jeudi, février 22, 2024
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Automobile : l’Algérie souhaite rivaliser avec le Maroc

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AUTOMOBILE : L’ALGÉRIE SOUHAITE RIVALISER AVEC LE MAROC

L’Algérie a manifesté son ambition de concurrencer le Maroc en renforçant ses investissements dans le secteur automobile, cherchant ainsi à récupérer le terrain perdu au fil des années. Dans cette perspective, une nouvelle usine Fiat a été érigée à Oran, à l’ouest du pays, nécessitant un investissement substantiel de 200 millions d’euros. L’objectif de cette initiative était de démontrer les opportunités attractives qu’elle pouvait offrir aux investisseurs étrangers.

Cette usine d’assemblage a été achevée de manière remarquable en seulement un an, dotée d’une capacité de production de 90 000 voitures par an, comme l’a affirmé Carlos Tavarez, le PDG du groupe automobile multinational franco-italo-américain Stellantis, résultant de la fusion des groupes PSA Peugeot-Citroën et Fiat Chrysler Automobiles. Initialement, elle débutera sa production avec 50 000 voitures par an, pour atteindre un volume de 80 000 voitures d’ici 2026, conformément aux explications fournies par Ali Aoun, le ministre algérien de l’Industrie.

La décision prise par le président Abdelmajdid Tebboune de fermer les usines en Algérie, arguant qu’elles « se contentaient de mettre des roues » en échange d’avantages fiscaux substantiels, a eu des répercussions négatives sur des acteurs majeurs tels que Nissan. Cette entreprise avait annoncé en 2019 son intention d’établir une usine en Algérie, avec un investissement estimé à environ 160 millions d’euros.

Outre ces défis, les obstacles liés aux procédures bureaucratiques laborieuses et l’absence de garanties en matière de droits judiciaires ont également entravé la croissance de l’industrie automobile en Algérie. Afin de revitaliser ce secteur, l’Algérie cherche aujourd’hui à adopter une nouvelle stratégie, mais elle se trouve confrontée à une concurrence féroce de la part de pays voisins tels que le Maroc.

Le Maroc jouit actuellement du statut de plus grand centre de production automobile en Afrique, devenant le leader incontesté dans la région de l’Afrique du Nord et du Maghreb. Avec un fort taux d’intégration, avec plus de 250 équipementiers automobiles, dont de nombreuses filiales d’entreprises étrangères, le secteur emploie environ 220 000 personnes.

Selon les données de l’Office des changes, les exportations du secteur automobile marocain ont enregistré une croissance significative, atteignant près de 116,38 milliards de dirhams à fin octobre 2023, soit une augmentation de 30,5% par rapport à la même période de l’année précédente.




En conclusion, l’Algérie s’engage résolument dans une course effrénée pour renforcer sa position dans le secteur automobile et rivaliser avec des acteurs régionaux, notamment le Maroc. L’implantation rapide de la nouvelle usine Fiat à Oran représente un premier pas significatif, démontrant la volonté du pays de reconquérir sa place sur la scène automobile. Toutefois, les défis passés, tels que la fermeture d’usines et les obstacles bureaucratiques, soulignent la complexité du chemin à parcourir. L’Algérie aspire à adopter une nouvelle stratégie, mais la concurrence avec le Maroc, devenu un leader incontesté dans la production automobile en Afrique du Nord, impose des défis considérables. Le Maroc, fort de plus de 250 équipementiers automobiles et d’une croissance significative de ses exportations, demeure un modèle à suivre dans la région. L’avenir de l’industrie automobile en Algérie dépendra donc de la capacité du pays à surmonter ces obstacles et à mettre en œuvre une stratégie efficace pour attirer les investissements et stimuler la croissance du secteur.