Une Marocaine de 56 ans privée des obsèques de sa petite-fille

Alors qu’elle voulait se rendre en France pour assister aux obsèques de sa petite fille âgée tout juste d’un mois, une Marocaine de 56 ans s’est heurtée au refus de visa par l’Ambassade de France à Fès. Sa famille dénonce l’inhumanité de la procédure d’attribution des visas.




La procédure d’obtention du visa avait été entamée bien avant la naissance de l’enfant, rapporte L’Est républicain. Erwan Salque, un cadre et son épouse d’origine marocaine, Nadia, ont mené les démarches administratives pour obtenir le visa à la grand-mère de leur petite fille résidant à Fès, au Maroc, mais en vain.

La grand-mère devrait entrer en France pour être aux petits soins du nouveau-né. Seulement, la naissance a lieu plus tôt que prévu, fin août. L’état de santé du bébé est tout de suite précaire. Des malformations cardiaques et digestives sont diagnostiquées. L’enfant doit être transféré sur un hôpital parisien.

Pendant ce temps-là, la procédure pour obtenir un visa se poursuit à un rythme bureaucratique, sans tenir aucun compte de ces événements. « Tout se passe sur Internet, sur le site France-Visas. Vous cochez des cases sur des questionnaires préremplis et il n’y a rien qui concerne la maladie ou la mort d’un enfant. Nous n’avons jamais pu avoir d’interlocuteur, ni aucun contact direct et humain avec le consulat de France à Fès pour expliquer notre situation », dénoncent le couple.




Seulement, la petite fille est décédée à l’hôpital des enfants de Nancy, le 9 octobre, un mois et demi après sa naissance. Elle a été enterré deux jours plus tard au cimetière de Vandoeuvre. Ce n’est qu’à la veille du décès de l’enfant que le visa lui sera accordé après l’intervention d’un député qu’Erwan Salque connaît et qui entre en contact avec le ministère de l’Intérieur. En conséquence, la grand-mère n’a pu assister aux obsèques de sa petite fille.

Face à cette situation, Erwan Salque a l’impression qu’ils ont été les victimes collatérales de l’ambiance d’islamophobie qui règne actuellement en France. « Il n’y a pas plus marocaine que ma belle-mère. Il n’est pas question pour elle de vivre ailleurs qu’au Maroc et nous avons fourni tous les documents qui le montrent. Nous avons, en réalité, l’impression d’être les victimes collatérales de l’ambiance d’islamophobie qui règne actuellement en France », s’est-il offusqué.




À lire aussi: