mardi, janvier 13, 2026
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Le Maroc est enfin sorti du cycle de sécheresse qui a duré 7 ans

Porté par un retour spectaculaire des précipitations et une couverture neigeuse sans précédent, le Maroc tourne progressivement la page de plusieurs années de sécheresse. Les indicateurs hydriques, longtemps dans le rouge, affichent désormais une nette amélioration, confirmant un changement de cycle climatique aux conséquences majeures pour la sécurité hydrique du Royaume.

🌧️❄️ Un retournement climatique majeur après des années de stress hydrique

Face aux députés, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants le 12 janvier 2026, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a dressé un tableau inédit de la situation hydrologique nationale. Depuis le début de la saison hydrologique, le 1er septembre 2025, le Royaume a enregistré un cumul pluviométrique de 108 mm, un niveau qualifié de largement excédentaire par rapport aux références historiques.

Ce volume représente un surplus de 95 % par rapport à la même période de l’année précédente et un excédent de 17,6 % par rapport à la moyenne climatique habituelle. Un renversement de tendance qui tranche avec les épisodes répétés de déficit pluviométrique ayant marqué la dernière décennie.

💧📈 Le Maroc officiellement sorti du cycle de sécheresse

Sur la base de ces données, le ministre a affirmé que le Maroc est désormais sorti du cycle de sécheresse. Pour rappel, une année est considérée comme sèche lorsque les précipitations accusent un déficit supérieur à 20 % par rapport à la normale. Or, la situation actuelle présente non seulement un rééquilibrage, mais un excédent net.

Cette amélioration structurelle intervient dans un contexte où la pression sur les ressources en eau demeure forte, notamment sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et des besoins agricoles. Elle n’en constitue pas moins un signal fort, à la fois sur le plan climatique et stratégique.

🏔️🌨️ Une couverture neigeuse record aux effets déterminants

Aux pluies abondantes se sont ajoutées des chutes de neige exceptionnelles, tant par leur intensité que par leur étendue. Selon les chiffres communiqués, la surface couverte par la neige a atteint 55.495 km², un record à l’échelle nationale. Dans certaines zones montagneuses dépassant les 2.500 mètres d’altitude, les hauteurs ont oscillé entre un et deux mètres, alimentant durablement les nappes phréatiques et les cours d’eau.

Cette couverture neigeuse joue un rôle clé dans la régulation des ressources hydriques, en assurant une alimentation progressive des barrages et des bassins versants au fil de la fonte.

🚰🏞️ Les barrages retrouvent des niveaux inédits

Conséquence directe de ces apports hydriques, le taux de remplissage des barrages a connu une hausse spectaculaire. Il est passé de 31 % au 12 décembre 2025 à 46 % au 12 janvier 2026, totalisant désormais 7,7 milliards de mètres cubes de réserves en eau. À la même période l’an dernier, ce taux ne dépassait pas 28 %.

Depuis le 1er septembre, le gain net est estimé à 3,5 milliards de mètres cubes, dont 3,1 milliards engrangés sur le seul mois écoulé entre décembre et janvier. Une dynamique suffisamment forte pour contraindre les autorités à procéder à des vidanges partielles sur 37 barrages, ayant atteint ou dépassé leur seuil maximal de retenue.

🌍🔎 Des bassins hydrauliques largement revitalisés

Sur les huit bassins hydrauliques du Royaume, seuls deux affichent encore des niveaux modestes. Ailleurs, plusieurs ouvrages enregistrent des taux de remplissage compris entre 80 % et 100 %, traduisant une amélioration généralisée de la situation hydrique.

Grâce à ces apports, le Maroc a sécurisé, en moyenne, l’équivalent d’une année de consommation nationale d’eau potable, offrant une marge de manœuvre stratégique face aux incertitudes climatiques futures.

⚙️🌊 Dessalement et transferts inter-bassins : la stratégie se poursuit

Malgré ce répit hydrique, les autorités entendent maintenir le cap des réformes structurelles. Le ministre a confirmé la poursuite du programme de dessalement de l’eau de mer, avec des projets en cours ou programmés à Nador, Driouch, Tanger, et prochainement à Tiznit, Guelmim, Tan-Tan et Rabat.

Parallèlement, le chantier stratégique du transfert interbassins, mené conformément aux orientations royales, entrera dans une phase décisive en 2026, avec le lancement des raccordements entre les bassins du Sebou, du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia, afin de mieux redistribuer les excédents hydriques.

🏗️💦 Barrages : un programme d’envergure maintenu

Sur le volet des infrastructures, quatorze grands barrages sont actuellement en cours de réalisation, dont cinq devraient être achevés en 2026. À cela s’ajoutent 155 petits barrages et barrages collinaires, avec déjà 40 ouvrages opérationnels et 40 autres attendus cette année, avant la finalisation du programme en 2027.

Le ministre est également revenu sur le projet de liaison entre les barrages de Khroufa et Oued El Makhazine. Des contraintes techniques ont ralenti l’avancement des travaux, limitant le taux de réalisation à 24 %, mais des solutions sont en cours pour lever ces obstacles et relancer le chantier.

🌱🇲🇦 Un répit climatique, mais une vigilance permanente

Si les chiffres confirment une amélioration historique des ressources en eau au Maroc, les autorités insistent sur la nécessité de rester vigilants. Le changement climatique demeure une réalité structurelle, imposant une gestion prudente, anticipative et durable de la ressource hydrique.

Ce retour de l’eau, aussi salutaire soit-il, n’est pas une fin en soi, mais une opportunité stratégique pour renforcer la résilience hydrique du Royaume et consolider les bases d’un développement durable à long terme.