Benchemsi: «L’État n’a pas à régenter la vie spirituelle et intime d’adultes consentants»

Dans une note publiée, ce mercredi, l’ONG Human Right Watch porte son soutien à l’abrogation des lois «portant atteinte à la vie privée et à la liberté de conscience».




Selon l’ONG de défense pour les droits de l’Homme, le gouvernement marocain «devrait adopter les propositions novatrices et audacieuses», proposées par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).

Plus encore, pour le directeur de sa communication pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Ahmed Reda Benchemsi, «le Parlement marocain devrait sortir l’État des chambres à coucher, et laisser les gens vivre leurs vies privées consensuelles sans crainte de la prison ou du tribunal».

Ces modifications visant le code pénal marocain ont été compilées dans un mémorandum publié le 28 octobre dernier par le CNDH. Elles s’attaquent principalement aux articles 489, 490, 491, ainsi que l’article 220 qui condamnent fermement l’homosexualité, les relations hors mariage, l’adultère et le prosélytisme.

Le mémorandum émet également quelques autres propositions, notamment, la criminalisation du viol conjugal, ainsi que de l’élargissement des pratiques légales d’avortements dans l’intérêt de la santé physique, mentale et sociale de l’intéressée.




Dans ce sens, l’ONG appuie que «le parlement devrait suivre la feuille de route pour protéger les libertés personnelles proposée par le Conseil national des droits de l’Homme». Et d’ajouter que «l’Etat n’a pas à régenter la vie spirituelle et intime d’adultes consentants».

Revenant sur ces propositions, l’ONG rappelle également quelques chiffres. 600 à 800 avortements clandestins ont lieu chaque jour au Maroc. En 2018, 7 721 adultes avaient été poursuivis pour relations sexuelles consensuelles et non tarifées, en dehors des liens du mariage et la même année, 3 048 avaient été inculpés d’adultère, 170 de relations homosexuelles.

Rappelons qu’une réunion a eu lieu le 20 novembre dernier au siège du CNDH entre Amina Bouayach et Ahmed Reda Bechemsi, dans laquelle les deux parties se sont penchées sur les derniers développements de la réforme du code pénal.




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