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Musk exige presque 134 milliards de dollars à OpenAI et Microsoft

Elon Musk

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À mesure que l’intelligence artificielle s’impose comme l’un des champs de bataille économiques et idéologiques les plus stratégiques du XXIᵉ siècle, les lignes de fracture se font plus visibles entre ceux qui ont contribué à sa naissance et ceux qui en récoltent aujourd’hui les fruits. C’est dans ce contexte explosif qu’Elon Musk, figure centrale de la tech mondiale, a décidé de porter le conflit sur le terrain judiciaire, réclamant une indemnisation colossale à OpenAI et à Microsoft. Une offensive qui mêle argent, principes fondateurs et lutte pour le contrôle du futur de l’IA.

⚖️ Elon Musk contre OpenAI et Microsoft : la bataille à 134 milliards de dollars

🚀 Aux origines d’OpenAI, un projet idéologique devenu empire économique

Lorsque OpenAI voit le jour en 2015, l’ambition affichée est claire : développer une intelligence artificielle bénéfique à l’humanité, loin des logiques de captation privée et des dérives commerciales. Elon Musk fait alors partie des figures fondatrices du projet. Selon les documents judiciaires récemment déposés devant un tribunal fédéral américain, le milliardaire affirme avoir joué un rôle décisif dès les premières heures : financement initial massif, mobilisation de talents de haut niveau, mise à disposition de son réseau et, surtout, apport d’une crédibilité mondiale sans laquelle l’organisation n’aurait, selon lui, jamais atteint une telle envergure.

Aujourd’hui, Musk estime que cette contribution a été non seulement sous-évaluée, mais aussi exploitée. Il avance que les démarches entreprises par OpenAI ont généré entre 65 et 109 milliards de dollars de valeur économique, tandis que Microsoft, partenaire stratégique et investisseur majeur, aurait bénéficié indirectement de cette dynamique à hauteur de 13 à 25 milliards de dollars.

💰 Une revendication financière sans précédent dans l’histoire de la tech

Au cœur de la plainte, une demande spectaculaire : jusqu’à 134 milliards de dollars d’indemnisation. Pour Elon Musk et son équipe juridique, il ne s’agit pas d’un simple désaccord contractuel, mais d’une restitution de ce qu’ils qualifient de « profits indûment perçus ». L’argument est clair : sans son implication personnelle, OpenAI n’aurait jamais pu atteindre sa valorisation actuelle ni devenir l’un des piliers de l’économie mondiale de l’IA.

Les avocats de Musk soutiennent que son engagement dépassait largement celui d’un investisseur classique. Il aurait façonné la vision stratégique, influencé les orientations technologiques et contribué à structurer un écosystème désormais monétisé à grande échelle, notamment à travers les accords conclus avec Microsoft.

🧠 La rupture idéologique : du non-profit à la logique commerciale

Mais derrière la bataille financière se cache un désaccord bien plus profond. Elon Musk accuse OpenAI d’avoir trahi sa mission originelle en opérant une transition vers une structure à but lucratif. Une évolution qu’il considère comme une rupture fondamentale avec les principes fondateurs de l’organisation.

Pour Musk, ce virage stratégique aurait ouvert la voie à une concentration du pouvoir technologique entre les mains de quelques acteurs, au détriment de l’intérêt général. C’est précisément cette divergence qui aurait conduit à son départ d’OpenAI en 2018, puis à la création de xAI, sa propre entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle, à l’origine du chatbot Grok, concurrent direct des solutions développées par OpenAI.

🏢 OpenAI et Microsoft contre-attaquent

Face à ces accusations, OpenAI rejette catégoriquement les revendications de son ancien cofondateur. L’organisation qualifie la procédure d’infondée, y voyant une nouvelle étape dans une série d’actions hostiles engagées par Elon Musk depuis plusieurs années. Elle conteste la lecture financière avancée par le camp adverse et affirme avoir toujours agi dans le cadre légal et contractuel initial.

Microsoft, de son côté, adopte une ligne de défense prudente mais ferme. Le géant américain nie toute responsabilité directe dans les choix structurels d’OpenAI et réfute l’idée d’avoir facilité une quelconque violation des engagements initiaux. L’entreprise estime que les montants évoqués reposent sur des hypothèses spéculatives et a demandé au tribunal de limiter l’expertise financière présentée aux jurés.

🏛️ Un procès sous haute tension attendu au printemps

Un juge californien a récemment tranché : l’affaire sera examinée par un jury, ouvrant la voie à un procès très médiatisé attendu au printemps. Elon Musk pourrait aller plus loin encore, en réclamant des dommages-intérêts punitifs ou des mesures judiciaires contraignantes, si la responsabilité d’OpenAI ou de Microsoft venait à être reconnue.

Au-delà des chiffres vertigineux, ce procès pourrait faire jurisprudence dans le monde de la tech. Il pose une question centrale : qui détient la légitimité morale et financière lorsque des idéaux collectifs deviennent des machines économiques mondiales ?

Dans l’ombre de cette bataille judiciaire se joue peut-être l’avenir de la gouvernance de l’intelligence artificielle. Entre vision philanthropique, intérêts industriels et rivalités personnelles, l’affaire Musk–OpenAI pourrait bien redéfinir les règles du jeu pour toute l’industrie.

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