après des années de blocage
Ces négociations sont les premières du genre depuis plusieurs années. La dernière rencontre réunissant l’ensemble des parties remonte à mars 2019, lors des tables rondes de Genève initiées par l’ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara dit occidental, l’Allemand Horst Köhler. Le départ de ce dernier avait laissé le processus onusien sans véritable moteur, entraînant une paralysie progressive des discussions.
Depuis lors, le dossier autour des provinces du sud du Maroc a été marqué par une succession de déclarations politiques, de résolutions onusiennes et de tensions régionales, sans qu’un cadre de dialogue effectif ne soit réellement rétabli. La relance actuelle apparaît donc comme une tentative de rompre avec cette inertie diplomatique, en capitalisant sur un engagement américain plus visible.
🔎 Entre attentes politiques et prudence diplomatique
Si cette reprise des négociations suscite des attentes, elle s’accompagne également d’une grande prudence. Les positions des différentes parties restent profondément divergentes, notamment sur les questions clés liées au statut final du territoire et aux modalités d’application des résolutions onusiennes. La référence explicite à la résolution 2797 laisse toutefois entrevoir une volonté de recentrer le débat sur des paramètres définis par le Conseil de sécurité, afin de limiter les interprétations concurrentes.
Pour les observateurs, la réussite de cette initiative dépendra de la capacité des médiateurs à maintenir un équilibre délicat entre pression diplomatique et respect des lignes rouges de chaque acteur. Le rôle des États-Unis, en tant que facilitateur assumé, sera déterminant dans cette équation.
À Madrid, une nouvelle page semble s’ouvrir pour le dossier du Sahara marocain dit occidental. Reste à savoir si cette relance marquera le début d’un processus politique crédible et continu, ou si elle ne sera qu’un épisode supplémentaire dans une longue histoire de négociations avortées. Les prochains jours devraient apporter des indications précieuses sur la profondeur réelle de cet engagement diplomatique renouvelé.
« Des délégations de haut niveau des États-Unis et des Nations Unies ont facilité des discussions à Madrid, en Espagne, avec le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie concernant la mise en œuvre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Sahara occidental.«
Senior delegations from the United States and the United Nations facilitated discussions in Madrid, Spain with Morocco, Polisario Front, Algeria and Mauritania regarding the implementation of United Nations Security Council Resolution 2797 (2025) on Western Sahara.
— U.S. Mission to the UN (@USUN) February 9, 2026
