mercredi, février 11, 2026
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Les États-Unis accentuent la pression sur l’Algérie

Sahara marocain : Washington accentue la pression sur l’Algérie, soutient l’autonomie et met en garde contre les alliances avec la Russie et les terroristes du polisario

Les négociations discrètes tenues à Madrid autour de la question du Sahara marocain (dit occidental) ont ravivé les prises de position tranchées à Washington. Dans la foulée de ces discussions, plusieurs responsables américains ont publiquement exprimé leur lecture stratégique du dossier, mêlant enjeux régionaux, rivalités internationales et rapports de force géopolitiques. Au cœur de ces déclarations, l’Algérie, le Maroc et le rôle croissant des États-Unis dans un conflit qui dépasse désormais le strict cadre nord-africain.

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🌍 Madrid, nouveau théâtre diplomatique du dossier du Sahara marocain

Les récentes négociations organisées au siège de l’ambassade des États-Unis à Madrid ont marqué une nouvelle étape dans les efforts diplomatiques autour du Sahara dit occidental marocain, un dossier ancien mais toujours hautement sensible. Sous l’impulsion de l’administration Trump, ces pourparlers visent à relancer un processus politique enlisé depuis plusieurs années, en tentant de rapprocher les positions du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du groupe séparatiste qui se fait appeler Polisario.

C’est dans ce contexte que le sénateur républicain Joe Wilson est sorti de sa réserve habituelle pour saluer publiquement ce qu’il qualifie d’« efforts remarquables en faveur de la paix entre le Maroc et l’Algérie ». Dans un message publié sur la plateforme X, l’élu américain n’a pas hésité à inscrire cette initiative dans un cadre géopolitique beaucoup plus large, estimant qu’un règlement du conflit pourrait contribuer à « chasser le criminel de guerre Vladimir Poutine d’Afrique du Nord », faisant ainsi le lien entre le conflit artificiel savamment entretenu par le régime algérien autour des provinces du sud du Maroc et l’influence russe sur le continent africain.

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🇺🇸 Un message direct de Washington à Alger

« Nous sommes reconnaissants envers le président Trump et l’envoyé spécial Witkoff pour leurs efforts incroyables visant à encourager la PAIX entre le Maroc et l’Algérie, ce qui pourrait contribuer à expulser le criminel de guerre Poutine d’Afrique du Nord. À la grande nation algérienne — vous avez tout intérêt à entretenir une relation FORTE avec les États-Unis, qui peuvent vous offrir tant sur les plans économique et militaire. Il n’y a pas d’autre solution pour l’Algérie que de se débarrasser des terroristes communistes du Polisario qui déstabilisent le Maroc et tentent d’établir un État marxiste dans le désert, et de soutenir au contraire la juste solution de l’autonomie pour le peuple sahraoui. Si vous abandonnez Nous sommes reconnaissants envers le président Trump et l’envoyé spécial Witkoff pour leurs efforts incroyables visant à encourager la PAIX entre le Maroc et l’Algérie, ce qui pourrait contribuer à expulser le criminel de guerre Poutine d’Afrique du Nord. À la grande nation algérienne — vous avez tout intérêt à entretenir une relation FORTE avec les États-Unis, qui peuvent vous offrir tant sur les plans économique et militaire. Il n’y a pas d’autre solution pour l’Algérie que de se débarrasser des terroristes communistes du Polisario qui déstabilisent le Maroc et tentent d’établir un État marxiste dans le désert, et de soutenir au contraire la juste solution de l’autonomie pour le peuple sahraoui. Si vous abandonnez vos copains criminels de guerre Poutine, le régime terroriste iranien et le tyran Kaïs Saïed, il pourrait y avoir un bel avenir pour l’Algérie  et son peuple incroyable !, le régime terroriste iranien et le tyran Kaïs Saïed, il pourrait y avoir un bel avenir pour l’Algérie  et son peuple incroyable !« 

