lundi, janvier 19, 2026
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(Vidéos) Appel d’un algérien à tuer des Marocains en Algérie

Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a déclenché une onde de choc bien au-delà des cercles médiatiques. Attribuée à Mostefa_alger, un influenceur se présentant comme journaliste algérien (suivi par presque 74.000 personnes sur TikTok), la séquence a immédiatement alerté les organisations de défense des droits de l’homme, tant par la nature de ses propos que par leur caractère ouvertement dangereux. Dans un contexte régional déjà tendu, cette prise de parole soulève de lourdes inquiétudes quant à la sécurité des civils et à la banalisation des discours de haine dans l’espace public numérique.

🚨 Une vidéo qui franchit un seuil alarmant

Diffusée largement et relayée sur les réseaux sociaux, la séquence incriminée se distingue par un discours qualifié d’incitation explicite au meurtre, à la haine et à la violence. Les propos visent directement des ressortissants marocains vivant en Algérie, sans distinction d’âge, de sexe ou de situation sociale. Hommes, femmes, enfants et personnes âgées sont évoqués dans un registre verbal d’une extrême brutalité, incompatible avec toute norme éthique, médiatique ou humaine.

Pour les observateurs, ce type de discours dépasse largement le cadre de la polémique politique ou médiatique. Il s’agit d’un appel public à des homicides, formulé dans un espace accessible à tous et susceptible d’alimenter des comportements très dangereux à l’encontre de populations civiles.

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Sur les réseaux sociaux, certaines figures autoproclamées de l’influence exploitent les fractures régionales pour bâtir une audience fondée sur la provocation et la surenchère. Derrière l’apparente spontanéité des « lives » et des vidéos virales, se déploie parfois un discours structuré, répétitif et assumé, où la haine devient un fonds de commerce. Le cas de Mostefa_Alger illustre jusqu’où peut aller cette radicalisation numérique lorsqu’elle n’est plus contenue par aucune limite morale.

📱 🔴 Un discours obsessionnel dirigé contre le Maroc

Sur ses comptes, Mostefa_Alger s’est construit une identité numérique quasi monothématique. Vidéo après vidéo, publication après publication, son propos s’articule autour d’une hostilité déclarée envers le Maroc et les Marocains. Cette animosité n’est ni suggérée ni dissimulée : elle est revendiquée, martelée et mise en scène comme un marqueur identitaire. La politique, le sport, l’histoire ou l’actualité régionale deviennent autant de prétextes pour nourrir un récit de confrontation, souvent agrémenté de théories complotistes et de propos antisémites, qui élargissent encore le spectre de la stigmatisation.

Ce positionnement radical, loin d’être marginal dans son univers numérique, constitue le cœur même de sa stratégie de visibilité. La répétition et l’outrance fonctionnent comme des leviers d’engagement, transformant l’indignation en carburant algorithmique.

🎥 L’écosystème des « lives » et la caisse de résonance

Au-delà de ses publications quotidiennes, Mostefa_Alger s’inscrit dans un écosystème d’influence où les collaborations jouent un rôle clé. Il anime régulièrement des diffusions en direct avec un autre créateur de contenus connu sous le pseudonyme de Takichi, suivi par une communauté conséquente. Les échanges, volontairement conflictuels, sont conçus pour créer de la tension et capter l’attention.

Ces « lives » accueillent des intervenants variés : certains acquiescent et amplifient le discours hostile, d’autres tentent de le contester. Des Algériens expriment leur désaccord, des Marocains cherchent à ramener le débat à la raison. Mais le dispositif est déséquilibré. La confrontation sert avant tout à légitimer la provocation et à donner l’illusion d’un débat, alors que le cadre est verrouillé par l’animateur et ses alliés.

🚨 Le franchissement d’un seuil inacceptable

C’est dans ce contexte de surenchère verbale qu’un palier critique a été atteint lors d’un échange récent. Sous couvert de discussions historiques et politiques, le discours a basculé dans une incitation explicite à la violence visant une communauté identifiable. En appelant ses auditeurs à s’en prendre à des civils en raison de leur nationalité et de leur statut, l’influenceur a dépassé le champ de l’opinion, pour entrer dans celui de l’appel à des actes criminels.

La gravité de ces propos tient autant à leur contenu qu’à leur mise en scène. Présentés comme un droit, voire comme un acte légitime, ils ont été accompagnés d’un discours visant à déresponsabiliser les auteurs potentiels et à banaliser l’idée d’une violence ciblée. Ce type de rhétorique, largement documenté par les spécialistes de la radicalisation, constitue un signal d’alerte majeur.

⚖️ Quand la haine devient un risque sociétal

Au-delà de la personne de Mostefa_Alger, cette affaire pose une question plus large sur la responsabilité des plateformes, la porosité entre discours haineux et passage à l’acte, et l’impact réel de ces contenus sur des audiences parfois jeunes et impressionnables. La répétition de messages hostiles, présentés comme des vérités alternatives, contribue à normaliser l’exclusion et à désinhiber la violence symbolique, prélude possible à des dérives bien réelles.

