jeudi, janvier 15, 2026
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Palestine : le Maroc pressenti pour un rôle sécuritaire à Gaza

Dans un contexte régional toujours marqué par l’extrême fragilité des équilibres, Washington entend franchir un seuil décisif dans la gestion du conflit à Gaza. L’annonce officielle du lancement de la deuxième phase du cessez-le-feu ouvre une séquence complexe, où les enjeux militaires, humanitaires et politiques s’entremêlent, avec l’ambition affichée de transformer une trêve précaire en un processus de stabilisation durable.

🌍 Gaza : Washington enclenche une nouvelle phase du cessez-le-feu

Mercredi, la Maison Blanche a confirmé l’entrée dans ce qu’elle qualifie de « deuxième phase » de l’accord de cessez-le-feu à Gaza. Cette étape marque une transition stratégique, visant à sortir progressivement de la logique strictement militaire pour poser les bases d’une nouvelle architecture sécuritaire, politique et humanitaire dans l’enclave palestinienne.

Selon l’administration américaine, cette phase est pensée comme un moment charnière : elle doit empêcher le retour à une guerre ouverte tout en créant les conditions minimales d’une gouvernance fonctionnelle à Gaza. Les États-Unis redoutent en effet qu’un enlisement ou un retard dans la mise en œuvre des engagements ne fasse basculer à nouveau la région dans une spirale de violence, comme l’ont confié à Axios plusieurs responsables américains.

🕊️ De la trêve militaire à la refonte politique 🔄

Au cœur de cette deuxième phase figure un triptyque sensible : démilitarisation du Hamas, retrait progressif des troupes israéliennes et installation d’une gouvernance palestinienne technocratique. L’objectif affiché est clair : rompre avec les schémas de confrontation armée pour introduire une gestion civile, apolitique et transitoire de Gaza.

C’est dans cet esprit que l’Égypte a annoncé, à l’issue d’une réunion tenue au Caire, la création d’un comité technocratique palestinien. Dirigé par Ali Shaath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne, cet organe sera composé exclusivement de personnalités originaires de Gaza, afin de renforcer sa légitimité locale et d’éviter toute perception d’ingérence extérieure directe.

🚨 Humanitaire : des avancées fragiles dans un paysage dévasté

Sur le terrain humanitaire, les signaux restent contrastés. Les Nations unies ont indiqué que, pour la première fois depuis 2023, les besoins alimentaires de base de la population de Gaza sont désormais couverts. Une avancée significative, saluée par les agences internationales, mais qui ne masque pas l’ampleur des destructions.

La crise du logement demeure en effet critique. La quasi-totalité des habitants de l’enclave ont été déplacés, et des centaines de milliers de civils vivent toujours sous des tentes ou dans des abris précaires. Israël continue de restreindre l’entrée de grandes structures d’hébergement, invoquant des impératifs sécuritaires, ce qui complique toute perspective de stabilisation à court terme.

🇺🇸 La Maison Blanche veut « créer une dynamique » ⚖️

Face à ces fragilités, Washington assume une posture volontariste. « Aujourd’hui, au nom du président Trump, nous annonçons le lancement de la deuxième phase du plan en 20 points du président pour mettre fin au conflit de Gaza, passant du cessez-le-feu à la démilitarisation, à la gouvernance technocratique et à la reconstruction », a déclaré Steve Witkoff, envoyé spécial de la Maison Blanche.

Le ton est toutefois ferme. L’administration américaine a averti que tout manquement du Hamas à ses engagements, notamment concernant la restitution de la dépouille du dernier otage israélien décédé, entraînerait de graves conséquences. Un message qui souligne la fragilité de l’accord et la persistance d’une forte tension sous-jacente.

🛡️ Sécurité : le Maroc pressenti pour un rôle clé 🌐

L’un des dossiers les plus sensibles de cette deuxième phase concerne la sécurité post-conflit. Les États-Unis n’ont pas encore officialisé la composition de la Force internationale de stabilisation appelée à sécuriser Gaza durant la période de transition. Toutefois, selon des sources américaines citées par Axios, le Maroc figure parmi les pays pressentis pour y contribuer, aux côtés notamment de l’Indonésie.

Cette éventuelle participation marocaine n’est pas anodine. Elle reflète la confiance accordée à Rabat et son positionnement croissant comme acteur crédible, modéré et expérimenté dans les dossiers régionaux sensibles. Le Royaume bénéficie d’une reconnaissance internationale pour son engagement dans les missions de maintien de la paix, ainsi que pour son approche diplomatique pragmatique au Moyen-Orient.

🇲🇦 Le Royaume, un acteur de stabilisation reconnu

Si elle se concrétise, la contribution du Maroc s’inscrirait dans la continuité de son engagement en faveur de la stabilité régionale et du multilatéralisme. Rabat a, au fil des années, consolidé une image d’interlocuteur fiable, capable de conjuguer neutralité, efficacité opérationnelle et sensibilité politique dans des contextes hautement inflammables.

Pour Washington, miser sur des partenaires comme le Maroc répond à une double logique : garantir une force perçue comme équilibrée par les parties locales, tout en évitant une implication directe trop lourde des grandes puissances occidentales sur le terrain.

🏛️ Vers un Conseil de la paix international 🌱

Dans les prochains jours, la Maison Blanche devrait également annoncer la création officielle du « Conseil de la paix », un organe chargé de superviser à la fois le comité technocratique palestinien et le vaste chantier de reconstruction de Gaza. Plusieurs pays ont déjà reçu des invitations pour y siéger, signe d’une volonté d’internationaliser la gestion de l’après-guerre.

Le président Donald Trump devrait présider la première réunion de ce Conseil la semaine prochaine, en marge du Forum économique mondial de Davos. Une séquence diplomatique très attendue, qui pourrait donner le ton d’une nouvelle phase du processus de paix, encore fragile mais désormais clairement engagée.