Au Maroc, 59 personnes sont condamnées à la peine de mort

Au Maroc, 59 personnes condamnées à mort croupissent en prison, en attendant l’exécution de la peine. Au nombre de ces prisonniers dans le couloir de la mort, la moitié a entre 20 et 4O ans, indique une étude publiée par la Coalition marocaine contre la Peine de mort qui milite depuis des années pour que le Maroc abolisse cette peine «inhumaine» et «inutile».




La même étude présentée à Rabat lors de la Journée mondiale contre la Peine de mort et rapportée par 2m.ma relève que 98% d’entre les condamnés sont des hommes et que 29% sont mariés. Sur ces personnes mariées, il ressort que plus des trois quarts ont entre 1 et 2 enfants et, 25% ont de 3 à 6 enfants.

La majorité des condamnés à mort (qui sont tous de nationalité marocaine) se concentrent dans la prison centrale de Kénitra (67 %), celle de Moul Bergui à Safi en recueille 31 % et la prison locale de Tanger en abrite seulement 2 %.

L’étude montre également que 18% des condamnés à mort ont déjà perdu le contact avec leurs proches, pour différentes raisons.

Par ailleurs, les deux tiers des détenus parents d’enfants, ont répondu qu’ils ne recevaient pas de visites de leurs enfants. Selon le même document, 65% de ces détenus ont demandé la grâce royale.




Il est à retenir que 90% des personnes interrogées souffrent de maladies (63% psychologiques et 37% chroniques) pour lesquelles la plupart reçoivent des soins médicaux, bien que 12% aient déclaré ne pas avoir de suivi pour la leur.

La Coalition, tout en réitérant sa position de principe d’abolir une fois pour toutes cette peine, a appelé à accorder une amnistie pour toutes les personnes condamnées à mort et de commuer leur peine capitale en une peine alternative et a exhorté, ce qui est plus important, « le ministère public à mettre fin à la détention des personnes illégalement détenues, c’est-à-dire des personnes qui purgent une peine de détention supérieure à 15 ans à compter de la date du jugement définitif, sans exécution de la peine qui est devenue impossible ».

A noter que la peine capitale, bien que non effective depuis 1994, continue d’être prononcée par certains tribunaux du royaume.




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