À quelques jours d’intervalle, le discours de Rafael Louzán sur la finale de la Coupe du Monde 2030 a sensiblement évolué. Le président de la Fédération espagnole de football (RFEF), initialement très affirmatif sur l’attribution du match ultime à l’Espagne, a adopté un ton nettement plus mesuré. Ce rétropédalage illustre la sensibilité politique et symbolique d’un dossier stratégique, au cœur de la candidature conjointe Maroc–Espagne–Portugal, où chaque déclaration est désormais scrutée à l’échelle internationale.
🌍 Coupe du Monde 2030 : l’Espagne ajuste son discours officiel
⚽ Rafael Louzán tempère ses certitudes sur la finale
Présent lors d’un événement institutionnel à Alhama de Murcia, Rafael Louzán a nuancé ses propos initiaux en affirmant que « l’Espagne est prête à accueillir la finale de la Coupe du monde », sans garantir explicitement que celle-ci se disputera sur le sol espagnol. Une inflexion notable par rapport à ses déclarations antérieures, qui laissaient entendre que la finale du Mondial 2030 était déjà promise à l’Espagne.
Le président de la RFEF a toutefois insisté sur le poids de son pays dans l’organisation globale du tournoi, rappelant que l’Espagne représente « 55 % » de la candidature et qu’elle en a été l’un des principaux moteurs. Selon lui, cette implication structurelle confère à Madrid une légitimité particulière dans les discussions relatives aux sites majeurs, y compris celui de la finale.
🏟️ Une sélection des stades encore loin d’être tranchée
Rafael Louzán a également rappelé que le processus de désignation des enceintes hôtes est toujours en cours. Une liste restreinte d’une vingtaine de sites potentiels a été établie, mais le nombre définitif de stades retenus reste à déterminer. « Le chemin est encore long », a-t-il reconnu, soulignant que les décisions finales dépendront d’évaluations techniques, logistiques et institutionnelles menées dans le cadre des exigences de la FIFA Coupe du Monde 2030.
Dans ce contexte, le dirigeant espagnol a affirmé la détermination de son pays à défendre le football espagnol comme leader mondial, aussi bien dans le football masculin que féminin. Une posture qui vise à renforcer l’image de l’Espagne comme référence organisationnelle et sportive sur la scène internationale.
🗣️ Un contraste marqué avec des déclarations antérieures
📢 Une affirmation initiale beaucoup plus catégorique
Ce ton mesuré tranche avec les propos tenus quelques jours plus tôt, lors du gala de remise des prix de l’Association de la presse sportive de Madrid. Rafael Louzán y avait alors déclaré sans ambiguïté que « l’Espagne a prouvé ses capacités d’organisation au fil des années, elle sera celle qui dirigera la Coupe du Monde 2030 et la finale de ce Mondial se tiendra ici ». Une déclaration perçue comme une quasi-officialisation, alors même que la FIFA n’a encore rien tranché.
Cette sortie avait suscité de nombreuses réactions, notamment dans les pays partenaires de la candidature tripartite, où elle a été interprétée comme une tentative d’appropriation symbolique de l’événement par l’Espagne.
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🔥 La CAN 2025 utilisée comme contre-exemple
Lors de cette même intervention, le président de la RFEF avait invoqué les incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025 pour illustrer, selon lui, les risques organisationnels pesant sur certaines compétitions internationales. Il avait estimé que ces scènes « nuisent à l’image du football mondial », opposant implicitement le modèle espagnol à d’autres expériences jugées moins maîtrisées.
Cette comparaison, politiquement sensible, a contribué à alimenter la controverse autour de ses propos, renforçant la nécessité d’un discours plus diplomatique par la suite.
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🌐 Une concurrence ouverte entre Madrid et le Maroc
🏟️ Le stade Hassan II face au Santiago Bernabéu
La question de la finale de la Coupe du Monde 2030 Maroc–Espagne–Portugal reste donc entièrement ouverte. Le Maroc avance une candidature forte avec le stade Hassan II, une infrastructure annoncée à 115 000 places, pensée comme un symbole architectural et sportif capable d’accueillir l’affiche ultime du tournoi. Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale visant à positionner le Royaume comme un acteur central du football mondial.
En face, l’Espagne met en avant le Santiago Bernabéu, stade emblématique du Real Madrid récemment rénové, et favori naturel des autorités espagnoles. Cette opposition cristallise les enjeux de prestige, d’influence et de visibilité internationale liés à l’organisation de la finale.
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⚖️ Un équilibre diplomatique encore fragile
Le rétropédalage de Rafael Louzán apparaît ainsi comme une tentative de rééquilibrage diplomatique, dans un dossier où chaque mot engage non seulement une fédération, mais aussi des États et des stratégies d’image à long terme. À mesure que la Coupe du Monde 2030 se rapproche, la bataille pour la finale s’annonce comme l’un des enjeux les plus sensibles de l’organisation, bien au-delà du terrain.

