Un club en Italie : « les Noirs et les Marocains ne sont pas autorisés »
En Italie, un agent de sécurité de discothèque ainsi que le gérant de l’établissement comparaissent actuellement devant la justice pour des propos et des pratiques jugés discriminatoires, après avoir affirmé que « les Noirs et les Marocains n’étaient pas admis », selon des informations relayées par la presse locale.
Les faits remontent au mois d’août 2022 à la discothèque Marina Bay, située à Marina di Ravenna, station balnéaire de la côte italienne. Un adolescent de 16 ans, né en Éthiopie et adopté par une famille italienne, s’est vu refuser l’accès à l’établissement alors qu’il disposait d’un billet valide pour assister à un concert du rappeur Capo Plaza. D’après la plainte déposée, il aurait été contraint de rester à l’écart avec d’autres jeunes noirs qui, eux aussi, se sont vu interdire l’entrée.
À la suite de la plainte déposée par la mère du mineur, le parquet a conclu que deux agents de sécurité avaient empêché l’accès aux adolescents exclusivement en raison de leur couleur de peau et de leurs origines. Le propriétaire de la discothèque est, quant à lui, poursuivi pour un autre épisode jugé similaire : il aurait refusé à un jeune homme de 20 ans la boisson gratuite comprise dans son billet après avoir appris qu’il était d’origine marocaine.
L’affaire a désormais été portée devant les tribunaux. Les videurs ainsi que le propriétaire de l’établissement sont poursuivis pour incitation à la haine raciale. L’audience prévue cette semaine a toutefois été reportée afin de permettre la convocation de l’un des prévenus, actuellement hors du territoire italien.
De son côté, la direction de la discothèque conteste toute motivation raciste. Elle soutient que les refus d’accès étaient dictés par des impératifs de sécurité, invoquant des incidents survenus lors de soirées précédentes et la nécessité de prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public.
Plusieurs parties civiles se sont constituées dans ce dossier, parmi lesquelles la victime, aujourd’hui majeure, ainsi que l’association antiraciste Mamme per la pelle, qui a joué un rôle central dans la médiatisation de l’affaire et dans l’accompagnement juridique des personnes concernées.
