Tebboune à propos de Macron: « je ne lui répondrai pas »

Lors de sa première conférence de presse après son élection, Abdelmadjid Tebboune, a refusé de répondre au président français qui a déclaré avoir « pris note » de l’élection du nouveau président algérien et appelé les autorités à engager un « dialogue » avec le peuple algérien.




« Je ne lui réponds pas. Il est libre de vendre la marchandise qu’il veut dans son pays, mais moi j’ai été élu par le peuple algérien et je ne reconnais que le peuple algérien », a dit le président Tebboune, dont les propos ont été rapportés par TSA.

Washington a de son côté affirmé soutenir le droit des Algériens à « exprimer pacifiquement leurs opinions », tout en se félicitant du déroulement du scrutin.

M. Tebboune, 74 ans, a été élu dès le premier tour de la présidentielle, avec 58,15% des suffrages, a annoncé vendredi l’Autorité nationale des élections (Anie).

Il a fait carrière au sein de l’appareil d’Etat algérien, notamment aux côtés de M. Bouteflika qui en fera très brièvement son Premier ministre, avant une brutale disgrâce.




M. Tebboune a devancé l’islamiste Abdelkader Bengrina (17,38%), Ali Benflis (10,55%), Azzedine Mihoubi (7,26%) et Abdelaziz Belaïd (6,66%), tous anciens proches ou alliés de M. Bouteflika. Ses rivaux ont concédé leur défaite et n’ont pas l’intention de contester les résultats.

Plus tôt vendredi, une véritable marée humaine a envahi, encore une fois, le centre d’Alger pour conspuer le nouveau chef de l’Etat, au lendemain d’un scrutin boycotté par le mouvement de contestation inédit qui a contraint en avril M. Bouteflika à la démission, après 20 ans à la tête de l’Etat.

Le taux de participation (39,83%) est le plus bas de l’histoire des scrutins présidentiels pluralistes en Algérie. Il est inférieur de plus de 10 points à celui du précédent –le plus faible jusqu’ici–, qui en 2014 avait vu la 4e victoire de M. Bouteflika.

« Le vote est truqué. Vos élections ne nous concernent pas et votre président ne nous gouvernera pas », scandaient les manifestants.




Ils ont défilé nombreux à Alger en ce 43e vendredi de mobilisation depuis le déclenchement du « Hirak » en février.

Pour le sociologue Nacer Djabi, « Tebboune va démarrer avec un grand handicap de légitimité. Même si le scrutin n’est pas falsifié, les Algériens n’ont plus confiance ».

« Tebboune, c’est pire que Bouteflika. Il est connu pour avoir fait partie des voleurs. On n’a pas voté et on ne fera pas marche arrière », a déclaré à l’AFP Meriem, fonctionnaire de 31 ans.

Manifestants et internautes moquent le « président cocaïne », allusion à un fils d’Abdelmadjid Tebboune en détention provisoire dans une affaire de trafic d’influence liée à la saisie de 700 kg de cocaïne dans un port algérien en mai 2018.




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