France – polémique sur le voile: Yassine Belattar quitte le Conseil présidentiel des villes

Yassine Belattar n’était pas d’humeur badine en ce jeudi 17 octobre, et pour cause ! Il n’aura fallu que quelques jours pour que la bourrasque de la polémique autour du voile ne s’abatte, une fois encore, sur le pays des droits de l’Homme, balayant tout sur son passage, les principes républicains comme le sens de la raison, mais aussi l’espoir qu’avait fait naître en lui l’ère Macron…




L’humoriste, dont on disait qu’il avait l’oreille du président du « nouveau monde », ne plaisantait pas ce matin lorsque, dans une lettre ouverte parue sur Libération, il a annoncé son départ du Conseil présidentiel des villes, une innovation toute macronienne censée nourrir la réflexion élyséenne sur les banlieues.

L’idylle entre le bouffon et le roi n’est, semble-t-il, plus au beau fixe, et c’est sous une plume trempée non pas dans l’encre de la dérision, mais dans celle de l’amère désillusion, que Yassine Belattar a justifié sa décision :

« Je suis conscient que l’ambiance actuelle dans notre pays n’est pas liée à votre élection mais je suis déçu que certains ministres que vous avez choisis ne supportent même pas l’idée de voir une femme voilée sur le territoire », a écrit ce dernier, en faisant référence à l’hostilité anti-voile manifeste de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, lequel a asséné sans ambages qu’il n’est « pas souhaitable en France ».




Et Yassine Belattar de poursuivre : « Cette femme était du bon côté de la loi, elle est mère, elle est libre, le reste n’est qu’agression et jugement moral dont on se passerait bien. La France va connaître une mue communautaire et je ne puis me dire que je n’ai pas pu agir pour éviter cela ».

« Douter de notre capacité, en tant que musulmans, à faire la différence entre le bien ou le mal est une blessure qui mettra du temps à cicatriser », déplore-t-il grandement, ajoutant qu’il est « difficile d’accepter pourquoi nous sommes tant haïs ».

Le cruel désenchantement qui étreint Yassine Belattar n’aura pas toutefois réussi à émousser totalement son sens de l’ironie, et c’est par un conseil très caustique adressé à Emmanuel Macron qu’il l’exprimera avec la plus grande force : « Je connais votre talent et votre envie de changement liée à notre génération mais sachez, M. le Président, qu’il faudra légaliser les musulmans dans ce pays avant de légaliser la marijuana ».




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