Dans un espace numérique où la viralité prime souvent sur la modération, ces discours trouvent un terrain favorable. Ils rappellent l’urgence de distinguer la liberté d’expression du discours de haine, et de traiter ce dernier non comme une opinion parmi d’autres, mais comme un danger potentiel pour la cohésion sociale et la sécurité des personnes.

📰 Une dérive grave 

Le fait que l’auteur influenceur de la vidéo se revendique du statut de journaliste accentue la gravité de la situation. De nombreuses voix, issues tant du monde des médias que de la société civile, dénoncent une trahison manifeste des règles professionnelles du journalisme, fondées sur la responsabilité, la vérification des faits et le respect de la dignité humaine.

Selon plusieurs analystes, ces propos ne relèvent ni de l’opinion ni de la critique politique, mais s’apparentent à une incitation publique à la violence, une qualification lourde de conséquences au regard du droit international et des conventions relatives aux droits humains.

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⚖️ Silence des autorités et inquiétudes croissantes

Malgré la diffusion massive de la vidéo et l’émotion suscitée, aucune réaction officielle ni judiciaire n’a, à ce stade, été enregistrée en Algérie. L’absence d’annonce d’une enquête ou d’un démenti clair alimente un malaise profond parmi les défenseurs des droits humains, qui s’interrogent sur la gestion institutionnelle des discours de haine.

Ce silence est d’autant plus préoccupant que des milliers de civils marocains résident légalement en Algérie, qu’il s’agisse de travailleurs, d’étudiants ou de familles installées de longue date. Pour ces communautés, la diffusion de tels messages constitue une source d’angoisse réelle quant à leur sécurité quotidienne.

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🌐 La plateforme X sous le feu des critiques

Parallèlement, la responsabilité de la plateforme X est vivement questionnée. Des militants et observateurs dénoncent le maintien en ligne de la vidéo, qu’ils jugent en contradiction flagrante avec les politiques affichées par le réseau social en matière de lutte contre les menaces directes, la haine et la violence.

Cette situation relance le débat sur l’efficacité réelle des mécanismes de modération des grandes plateformes numériques, et sur leur capacité à agir rapidement lorsqu’un contenu représente un risque concret pour des individus ou des communautés identifiables.

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🌍 Un climat régional déjà sous tension

Cet épisode s’inscrit dans un contexte diplomatique et médiatique profondément dégradé entre le Maroc et l’Algérie. Pour plusieurs analystes, la diffusion et la relative banalisation de propos aussi extrêmes témoignent d’une radicalisation du langage public, dont les conséquences pourraient dépasser le cadre symbolique.

Les experts mettent en garde contre le danger d’une normalisation de la rhétorique belliqueuse, rappelant que l’histoire récente montre combien les mots peuvent précéder des actes aux répercussions humaines dramatiques. Dans ce contexte, la vigilance des autorités, des médias et des plateformes numériques apparaît plus que jamais indispensable.


Face à la vague d’indignation provoquée par ses déclarations, tant chez ceux qu’il stigmatise comme les partisans du « Khawa Khawa » que chez les voix alarmées par le risque de fitna et de dérapages dangereux, l’influenceur a choisi de reprendre la parole pour ajuster sa rhétorique sans en modifier le fond. Cette fois, il a appelé ses compatriotes non plus à l’affrontement direct, mais à une démarche de dénonciation systématique, les exhortant à signaler aux autorités algériennes la présence de Marocains sur le territoire national.

Pour tenter de donner une apparence de légitimité institutionnelle à cette incitation, Mostefa_alger s’est appuyé sur des déclarations officielles. Il a ainsi relayé et instrumentalisé les propos tenus par le ministre algérien de la Justice, Lotfi Boudjemaa, le 30 avril 2025, devant la commission des affaires juridiques de l’Assemblée populaire nationale, lors de la présentation du projet de loi relatif à la mobilisation générale. À cette occasion, le ministre avait affirmé que ce texte imposait aux citoyens l’obligation de « signaler aux services de l’État la présence d’étrangers ou de ressortissants de pays ennemis, ainsi que tout élément susceptible d’entraver la mobilisation générale ».

Le membre du gouvernement avait alors précisé que ce projet de loi s’inscrivait dans un dispositif global visant à assurer, de manière plus efficace, la transition des forces armées, des institutions de l’État, des organismes publics et de l’économie nationale d’un état de paix à un état de guerre, en mettant l’ensemble des capacités du pays au service de l’effort militaire. Un cadre juridique exceptionnel, pensé pour des situations extrêmes, que l’influenceur a choisi de détourner de son contexte initial.

Saisissant cette séquence officielle comme une opportunité, Mostefa_alger a rappelé à sa communauté l’existence des deux numéros verts mis en place par les autorités algériennes pour effectuer ce type de signalements. Sans ambiguïté, il a invité ses abonnés à utiliser ces canaux de manière ciblée, en appelant explicitement à signaler exclusivement les Marocains, transformant ainsi un dispositif étatique général en outil de stigmatisation d’une nationalité précise.

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