Affaire Epstein : Jack Lang contraint à démissionner de l’IMA
Jack Lang démissionne de la présidence de l’Institut du monde arabe après l’ouverture d’une enquête judiciaire liée aux révélations de l’affaire Epstein
Figure emblématique de la vie culturelle et politique française, Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, après l’ouverture d’une enquête judiciaire et une forte pression de l’exécutif. Cette décision marque un tournant pour une institution clé de la diplomatie culturelle française, éclaboussée par les répercussions de l’affaire Jeffrey Epstein, dont les ramifications continuent de secouer les sphères politiques et culturelles internationales.
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📰 Une démission devenue inévitable
Après plusieurs jours de silence et de dénégations, l’ancien ministre de la Culture a finalement acté son départ samedi, dans un contexte devenu politiquement et médiatiquement intenable. Âgé de 86 ans, Jack Lang a adressé une lettre officielle au ministre français des Affaires étrangères, dans laquelle il annonce son intention de remettre sa démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire de l’IMA. Une volte-face notable, alors qu’il excluait encore cette option quelques jours auparavant, affirmant vouloir rester à son poste.
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🏛️ L’Élysée et le Quai d’Orsay montent au créneau
Selon des sources gouvernementales, les services du président Emmanuel Macron avaient exhorté Jack Lang à « penser à l’institution » qu’il dirigeait, soulignant la nécessité de préserver la crédibilité et l’image de l’IMA. Samedi soir, l’Élysée a indiqué « prendre acte de la démission », marquant ainsi une volonté de tourner rapidement la page. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dont le ministère exerce la tutelle de l’Institut du monde arabe, a annoncé l’ouverture immédiate de la procédure de désignation d’une présidence par intérim, afin d’assurer la continuité de la gouvernance.
⚖️ L’ombre persistante de l’affaire Epstein
Au cœur de cette crise figure la publication, le 30 février aux États-Unis, de nouveaux documents judiciaires liés à l’affaire Jeffrey Epstein, financier américain condamné pour crimes sexuels. Ces dossiers mentionnent le nom de Jack Lang à 673 reprises, révélant des échanges et des liens d’intérêt avec Epstein. Si aucune mise en cause pénale directe ne vise à ce stade l’ancien ministre, ces révélations ont ravivé les interrogations sur la nature de ses relations avec le financier et ont suffi à déclencher une tempête politique.
🔍 Une enquête financière en cours
Vendredi, le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, visant Jack Lang ainsi que sa fille, Caroline Lang. Cette procédure judiciaire, encore à un stade préliminaire, ajoute une dimension judiciaire lourde à une affaire déjà explosive sur le plan médiatique. Dans sa correspondance au Quai d’Orsay, l’ex-ministre assure que « les accusations portées à mon encontre sont inexactes » et affirme sa détermination à démontrer son innocence.
🎭 Un parcours prestigieux désormais fragilisé
Ancienne figure du Parti socialiste, ministre de la Culture sous la présidence de François Mitterrand, Jack Lang a marqué durablement la politique culturelle française, notamment en lançant la Fête de la musique, devenue un événement mondial. À la tête de l’IMA depuis 2013, il incarnait l’ouverture culturelle et le dialogue entre la France et le monde arabe. Son départ contraint laisse une empreinte contrastée : celle d’un héritage culturel majeur, désormais assombri par une affaire aux ramifications internationales.
🌍 L’Institut du monde arabe à la croisée des chemins
Créé en 1980, l’Institut du monde arabe, fondation de droit privé, est un instrument stratégique de la diplomatie culturelle française. L’épisode Jack Lang pose la question de sa gouvernance future et de la nécessité de restaurer rapidement la confiance auprès de ses partenaires et du public. La nomination d’une direction intérimaire devra permettre à l’institution de poursuivre ses missions culturelles, scientifiques et diplomatiques, tout en se tenant à distance des controverses personnelles.
Alors que la justice suit désormais son cours et que l’IMA entame une nouvelle phase de transition, cette affaire rappelle combien les institutions culturelles restent étroitement liées aux équilibres politiques et à l’exigence d’exemplarité de leurs dirigeants, dans un contexte de vigilance accrue sur les questions d’éthique et de responsabilité publique.
