Dans un contexte mondial marqué par l’angoisse sanitaire et les inégalités d’accès aux soins, le Maroc a fait le choix d’une réponse exceptionnelle face à la pandémie de Covid-19. Dès les premières semaines de la crise, les autorités ont opté pour une prise en charge totale des patients testés positifs, sans distinction de revenus, de statut social ou de couverture médicale. Une décision forte, à la fois sanitaire, sociale et politique, qui a profondément marqué la gestion nationale de la pandémie.
🏥 Une prise en charge intégrale, du dépistage à la guérison
Face à la propagation rapide du coronavirus, l’État marocain a mis en place un dispositif inédit garantissant la gratuité totale des soins Covid-19. Depuis le test de dépistage jusqu’à l’hospitalisation, et même l’hébergement en hôtel pour les patients nécessitant un isolement prolongé, aucun frais n’est supporté par les malades. Cette prise en charge concerne aussi bien les établissements publics que les cliniques privées mobilisées dans l’effort national.
Le test PCR, pierre angulaire de la stratégie de détection du virus SARS-CoV-2, est intégralement financé par l’État. D’un coût estimé à au moins 500 dirhams par examen, sans compter les charges techniques, logistiques et humaines associées, ces analyses sont réalisées exclusivement par des structures habilitées, notamment l’Institut national d’hygiène de Rabat, l’Institut Pasteur du Maroc à Casablanca et l’Hôpital militaire Mohammed V. Là encore, le patient n’avance aucun frais.
🧑⚕️ Témoignages de patients : la solidarité en actes
Pour les personnes touchées par le virus, cette politique s’est traduite par une expérience souvent marquante. Plusieurs patients guéris confient n’avoir « payé aucun centime », malgré des hospitalisations longues et des soins lourds. Certains, après leur sortie médicale, ont même été hébergés gratuitement dans des hôtels classés, transformés en structures d’isolement sous supervision des autorités sanitaires.
C’est le cas à Casablanca, où des établissements hôteliers, à l’arrêt depuis la fermeture du secteur touristique, ont accueilli des patients convalescents. Des figures connues, comme Mohamed Berrada, ancien dirigeant du secteur de la presse, ont témoigné publiquement de cette prise en charge globale, soulignant la qualité des soins reçus et l’encadrement médical constant jusqu’à leur retour à domicile.
🍽️ Restauration hospitalière : un défi logistique relevé
Au-delà des soins médicaux, la crise sanitaire a posé un défi logistique majeur : nourrir quotidiennement un nombre croissant de patients et de soignants. L’explosion du nombre de repas à servir a rendu inopérants les contrats classiques de restauration hospitalière. Face à cette urgence, des acteurs privés ont répondu présents.
Le groupe Rahal, à travers sa filiale Newrest Rahal, s’est mobilisé volontairement pour renforcer les prestations de restauration dans plusieurs grandes villes, dont Rabat, Casablanca, Marrakech et Oujda. En absorbant le surcoût financier, l’entreprise a permis d’assurer une alimentation équilibrée et sécurisée à des milliers de patients et à près d’un millier de membres du personnel médical. Dans un souci sanitaire accru, de la vaisselle jetable a été fournie gratuitement afin de réduire les risques de contamination croisée.
👩🍳 Une mobilisation humaine exceptionnelle
La solidarité ne s’est pas limitée aux grandes entreprises. Des chefs cuisiniers et pâtissiers, membres de la Fédération de l’art culinaire marocain, se sont engagés bénévolement pour assurer la restauration dans les hôtels accueillant les patients et les soignants. Des étudiants en hôtellerie et restauration ont également prêté main-forte, illustrant une mobilisation intergénérationnelle rare.
Pendant ce temps, les professionnels de santé, en première ligne, ont souvent fait le sacrifice de s’éloigner de leurs familles, vivant temporairement dans des hôtels afin de limiter tout risque de contamination. Les repas leur étaient servis directement dans leurs chambres, grâce à un réseau de fournisseurs et de donateurs mobilisés à l’échelle nationale.
🏨 Hôtels réquisitionnés : entre solidarité et contraintes
Si l’engagement des hôteliers a été salué, la gestion quotidienne de ces structures reconverties n’a pas été exempte de difficultés. La suspension des services classiques, le manque de personnel d’entretien et les contraintes sanitaires ont parfois généré des situations délicates, notamment en matière de linge ou de propreté. Des patients ont évoqué des désagréments compréhensibles dans un contexte d’urgence, rapidement compensés par l’aide de bénévoles.
Malgré ces limites, la majorité des patients se disent conscients de l’effort colossal consenti par l’État marocain. À l’échelle mondiale, rares sont les pays ayant assumé une prise en charge aussi complète, alors que, ailleurs, une seule journée en réanimation peut représenter l’équivalent d’un salaire annuel.
🌍 Un modèle social face à la pandémie
En choisissant de garantir la gratuité totale des soins liés au Covid-19, le Maroc a affirmé une vision où la santé publique prime sur toute autre considération. Cette stratégie, lourde financièrement mais déterminante humainement, a permis d’éviter des drames sociaux et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions. Dans une crise globale révélatrice des fractures sanitaires mondiales, ce choix reste l’un des marqueurs les plus forts de la gestion marocaine de la pandémie.