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🏜️ Le Polisario au cœur de la controverse américaine

Le ton employé par Joe Wilson à l’égard du groupe séparatiste armé Polisario est particulièrement dur. Le sénateur considère que l’Algérie n’a « d’autre choix » que de se désengager de ce mouvement qu’il qualifie de « terroristes communistes », accusés de déstabiliser le Maroc et de chercher à imposer un projet d’« État marxiste dans le désert ». Ces propos s’inscrivent dans une ligne politique assumée par une partie du Congrès américain, de plus en plus critique envers les mouvements armés non étatiques soutenus par des puissances rivales des États-Unis.

Joe Wilson est d’ailleurs co-auteur, aux côtés du député démocrate Jimmy Panetta, d’un projet de loi visant à classer le Polisario comme organisation terroriste. Une initiative législative lourde de conséquences potentielles, qui, si elle aboutissait, bouleverserait profondément l’équilibre diplomatique autour du Sahara et isolerait davantage le mouvement séparatiste sur la scène internationale.

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🤝 L’autonomie marocaine présentée comme seule issue viable

Dans ses déclarations, le sénateur républicain réaffirme sans ambiguïté son soutien à la solution d’autonomie proposée par le Maroc pour le Sahara. Cette option est décrite comme une « juste solution » permettant de garantir les droits et la dignité des populations sahraouies tout en préservant la stabilité régionale. Cette position rejoint celle défendue par plusieurs cercles décisionnels à Washington, qui voient dans l’initiative marocaine un compromis réaliste et pragmatique face à un conflit artificiel prolongé. Ça fait un demi-siècle que ça dure !

Pour Joe Wilson, l’abandon du soutien au Polisario par Alger constituerait non seulement un signal d’apaisement régional, mais également une rupture nette avec ce qu’il qualifie d’« alliances toxiques », faisant explicitement référence à la Russie de Vladimir Poutine, à l’Iran et à certains régimes jugés hostiles aux intérêts occidentaux.

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🛩️ Les inquiétudes américaines sur le rapprochement algéro-russe

Ces déclarations interviennent dans un climat déjà tendu entre Washington et Alger. Une semaine avant la sortie médiatique de Joe Wilson, Robert Palladino, chef du Bureau des affaires du Proche-Orient au Département d’État américain, a exprimé ses préoccupations devant la Commission des affaires étrangères du Sénat. Le diplomate s’est dit alarmé par les informations faisant état de l’acquisition par l’Algérie de nouveaux avions de chasse russes, dans un contexte de sanctions occidentales visant Moscou. Les États-Unis ont menacé de sanctions l’Algérie après l’achat de ces avions, invoquant la loi CAATSA.

Cette coopération militaire renforcée avec la Russie alimente, côté américain, les soupçons d’un alignement stratégique algérien contraire aux intérêts de sécurité régionale défendus par Washington. Elle renforce également l’idée, au sein du Congrès, que le dossier du Sahara dit occidental ne peut plus être dissocié des grands équilibres géopolitiques mondiaux.

🔍 Vers une reconfiguration des rapports de force au Maghreb

Les prises de position américaines récentes traduisent une évolution notable du discours de Washington sur le Maghreb. Le conflit du Sahara occidental n’est plus perçu uniquement comme un différend artificiel régional, mais comme un levier stratégique dans la compétition globale entre grandes puissances. Dans cette lecture, le Maroc apparaît comme un partenaire clé, tandis que l’Algérie est invitée à clarifier ses choix diplomatiques.

Reste à savoir si ces pressions publiques et ces signaux politiques suffiront à infléchir la position algérienne. Entre considérations de souveraineté, équilibres internes et alliances historiques, Alger se trouve face à une équation complexe. Les prochains mois, marqués par la poursuite des discussions internationales et l’évolution des rapports entre grandes puissances, pourraient s’avérer décisifs pour l’avenir du dossier saharien et pour la stabilité durable du Maghreb.