mercredi, février 18, 2026
InternationalNationalPolitiqueReligion

La mosquée de Puteaux ne sera pas cédée au Maroc

Dans un contexte politique et institutionnel particulièrement sensible autour de la place de l’islam en France, le projet de cession de la mosquée de Puteaux à des intérêts marocains vient de connaître un coup d’arrêt net. Une décision qui ravive les débats sur le financement des lieux de culte, la transparence associative et l’influence étrangère dans le paysage religieux français.

🕌🇫🇷 La mosquée de Puteaux ne sera pas cédée au Maroc : refus ferme du ministère de l’Intérieur

⚖️ Un veto clair des autorités françaises

La mosquée de Puteaux ne changera pas de main. Selon des informations confirmées par l’entourage du ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le projet de cession du lieu de culte au Royaume du Maroc a été officiellement rejeté. « La vente ne se fera pas », a tranché une source proche du ministère, mettant un terme à plusieurs mois de discussions et de spéculations.

Cette décision concerne un projet porté par l’association Solidarité islamique, gestionnaire de la mosquée, qui envisageait une cession permettant d’obtenir un soutien financier marocain afin d’achever la construction d’un centre islamique entamée en 2011, sur un terrain situé rue Saulnier, à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine.

🏛️ Gérald Darmanin opposé à une influence étrangère

À plusieurs reprises, Gérald Darmanin avait exprimé ses réserves sur cette opération, appelant les autorités marocaines à reconsidérer le projet. Cette position s’inscrit dans la ligne politique défendue par le ministère de l’Intérieur, visant à limiter le financement étranger des lieux de culte en France, au nom de la souveraineté nationale et de la lutte contre toute forme d’ingérence.

Le refus de la cession illustre la volonté de l’État français de garder un contrôle strict sur les conditions de gestion et de financement des infrastructures religieuses, particulièrement dans un contexte où la question de l’islam en France demeure hautement politisée.

😕 Déception des responsables de la mosquée

Du côté des dirigeants de la mosquée de Puteaux, la nouvelle a été accueillie avec une vive déception. Ces derniers espéraient que l’appui financier du Maroc permettrait de finaliser un projet immobilier ambitieux, longtemps freiné par des contraintes budgétaires.

Pour eux, la cession représentait une opportunité de stabiliser financièrement l’association et de doter la communauté musulmane locale d’un centre islamique moderne, capable d’accueillir fidèles, activités culturelles et actions sociales.

🗣️ Une communauté musulmane divisée

Mais le projet était loin de faire l’unanimité. Au sein même de la communauté musulmane de Puteaux, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer un manque de transparence autour des modalités de la cession. Certains fidèles craignaient une perte d’autonomie de la mosquée et s’interrogeaient sur la gouvernance future du lieu de culte en cas de rachat par un État étranger.

À l’inverse, d’autres fidèles saluent aujourd’hui la décision du ministère de l’Intérieur, estimant qu’elle préserve le caractère local et indépendant de la mosquée, tout en évitant des tensions supplémentaires au sein de la communauté.

🏙️ Silence officiel de la municipalité de Puteaux

La municipalité de Puteaux est restée particulièrement discrète sur ce dossier sensible. Aucun communiqué officiel n’a été publié par l’exécutif local. Seule voix dissidente clairement exprimée, celle de Francis Poézévara, conseiller municipal d’opposition affilié au parti Génération S., qui a publiquement marqué son désaccord avec le projet lors du dernier conseil municipal.

Son intervention a mis en lumière les enjeux politiques locaux liés à cette affaire, entre respect de la liberté de culte, vigilance institutionnelle et exigences de transparence démocratique.

🔍 Un dossier emblématique des tensions actuelles

Au-delà du cas spécifique de la mosquée de Puteaux, cette affaire illustre les tensions persistantes autour du financement des lieux de culte musulmans en France. Elle met en évidence l’équilibre délicat que cherchent à maintenir les pouvoirs publics entre liberté religieuse, cohésion sociale et indépendance vis-à-vis des influences étrangères.

Le refus de céder la mosquée au Maroc marque ainsi un signal politique fort, susceptible de faire jurisprudence dans d’autres dossiers similaires à travers le pays.