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Incidents finale CAN : Raymond Hack fustige le verdict de la CAF

Raymond Hack ex Président de la commission disciplinaire de la CAF

Raymond Hack ex Président de la commission disciplinaire de la CAF

La décision rendue par la Commission de discipline de la Confédération africaine de football à la suite des incidents ayant émaillé la finale de la CAN Maroc–Sénégal continue de provoquer une onde de choc dans le paysage footballistique africain. Au-delà des réactions des supporters et des fédérations concernées, la controverse prend désormais une dimension institutionnelle, alimentée par les critiques sévères d’une figure historique de la CAF elle-même, qui dénonce un verdict jugé incohérent, déséquilibré et préjudiciable à la crédibilité de l’instance continentale.

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⚽ Une décision disciplinaire de la CAF sous le feu des critiques

Intervenant jeudi lors d’une interview accordée à la chaîne sud-africaine SABC News, Raymond Hack, ancien président de la Commission de discipline de la CAF, n’a pas mâché ses mots à l’égard des sanctions annoncées mercredi soir contre le Maroc et le Sénégal. Selon lui, la Commission disciplinaire a tout simplement « échoué lamentablement » dans sa gestion de ce dossier hautement sensible, tant sur le fond que sur la forme.

Pour Hack, cette affaire dépasse le cadre d’un simple litige sportif. Elle touche directement à l’autorité morale et réglementaire de la CAF, appelée à garantir le respect des règles et l’équité des compétitions africaines. Or, le verdict rendu après la finale de la Coupe d’Afrique des nations donne, selon lui, l’image d’une instance hésitante, soucieuse de ménager les parties plutôt que d’appliquer strictement ses propres textes.

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🎯 Le rôle central de Pape Thiaw pointé du doigt

L’ancien dirigeant s’est montré particulièrement critique à l’égard de la sanction infligée à l’entraîneur principal du Sénégal, Pape Thiaw, qu’il considère comme l’élément déclencheur de l’ensemble des événements ayant conduit au chaos de la finale. Revenant sur la chronologie des faits, Raymond Hack a rappelé que le technicien sénégalais avait quitté la pelouse avant d’inciter ses joueurs à l’imiter, provoquant une interruption majeure du match.

Selon lui, cet acte constitue une infraction grave aux règlements disciplinaires et aux principes fondamentaux de conduite sportive. L’ancien président de la Commission estime dès lors incompréhensible la clémence dont aurait bénéficié Pape Thiaw, alors même que son comportement a contribué à désorganiser une finale continentale suivie par des millions de téléspectateurs.

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🕰️ Des précédents disciplinaires ignorés par la CAF

Pour étayer son propos, Raymond Hack a établi un parallèle avec plusieurs précédents internationaux ayant donné lieu à des sanctions autrement plus sévères. Il a notamment cité le cas de Luis Suárez, suspendu par la FIFA pendant plusieurs mois après avoir mordu un adversaire lors du Mondial 2014, ou encore celui de Diego Maradona, sanctionné de trois mois de suspension pour des propos injurieux tenus envers des journalistes durant la Coupe du monde 2010.

À la lumière de ces exemples, Hack estime que la sanction prononcée contre l’entraîneur sénégalais apparaît dérisoire. À ses yeux, une suspension d’au moins six mois aurait été nécessaire pour marquer la gravité de l’acte et rappeler l’exigence de responsabilité qui incombe aux entraîneurs, en particulier lors des grandes compétitions africaines.

💰 Des amendes jugées symboliques et inefficaces

Au-delà des suspensions, l’ancien responsable de la CAF a également critiqué le montant des amendes financières infligées dans ce dossier. S’il reconnaît que les sommes annoncées peuvent sembler élevées en valeur absolue, il estime qu’elles sont sans réel effet dissuasif au regard des enjeux financiers de la compétition.

Raymond Hack a ainsi rappelé que le vainqueur de la CAN a perçu une prime avoisinant les 10 millions de dollars, relativisant fortement l’impact de sanctions pécuniaires jugées marginales à cette échelle. Pour lui, la CAF a manqué une occasion d’envoyer un signal fort en optant pour des pénalités financières qu’il considère avant tout symboliques.

🏟️ Un préjudice majeur pour l’image du football africain

L’ancien président de la Commission de discipline a élargi sa critique à l’impact global de ces incidents sur la réputation de la CAF et du football africain. Selon lui, le comportement observé lors de cette finale, qu’il s’agisse des joueurs, des encadrements techniques ou de la gestion institutionnelle de l’après-match, porte un préjudice « incalculable » à l’image de l’instance continentale.

Raymond Hack a insisté sur le rôle éducatif et exemplaire que devraient incarner les dirigeants du football africain. À ses yeux, la CAF et ses commissions disciplinaires sont censées être les gardiennes de l’éthique sportive, capables de montrer aux jeunes générations ce qu’il convient de faire et, surtout, de ne pas faire sur un terrain de football.

⚖️ Une volonté d’équilibrer politiquement les sanctions ?

Les déclarations de Hack interviennent dans un contexte où la CAF est accusée d’avoir cherché à « couper la poire en deux » en infligeant des sanctions quasi équivalentes aux fédérations marocaine et sénégalaise, ainsi qu’à plusieurs joueurs et officiels des deux camps. Cette approche, perçue comme une tentative d’équilibrage politique, est largement contestée par les observateurs et par la FRMF.

Le point le plus controversé demeure toutefois l’absence totale de sanction concernant le retrait temporaire de l’équipe sénégalaise du terrain, pourtant considéré par de nombreux juristes du sport comme une violation manifeste des règlements de la CAN. La CAF a en effet rejeté la protestation formelle déposée par la Fédération royale marocaine de football, fondée sur les articles 82 et 84 du règlement, qui prévoient un forfait sur le score de 3-0 et une élimination en cas d’abandon.

🔍 Une crédibilité institutionnelle fragilisée

En choisissant d’ignorer cet aspect central du dossier, la CAF alimente les soupçons de traitement à géométrie variable et fragilise sa crédibilité juridique. Pour de nombreux acteurs du football africain, cette affaire pourrait constituer un précédent dangereux, affaiblissant l’autorité des règlements et ouvrant la voie à de nouvelles contestations lors des futures compétitions.

Les propos de Raymond Hack, en tant qu’ancien haut responsable de l’instance, confèrent à cette polémique une portée particulière. Ils illustrent les tensions internes et les interrogations profondes qui traversent aujourd’hui la CAF, confrontée à l’exigence croissante de transparence, de cohérence et de fermeté disciplinaire dans la gouvernance du football africain.

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