mardi, janvier 20, 2026
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Incidents finale CAN : 19 personnes en garde à vue prolongée

L’euphorie d’une finale continentale suivie par des millions de téléspectateurs a brutalement laissé place à une séquence judiciaire lourde de symboles. Au lendemain des incidents ayant émaillé la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal, disputée au complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat, l’appareil judiciaire marocain s’est mis en branle pour traiter des actes de violence survenus en marge de l’événement. Une affaire sensible, à la croisée du sport, de la sécurité publique et de l’État de droit.

⚖️🏟️ Incidents de la finale de la CAN Maroc 2025 : la justice marocaine serre l’étau

🚨 Une garde à vue prolongée au cœur de l’enquête

Mardi, le parquet près le tribunal de première instance de Rabat a décidé de prolonger la garde à vue des supporters sénégalais interpellés à la suite des débordements constatés lors de la finale de la CAN Maroc–Sénégal. Selon des sources judiciaires concordantes, cette mesure concerne 19 personnes dont un ressortissant algérien. Initialement attendus devant le procureur du Roi dans la journée de mardi, les suspects seront finalement déférés mercredi, le temps pour les autorités judiciaires de finaliser plusieurs éléments clés du dossier.

Cette prolongation, loin d’être une simple formalité, traduit la volonté du parquet de disposer d’un tableau exhaustif des faits avant toute décision de poursuite. Elle s’inscrit dans une approche méthodique visant à qualifier juridiquement des actes commis dans un contexte de forte tension émotionnelle, mais aux conséquences bien réelles.

🩺 Témoignages médicaux et dégâts matériels au cœur du dossier

Au centre des investigations figurent les certificats médicaux délivrés aux agents de sécurité et aux stadiers, victimes d’agressions lors des troubles. Ces documents sont déterminants pour évaluer la gravité des violences subies et, par ricochet, la nature exacte des infractions reprochées aux mis en cause. Parallèlement, les autorités attendent la liste définitive des dégâts matériels occasionnés à l’intérieur et aux abords du stade, un élément essentiel pour apprécier l’ampleur des actes de vandalisme.

Les interpellations ont été effectuées à l’issue d’une enquête minutieuse menée par la police judiciaire, sur instructions directes du parquet compétent. Les enquêteurs se sont notamment appuyés sur les images captées par les caméras de surveillance installées dans l’enceinte sportive, permettant d’identifier avec précision les individus impliqués dans les violences.

📜 Des qualifications pénales lourdes de conséquences

Les personnes arrêtées devraient être poursuivies pour une série d’infractions graves, parmi lesquelles figurent les troubles à l’ordre public, les actes de vandalisme, les violences contre des fonctionnaires publics, l’incitation à l’émeute et l’atteinte à la sécurité publique. Ces faits relèvent juridiquement du cadre spécifique des violences commises lors de manifestations sportives, tel que défini par la loi n°09.09 de 2011, venue compléter le Code pénal marocain.

Les articles 308-1 à 308-7 du Code pénal encadrent strictement ce type de comportements. Ils sanctionnent toute participation, directe ou indirecte, à des actes de violence, d’agression ou de dégradation de biens, qu’ils surviennent à l’intérieur des stades, dans leurs abords immédiats ou sur la voie publique. Les peines prévues varient selon la gravité des faits, allant de trois mois à cinq ans d’emprisonnement, assortis d’amendes pouvant atteindre 20.000 dirhams, avec un durcissement notable en cas d’usage d’objets dangereux ou lorsque les violences entraînent des blessures sérieuses.

⚠️ Quand la violence sportive bascule dans le crime

Le législateur marocain prévoit également des dispositions encore plus sévères lorsque les violences causent des conséquences graves. En renvoyant explicitement à l’article 403 du Code pénal, la loi établit un seuil critique : lorsque des coups volontaires entraînent la mort sans intention de la donner, les peines peuvent aller de dix à vingt ans de prison. En cas de préméditation, de guet-apens ou d’usage d’arme, la sanction peut aller jusqu’à la réclusion à perpétuité.

Ce cadre juridique rappelle que les violences dans les stades ne sauraient être réduites à de simples débordements émotionnels. Elles peuvent constituer des infractions pénales majeures, engageant lourdement la responsabilité de leurs auteurs.

🏛️ Préserver l’ordre public et l’image du Royaume

Au-delà des faits eux-mêmes, cette affaire illustre la détermination des autorités à préserver la sécurité des citoyens, à protéger les forces chargées du maintien de l’ordre et à défendre l’image du Maroc en tant que pays hôte d’événements sportifs internationaux d’envergure. Dans un contexte où la CAN 2025 a été saluée pour son organisation et sa qualité logistique, la réponse judiciaire vise à affirmer la primauté de l’État de droit, y compris face aux dérives survenant lors de moments de forte ferveur populaire.

La justice, en traitant ces incidents avec rigueur, envoie un message clair : la passion du football ne saurait justifier la violence, et les enceintes sportives doivent demeurer des espaces de célébration, non des théâtres d’affrontements.