(Vidéo) Espagne: quand des jeunes marocains jettent leurs papiers à la mer

Pour commencer une nouvelle vie, les mineurs marocains qui arrivent par mer en Espagne ont trouvé la stratégie. Ils jettent leurs papiers à la mer. En témoignent les images présentées dans l’une des dernières vidéos enregistrées par des adolescents migrants marocains à bord du bateau qui les conduit en Espagne et qui circulent sur les réseaux sociaux.




Par leur geste, ces jeunes migrants marocains semblent dire « adieu » à leur patrie. Dans la vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux le weekend dernier, on pouvait voir, l’un après l’autre, plusieurs garçons montrant leur carte d’identité marocaine à la caméra, avant de la jeter en Méditerranée, rapporte El Diario de Sevilla.

D’autres jettent leurs cartes de retrait d’Attijariwafa Bank, une banque marocaine, qui deviennent inutiles, surtout quand on sait que les cartes bancaires marocaines ne sont valables que pour le Maroc.

Pour ces « harragas », jeter ses documents d’identité à l’eau peut poser un problème, mais également régler un autre. En effet, « devenir sans papiers » pour les migrants qui n’ont pas atteint l’âge de la majorité est un problème.

Mais, celui-ci est réglé à leur arrivée en Espagne où ils doivent subir un test consistant à faire une radiographie du poignet, afin de déterminer leur âge.




Cependant, l’absence de carte d’identité présente également un avantage : elle rend encore plus difficile la localisation des parents au Maroc, compte tenu de probables opérations de rapatriement des migrants.

Le débarquement de mineurs étrangers sur la côte espagnole a pris une ampleur inquiétante ces dernières années. Le 29 août dernier, lors du débat au Congrès sur le navire « Open Arms », la Vice-présidente du Gouvernement espagnol, Carmen Calvo, a déclaré que 14 000 mineurs étrangers sont actuellement supervisés en Espagne par les communautés autonomes.

Pour sa part, le Rapport 2019 du Bureau du Procureur général, publié au début de la semaine, indique que l’augmentation des arrivées de mineurs par mer a été « spectaculaire » ces dernières années, surtout en Andalousie où 62% sont Marocains et les autres provenant de divers pays subsahariens dont la Guinée-Conakry et le Mali.

La même source indique qu’il convient d’ajouter à ces données les entrées de mineurs franchissant les frontières de Ceuta et de Melilla à pied ou cachées dans des véhicules à moteur.









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