(Vidéo) Tebboune: « Nous exigeons des excuses du Maroc pour rouvrir les frontières »

Alors que les élections présidentielles algériennes du 12 décembre se déroulent sur fond de controverse, certains candidats saisissent l’occasion pour rappeler que la réouverture des frontières avec le Maroc, fermées depuis 1994, n’est pas à l’ordre du jour.




L’un des favoris de cette course à la magistrature suprême massivement rejetée par la population, l’ancien premier ministre Abdelmajid Tebboune vient de dicter ses conditions pour que le pouvoir algérien daigne enfin passer l’éponge.

Il exige ainsi ni plus ni moins que le Roi Mohammed VI présente des « excuses publiques au peuple algérien » pour envisager une réouverture des frontières.

M. Tebboune, à l’instar de l’irréductible noyau qui gravite autour de l’armée de son pays oppose une fin de non-recevoir systématique à la normalisation avec le Maroc au nom d’incidents qui remontent à… 25 ans!

Deux précisions s’imposent. D’abord, la grande majorité d’algériens qui investissent les principales artères de leur capitale pour réclamer une refonte radicale de leur système politique, ne se sentent nullement concernés par ces élections.




Dans leur esprit, les principaux favoris et à leur tête M. Tebboune, incarnent justement ce régime honni dont ils ne veulent plus entendre parler.

L’ancien premier ministre ne serait alors que l’homme de paille de ces officiers supérieurs de l’armée algérienne qui font du maintien de la fermeture des frontières un véritable fonds de commerce.

En deuxième lieu, les manifestants qui défient le pouvoir officiel mettent justement en avant la question de la réouverture des frontières avec le Maroc comme étape majeure en vue de l’édification d’un Maghreb fort et porteur d’espoirs pour sa jeunesse.

Cela ne vent pas forcément dire que ces manifestants sont aveuglément pro-marocains concernant la question du Sahara, nœud gordien du conflit entre le Maroc et l’Algérie.

Ces jeunes manifestants, ulcérés par tant de magouilles et d’incompétence veulent tout simplement passer à autre chose. Il ne réclament pas la réouverture des frontières pour défendre les intérêts du Maroc, mais ceux de leur propre pays.




Or, la question des relations avec le Maroc est une sorte de carte maîtresse dont le pouvoir algérien a tellement abusé en 25 ans qu’elle ne leurre plus personne!

Il faut se mettre à la place de ces jeunes algériens qui suscitent l’admiration du monde entier de par leur discipline et le caractère pacifique de leurs revendications. Ils ont clairement l’impression de se faire confisquer ce pourquoi ils militent depuis des mois.

Ils savent pertinemment que ce que propose l’armée est un simulacre de scrutin dont l’issue est connue d’avance puisque tous les candidats rivalisent en flagornerie et en courbettes face aux vrais décideurs, à commencer par le général Gaïd Salah.

S’ils espèrent un vrai changement qui donnerait un sens à tant de sacrifices et de bravoure, ils gagneraient à tenir bon jusqu’à ce que les tontons septuagénaires et octogénaires se fassent clairement indiquer la porte de sortie… de la manière la plus ferme… et pacifique!









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