Nasser Zefzafi et cinq autres détenus veulent être déchu de la nationalité Marocaine

Nasser Zefzafi, leader du mouvement de contestation du « Hirak » et cinq autres militants détenus ont demandé à être déchus de leur nationalité marocaine. C’est son père qui en a fait part sur les réseaux sociaux.




Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Ouassim el Boustati, Samir Ighid, Mohamed el Haki et Zakaria Adechour ont adressé leur requête au Ministre de la Justice et au Procureur général du Roi près la Cour de Cassation. Ceux-ci ont dénoncé « l’instrumentalisation de la justice », qui a rejeté les preuves de leur innocence », indique un communiqué lu par Ahmed Zefzafi.

Aussi, le texte a-t-il fait cas des ’’tortures », que les détenus déclarent avoir subies pendant leurs interrogatoires, sans manquer d’évoquer des faits mentionnés dans un rapport officiel « enterré » par les autorités. Pour sa part, l’administration pénitentiaire a battu en brèche ces allégations.

Nasser Zefzafi et les militants détenus séjournent désormais à la prison de Fès depuis la confirmation de leurs peines en appel. Cet ancien chômeur de 39 ans devenu chef du mouvement du « Hirak » a écopé d’une peine de 20 ans de prison ferme pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’État ».

La déchéance de nationalité est rare dans l’histoire contemporaine du Royaume. Les dernières annonces en date concernaient le boxeur Zakaria Moumni et avant lui la militante pro-Polisario Aminatou Haidar.

Cependant, au delà du côté déclaratif qui a une portée politique, la procédure administrative pour abandonner la nationalité marocaine est compliquée et très encadrée. En effet, le Dahir n° 1-58-250 portant Code de la nationalité marocaine prévoit seulement quatre cas de figures pour la perte de la nationalité marocaine (à partir de l’article 19) et qui ne s’appliqueraient pas aux six détenus du Hirak du Rif.

Renoncer à sa nationalité marocaine est ainsi lié à l’acquisition d’une autre nationalité étrangère et doit, conformément à cette loi, suivre une procédure, tout comme la déchéance (prévue dans les articles 22,23 et 24).




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