L’État double le budget des internats et des cantines scolaires; des fournisseurs véreux en profitent

Le ministère de l’Education nationale a doublé, cette année, le budget des internats et des cantines scolaires afin d’améliorer la qualité des repas des élèves. Des fournisseurs véreux en ont profité pour augmenter les prix et priver les bénéficiaires d’un programme alimentaire sain.




La hausse substantielle du budget des internats et des cantines scolaires, qui a atteint 1,47 milliard de dirhams, n’a pas amélioré la qualité des repas dans certains établissements scolaires.

Selon une source autorisée, cette absence d’impact est due à la poursuite de l’approvisionnement chez les mêmes fournisseurs.

Pourtant, le ministre de l’Education nationale, Saïd Amzazi, avait déclaré que l’objectif du doublement de budget visait à programmer un nouveau repas et à améliorer la qualité de l’alimentation des élèves, notamment dans le monde rural.

Du coup, la dotation individuelle complète dans les internats et les cantines est passée de 14 à 20 dirhams (hébergement et nourriture) et de 7 à 10 dirhams pour le déjeuner.




Le nombre total des bénéficiaires a atteint, cette saison, 1.450.000 élèves.

Les services du ministère ont sensibilisé les établissements concernés sur l’importance d’exploiter cette hausse du budget pour s’occuper davantage de la qualité de la nourriture, de l’amélioration du programme d’alimentation hebdomadaire, ainsi que de sa diversification.

Mais, apparemment, seuls certains lobbys monopolisant les marchés publics dans ce secteur ont profité de cette aubaine en augmentant ostensiblement les prix des aliments.

La majorité des académies régionales avait lancé des appels d’offre pour choisir le moins-disant, mais les soumissionnaires ont présenté des offres avec des prix surévalués.




Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte, dans son édition du mardi 3 décembre, que cette hausse des prix ne manquera pas d’impacter négativement les programmes d’alimentation scolaire.

Selon la même source, lors d’un contrôle dans un internat à Casablanca, les inspecteurs ont découvert que la viande était rarement servie aux élèves.

Ainsi, le programme d’alimentation ne comporte que du poulet et des œufs pendant une période qui peut atteindre deux mois consécutifs.

Le comble est que les responsables ont justifié cette carence par le fait que le fournisseur avait cessé d’approvisionner l’école lorsqu’il a découvert, tardivement, que le prix de la viande avait augmenté par rapport à celui notifié dans son offre.




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