Maroc : des changements pour le permis de conduire
À l’heure où la sécurité routière au Maroc demeure un enjeu majeur de politique publique, l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (NARSA) prépare une réforme d’envergure du permis de conduire marocain. Objectif affiché : moderniser un système jugé perfectible, renforcer la qualité de la formation des conducteurs et introduire une transformation numérique attendue de longue date par les professionnels du secteur comme par les candidats.
🚗 Un tournant stratégique pour le permis de conduire au Maroc
Le processus d’obtention du permis de conduire au Maroc est sur le point de connaître une évolution structurelle majeure. La NARSA a finalisé les grandes lignes d’un nouveau cadre juridique qui vise à revoir en profondeur le parcours des candidats. Cette réforme s’inscrit dans une logique de mise à niveau du système national, en cohérence avec les standards internationaux en matière de formation à la conduite et de prévention des accidents de la route.
Au cœur de ce projet figure une mesure centrale : la dissociation complète entre l’examen théorique du Code de la route et la formation pratique à la conduite. Une approche qui rompt avec le modèle actuel, dans lequel les deux étapes sont souvent menées de manière concomitante, parfois au détriment de l’assimilation réelle des règles de circulation.
📘 Le Code de la route comme préalable obligatoire
Dans le nouveau dispositif envisagé, le candidat devra impérativement réussir l’examen théorique avant d’accéder à toute formation pratique. Concrètement, l’obtention du Code de la route deviendrait un prérequis formel, conditionnant l’inscription aux heures de conduite. Cette orientation vise à garantir que chaque apprenant dispose d’une base solide de connaissances réglementaires avant de prendre le volant, renforçant ainsi la sécurité dès les premières séances de conduite.
Une fois la phase pratique achevée, le candidat devra effectuer une nouvelle démarche pour programmer son examen pratique du permis de conduire, marquant une séparation nette entre les différentes étapes du parcours. Cette structuration vise à responsabiliser davantage les candidats et à professionnaliser le suivi pédagogique.
🖥️ Numérisation des démarches et nouvelle plateforme digitale
Au-delà de l’aspect pédagogique, la réforme portée par la NARSA introduit une transformation numérique ambitieuse. Une plateforme digitale dédiée aux auto-écoles est en cours de développement. Ce portail permettra de gérer à distance les prises de rendez-vous, les demandes d’autorisation et l’ensemble des démarches administratives liées au permis de conduire, sans passage physique par les centres d’immatriculation.
Cette dématérialisation devrait alléger considérablement la charge administrative pesant sur les auto-écoles, tout en améliorant la transparence, la traçabilité et les délais de traitement. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de digitalisation des services publics liés à la mobilité et à la sécurité routière.
🤝 Concertation avec les professionnels du secteur
La réforme ne sera pas imposée sans dialogue. Elle sera présentée officiellement lors d’une réunion prévue mercredi prochain entre Benacer Boulaajoul, directeur de la NARSA, et la Fédération Marocaine des instructeurs. Cette rencontre vise à recueillir les avis des professionnels de terrain, à ajuster les modalités pratiques et à anticiper les impacts économiques et organisationnels pour les auto-écoles.
Plusieurs aspects techniques restent d’ailleurs ouverts à la discussion, notamment la durée de validité de la réussite au Code de la route ou encore le nombre de tentatives autorisées pour l’examen pratique. Ces paramètres seront déterminants pour l’équilibre du futur système et pour son acceptation par l’ensemble des acteurs.
🛣️ Vers un permis plus exigeant et plus sécurisé
À travers cette réforme, la NARSA ambitionne de faire évoluer le permis de conduire marocain vers un modèle plus exigeant, mieux structuré et davantage axé sur la sécurité. Dans un contexte marqué par un taux élevé d’accidents de la circulation, l’amélioration de la qualité de la formation des conducteurs apparaît comme un levier essentiel pour réduire les risques sur les routes.
Si elle est mise en œuvre dans de bonnes conditions, cette refonte pourrait marquer un tournant durable dans la politique de sécurité routière au Maroc, en instaurant une culture de la conduite plus responsable et plus conforme aux exigences modernes. Reste à savoir comment ces changements seront accueillis par les candidats et les professionnels, et dans quels délais ils entreront concrètement en application.
